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La flexibilité du travail dans l’économie créative

Publié le 29/10/2018 dans Inspiration

La flexibilité du travail dans l’économie créative

L’économie créative et l’évolution croissante de l’automatisation vont de pair avec plus de flexibilité et de travail par projet ? Comment le chef d’entreprise doit-il aborder cela ?

Je ne fais pas partie de ces alarmistes pour qui beaucoup d’emplois disparaîtront”, explique Steven Van Hoorebeke, CEO de SD Worx Group. “Ce ne sont pas les emplois peu et hautement qualifiés qui sont les plus menacés, mais bien ceux à mi-chemin. En Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni, des projets de Robotic Process Automation (RPA) sont en cours, dans lesquels un logiciel intelligent s’arroge certaines tâches monotones et répétitives.

Cela ne veut pas dire que n’avons plus besoin des personnes qui exécutaient ces tâches avant, mais que leur temps est mis à profit pour d’autres tâches. Nos consultants Belgique payroll, par exemple, ont de plus en plus un rôle de conseiller.”

Des équipes de projet autonomes

D’après vous, quels emplois sortiront du lot ?
Steven Van Hoorebeke : “Les emplois où vous faites la différence. Créativité, pensée proactive et critique, collaboration et vision commerciale sont ici les maîtres-mots. Prenons l’exemple d’un grand distributeur. Nous dressons un plan sur trois ans pour anticiper les recrutements fixes et temporaires. Les responsables d’entrepôt ont alors une vision plus précise de leur travail et l’entreprise réalise d’importantes économies de coûts.”

À l’occasion de votre nomination en tant que Manager de l’Année, vous avez déclaré à Trends que les travailleurs ne veulent plus d’un schéma classique. Qu’entendez-vous par là ?
Steven : “Les nouveaux modes de travail prennent différentes formes. Il peut s’agir d’un travail indépendant du temps et du lieu, ou d’un travail par projet, avec une large autonomie. Nous soutenons ces ‘nouveaux modes de travail’ depuis longtemps. Nos collaborateurs peuvent travailler de la maison ou depuis différents bureaux, sans aucune obligation.

Par ailleurs, nos bureaux sont très indépendants et les collaborateurs travaillent au sein d’équipes projet autonomes. Ainsi, nous avons des bureaux où tous les collaborateurs travaillent à temps partiel et se retrouvent au bureau le mardi après-midi.”

Pouvez-vous citer d’autres exemples ?
Steven: “Je pense notamment aux soins à domicile, où plusieurs expériences sont actuellement menées avec succès avec des équipes autonomes. Niko, le producteur d’interrupteurs, travaille aussi avec ce type d’équipes. Ce principe s’applique à de multiples secteurs.”

Besoin de flexibilité

Les Pays-Bas implémentent déjà le travail par projet depuis un bon moment. Comment se positionne la Belgique ? Sommes-nous prêts ?
Steven : “Le besoin de flexibilité est criant en Belgique. Notre réglementation du travail est bien plus stricte qu’aux Pays-Bas. Ici, vous êtes employé ou indépendant, il n’y a pas de statut intermédiaire. Les Pays-Bas sont plus souples.

Il suffit de penser au statut d’indépendant sans personnel. En Europe, la Belgique est l’un des pays les plus contraignants. La problématique de la flexibilité relève du Conseil National du Travail. Espérons qu’il soit sensible aux évolutions mondiales en la matière.”

« En Belgique, vous êtes employé ou indépendant, il n’y a pas de statut intermédiaire. Les Pays-Bas proposent d’autres options. »

Steven Van Hoorebeke, CEO chez SD Worx Group

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Quel rôle jouent les nouvelles technologies dans le recrutement ?
Steven : “Je crois en l’association de l’homme et de la technologie. En théorie, on peut déjà automatiser l’ensemble du processus du recrutement au contrat. Selon moi, ce n’est pas une bonne idée pour autant. Bien sûr, vous pouvez automatiser certains aspects, comme filtrer les CV ou analyser un entretien vidéo par intelligence artificielle.”

Un nouveau cadre

Il est plus compliqué de coacher des collaborateurs de plus en plus autonomes que du personnel fixe. Comment les dirigeants d’entreprise doivent-ils s’y prendre ?
Steven : “Les managers doivent apprendre à gérer la flexibilité. C’est un défi majeur. Ils doivent oser lâcher prise. Ils ne peuvent plus tout contrôler. Seuls les résultats des collaborateurs comptent, leurs méthodes de travail n’ont plus tant d’importance.”

Comment créer une culture cohérente et un sentiment d’appartenance dans les entreprises employant une majorité de travailleurs free-lance ?
Steven : “Nous devons ouvrir notre réflexion au-delà des travailleurs free-lance. Il faut également penser à faciliter la collaboration entre les différentes générations sur le lieu de travail. Nos besoins ne sont pas les mêmes à 20, 40 ou 60 ans. Il est essentiel d’y répondre judicieusement, par exemple en proposant un package salarial suffisamment flexible.”

McKinsey et d’autres bureaux de consultance s’accordent pour dire que la créativité et l’imagination joueront un rôle décisif dans la création de valeur à l’avenir. Mais comment rémunérer ce travail créatif ?
Steven : “Je crois en la mise en place d’un cadre où l’entreprise stimule la créativité. Bien sûr, le salaire est fondamental, mais la valorisation et l’épanouissement personnel le sont tout autant. SD Worx dispose d’un innovation lab, où les collaborateurs peuvent émettre des idées.

Une équipe autonome examine chaque initiative et lui alloue un budget. La direction n’est impliquée qu’une fois l’initiative prête à être mise en œuvre. Les collaborateurs sont très enthousiastes et fiers de leurs initiatives.”

Acquérir une expérience internationale

Les attentes des collaborateurs ont évolué en une dizaine d’années, notamment en termes de travail par projet et à domicile. Comment abordez-vous cela chez SD Worx ?
Steven : “Outre le travail indépendant du temps et du lieu, et du déploiement d’équipes de projet autonomes, nous avons lancé une initiative pour que les collaborateurs puissent acquérir de l’expérience dans les différents pays du groupe. J’en suis un fervent défenseur. Les autres cultures ont beaucoup à nous apprendre et ce programme crée de la mobilité.

Pour des événements importants, des collaborateurs du siège central et de nos autres bureaux à l’étranger travaillent en équipe à l’organisation.”

Lorsque l’automatisation s’arrogera des emplois répétitifs sans plus-value humaine, le business outsourcing prendra davantage d’ampleur. Comment SD Worx aborde-t-elle cette évolution ?
Steven : “Les entreprises confient de plus en plus leurs tâches spécialisées à leur partenaire RH. Nous avons notamment un département capable d’assumer l’intégralité des calculs salariaux. Nous aidons les entreprises à s’adapter aux nouveaux modes de travail.

Nous soutenons leur gestion des salaires ou effectuons des analyses de données pour que le directeur RH puisse redéfinir sa stratégie. La sous-traitance RH permet aux entreprises de se consacrer davantage à leurs activités clés.”

Les jobs changent. Jan Van Acoleyen le sait aussi. Lisez son point de vue.

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Steven Van Hoorebeke est CEO de SD Worx Group depuis 2013.

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