Think NXT 2025 : 5 thèmes qui définissent l’avenir de l’IT
Publié le 11/12/2025 dans Solutions à la une
L’évolution technologique s’accélère en permanence et influence de plus en plus la manière dont les organisations travaillent et innovent. Dans ce paysage en constante mutation, cinq thèmes se dessinent et façonnent l’avenir de l’IT. Ils étaient au cœur de l’événement technologique Think NXT.

La géopolitique influence le paysage IT
Deux grandes tendances ayant dominé l’année écoulée se poursuivront également en 2026. La première tendance se rapporte aux changements géopolitiques, générant incertitudes et tensions. Même le monde de l’IT n’y échappe pas, ce qui se traduit notamment par une demande croissante de solutions souveraines. La seconde tendance concerne l’impact de l’IA – du développement logiciel à l’automatisation des processus – dans tous les domaines du paysage IT : infrastructure, sécurité, gouvernance, éthique, etc.
"Tout change", affirme Koen Schoors, économiste à l’Université de Gand. Tous les septante ans environ, un grand changement systémique se produit. Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, avec l’essor de la mondialisation, et c’est de nouveau le cas aujourd’hui. "Le nouvel ordre mondial consistera en plusieurs blocs régionaux, entretenant peu de relations les uns avec les autres. Nous parlons ici de géopolitique, mais il s’agit surtout d’“égopolitique”, centrée sur des blocs comme les États-Unis, la Russie et la Chine."
Selon Koen Schoors, tous les domaines enregistrent également des améliorations, notamment grâce à l’IA, à l’automatisation et à la robotisation. Si la population active continue de diminuer en raison du vieillissement, nous aurons bientôt réellement besoin de ces technologies pour maintenir notre niveau de vie.
Choisir la technologie en premier n’est jamais la meilleure stratégie. Il faut d’abord partir du défi à relever.
Ariane Berckmoes, Chief Digital & Transformation Officer chez Ethias
Thème 1 : IA agentique

Tous les vingt ans en moyenne, le monde de l’IT évolue d’un modèle centralisé vers un modèle distribué – et inversement. Selon Stijn Bijnens, CEO de Proximus, nous sommes sur le point d’entrer dans une nouvelle phase de ce type.
L’IA franchit pleinement le pas vers la pratique, grâce à l’IA agentique. Stijn Bijnens, CEO de Proximus : "Nous ne travaillerons alors plus avec des applications complètes, mais avec des agents d’IA exécutant chacun une petite partie d’un tout."
D’accord, l’IA fascine depuis un moment. Mais il y a une grande différence par rapport à un ou deux ans plus tôt. L’IA est désormais complètement passée de la théorie à la pratique, notamment grâce à l’IA agentique, dont les agents exécutent des tâches concrètes. “Le potentiel est énorme”, affirme Fabrice de Windt, CEO par intérim de Proximus NXT, “mais nous ne pourrons en tirer pleinement profit que si nous mettons également en place la gouvernance adéquate, si nous pouvons avoir confiance dans la solution et si nous travaillons de manière éthique.”
Parallèlement, la désormais célèbre étude du MIT indique que 95 % des projets utilisant l’IA générative ne dépassent pas le stade pilote. “Parce que les entreprises ne réfléchissent pas au problème qu’elles veulent résoudre”, affirme Ariane Berckmoes, Chief Digital & Transformation Officer chez Ethias. “Choisir la technologie en premier n’est jamais la meilleure stratégie. Il faut d’abord partir du défi à relever, et ensuite concevoir une solution appropriée.” Et l’IA n’est pas toujours la réponse.
Transformation
"La véritable valeur de l’IA ne réside d’ailleurs pas vraiment dans la technologie, mais dans la transformation qu’elle engendre", estime Jan Smedts, à la tête de Digitaal Vlaanderen. L’IA est là pour rester et cela ne sera pas sans conséquences. “Alors, préparez-vous, essayez-la.” Son impact se fait déjà ressentir aujourd’hui, même auprès du grand public. “Les gens ne vont plus chercher d’informations sur Google”, estime Jannes Labaere, CIO chez Plopsa Group. “Ils interrogent ChatGPT pour des idées de sortie à la mer. Nous devons tenir compte de cette évolution.”

Le commerce de détail est également un secteur où l’IA peut faire la différence, même si la dimension physique – comme une visite en magasin – reste essentielle. “Si les outils en ligne peuvent inspirer les clients”, indique Pierre Delmarcelle, Logistics Warehouse Manager chez Eggo Kitchen & House, “ils finissent toujours par venir en magasin pour développer leur idée avec un conseiller et obtenir un devis. L’IA ne peut pas remplacer ce processus, mais elle peut y contribuer.”
Dans le secteur bancaire, l’impact de l’IA est bien plus grand. "Nous sommes convaincus que l’IA modifie profondément le comportement des clients", déclare Anthony Belpaire, Head of AI chez BNP Paribas Fortis. "L’IA agentique transforme notre manière d’interagir avec les clients. Elle nous rend plus accessibles. Cependant, le concept de la banque reste essentiellement le même, il existait déjà bien avant l’avènement de l’électricité."
Thème 2 : cloud & edge computing
Le cloud hybride est aujourd’hui une réalité. Les entreprises veulent pouvoir choisir l’environnement adapté à chaque charge de travail spécifique. La coopérative agricole SCAM (Société Coopérative Agricole de la Meuse) a migré vers le cloud public avec Proximus NXT. "Afin d’offrir plus de soutien et de meilleure qualité, par exemple à nos équipes commerciales", déclare CIO Lionel Van Dongen. "Nous recherchons davantage d’efficacité, notamment grâce à l’IA, mais aussi des applications permettant de proposer des services supplémentaires à nos coopérateurs."
Dans le contexte du cloud computing, l’importance de l’edge ne cesse de croître. C’est notamment le cas dans les entreprises de production ou dans le secteur des soins de santé, où une puissance de traitement au plus près de l’action est indispensable. Par ailleurs, le besoin d’une gouvernance des données plus stricte s’affirme. C’est pourquoi l’attention portée aux normes européennes en matière de sécurité et de conformité s’accentue également. La demande de souveraineté numérique, elle aussi, se fait entendre de plus en plus fort.
"Anticiper coûte toujours moins cher que réagir", soutient Jan Smedts (Digitaal Vlaanderen) à ce sujet. "La peur et l’espoir ne sont pas de bonnes stratégies. Il est important de réfléchir dès aujourd’hui à l’impact potentiel qu’un manque de souveraineté pourrait avoir sur votre activité. Par ailleurs, atteindre la souveraineté ne se fait pas du jour au lendemain. Il convient donc d’établir une feuille de route."









Alternative européenne
Pour répondre à la demande de souveraineté, les premières initiatives spécialisées apparaissent désormais sur le marché. On peut ainsi mentionner Clarence, une coentreprise de Proximus Luxembourg et de LuxConnect, une initiative du gouvernement luxembourgeois dans le domaine de la connectivité. Clarence gère une infrastructure qui s’appuie sur la technologie de Google, mais qui n’est en aucune manière connectée à une plateforme publique. "Seul le client lui‑même a accès aux données", précise Joris Duysens, Cloud Solution Sales Lead chez Proximus NXT. "La solution, complètement isolée, est conçue pour les données inadaptées au cloud public."
Pour de nombreuses entreprises, la nécessité d’une solution comme celle de Clarence constitue un véritable électrochoc. Cette prise de conscience nous oblige à nous arrêter brutalement sur l’origine des technologies que nous utilisons aujourd’hui. "Près de 80 % des technologies utilisées en Europe proviennent de l’extérieur", prévient Paul Timmers, professeur invité à l’Institut pour le Gouvernement (KU Leuven). "Une alternative européenne s’avère indispensable, non par réflexe protectionniste, mais pour accroître la liberté de choix et réduire les dépendances."

"La cybersécurité ne se résume pas à la technologie, c’est aussi un travail d’équipe. L’unité est notre arme la plus puissante."
Pierre Ciparisse, Général-major de la Force Cyber de la Défense
Thème 3 : Cybersécurité et cyberrésilience
Les nouvelles liées aux cyberincidents continuent de dominer l’actualité. Le nombre de menaces se multiplie, alors même que la nature des attaques ne cesse d’évoluer. "Cela influence notre approche de la sécurité", affirme Fabrice De Windt. Ce n’est plus un élément que l’on ajoute après coup à son environnement IT. "La résilience doit être intégrée dès le départ et tout au long de la chaîne, avec des systèmes sûrs, des processus sécurisés et des utilisateurs conscients des risques."
Dans une entreprise de production, l’importance de cette approche saute immédiatement aux yeux. "Nos usines fonctionnent 24 heures sur 24", explique Koen Vereeken, Global IT Lead Infrastructure & Operations chez Bekaert. "Nous tenons absolument à éviter les temps d’arrêt." C’est ce que fait Bekaert en collaborant avec Proximus NXT pour assurer la surveillance et l’automatisation 24 heures sur 24, avec le support associé. "Nous avons élaboré à cet effet un modèle de collaboration fondé sur le right‑shoring : une combinaison astucieuse d’expertise locale et de support mondial."
L’unité comme arme
Une attention particulière est portée – surtout depuis l’invasion de l’Ukraine – aux cybermenaces liées aux évolutions géopolitiques. "La Belgique n’est pas un pays en guerre", concède Pierre Ciparisse, Général‑major de la Force Cyber de la Défense, "mais elle ne connaît pas pour autant de véritable paix." Pierre Ciparisse pointe notamment du doigt les cyberattaques contre les administrations publiques et les infrastructures critiques, ainsi que les récents incidents impliquant des drones.
"Il s’agit d’une forme de guerre hybride, où les acteurs sont parfois difficiles à identifier, mais dont les impacts sur les infrastructures, l’IT et les gens sont évidents." Le conseil du Général‑major est clair. "La cybersécurité ne concerne pas seulement la technologie. L’unité est notre arme la plus puissante."
"Dans le contexte de la cybersécurité, il s’agit surtout de passer à l’action", affirme Stephan Van Dyck, Enterprise Security Architect chez Proximus NXT. "Lorsque nous analysons un incident au sein d’une entreprise, nous constatons que la cause n’est généralement pas un manque de personnel ou de ressources, mais, bien souvent, l’inaction. Le problème était connu, mais sa résolution s’est enlisée dans une suite interminable de réunions."









Action
Pour prévenir un risque, il suffit, à un moment donné, de passer concrètement à l’action, tout en agissant de manière réfléchie. "Il faut trouver le juste milieu", affirme Jérémy Grandclaudon, Senior Cybersecurity Expert au sein de l’Agence du Numérique (AdN). "Il s’agit de combiner la rapidité, le niveau approprié et l’impact souhaité. On ne peut pas tout faire en même temps, mais en faisant les bons choix, il est possible de progresser de manière optimale."
Thème 4 : Conteneurisation
Les conteneurs changent notre manière de concevoir et d’utiliser la technologie. Ils permettent de développer, déployer et faire évoluer les applications à une vitesse fulgurante grâce à un packaging standardisé. Leur utilisation nécessite toutefois une infrastructure robuste et une intégration encore plus étroite.
Les conteneurs permettent de distribuer la puissance de calcul n’importe où dans le réseau, en particulier lorsqu’elle est combinée avec la 5G. Cela offre plusieurs avantages : une faible latence, une plus grande résilience face aux incidents liés à la sécurité et un contrôle sur l’emplacement des données. Ce dernier point reste essentiel dans le cadre de solutions souveraines.
Il illustre également la manière dont les conteneurs contribuent à faire évoluer le rôle de Proximus NXT. "Notre réseau est votre ordinateur", affirme Stijn Bijnens. "Ou mieux encore : notre réseau est votre terrain de jeux." Les conteneurs contribuent à élargir le rôle de Proximus NXT. "Non seulement comme fournisseur de connectivité, sur laquelle d’autres entreprises s’appuient pour offrir leurs services, mais également comme partenaire pour les services cloud locaux, la sécurité et les services associés."

"La réglementation apporte une meilleure visibilité, ce qui se traduit concrètement par davantage de collaboration et d’actions."
Jehan Snyers d’Attenhoven, Global Infrastructure Director chez FN Browning Group
Thème 5 : travailler au sein d’écosystèmes complexes
La technologie est plus que jamais un travail d’équipe. Le succès de l’IT dépend donc de la manière dont les personnes, les processus et les plateformes interagissent, non seulement au sein de leur organisation, mais aussi dans un écosystème plus large. Le secteur de la logistique en est un excellent exemple. "Avec l’Inbound Release Platform, nous avons développé une nouvelle plateforme numérique de déclaration en douane", déclare Geert Lambrechts, projectmanager chez NxtPort. Cette initiative a exigé un haut niveau de collaboration afin d’impliquer tous les terminaux, agents et autres prestataires de service du port d’Anvers–Bruges.
Les entreprises de production subissent la pression de nombreux facteurs externes, tels que l’intensification de la réglementation et la modification des tarifs à l’importation et à l’exportation. La technologie peut leur offrir la flexibilité et la résilience nécessaires pour y faire face. "Cela suppose que chacun maîtrise parfaitement ses fondamentaux", affirme Jehan Snyers d’Attenhoven, Global Infrastructure Director chez FN Browning Group.
La collaboration est essentielle à tous les niveaux de l’écosystème. La réglementation peut, par ailleurs, apporter une plus grande clarté. "La réglementation apporte une meilleure visibilité, ce qui se traduit concrètement par davantage de collaboration et d’actions, notamment en matière de sécurité."
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