Après la fin des IEM Cologne, premier tournoi offline joué depuis maintenant un an et demi, la pause estivale voit les joueurs de toutes les équipes professionnelles partir en vacances, celles-ci bien méritées. Cette saison online, au final, serait-elle plus éreintante que les précédentes en LAN ? C’est ce que nous allons essayer de vous expliquer dans ce dossier consacré à CSGO, online et offline.

Nous parlerons ici de grandes tendances et nous éviterons de rentrer dans les détails des résultats de chaque tournoi, si vous voulez en savoir plus sur l'un d'entre eux, n’hésitez pas à regarder l’article en question sur notre site Pickx.be

IEM Cologne, la goutte de fraîcheur pour les fans et les joueurs

L'évènement tant attendu à la cathédrale CS: GO de Cologne, se déroulant au théâtre des rêves à la Lanxess Arena, se devait d’être le premier évènement offline ! Un rendez-vous incontournable pour les fans avertis de CSGO. Un résultat sans appel voit d’ailleurs Na’Vi l’emporter

Un très bonne note pour la région CIS dès le retour en LAN.

© ESL & Na’Vi - Un beau premier trophée pour NaVi et la scène CSGO devant les yeux étonnés des passants. Le retour en LAN c'est officiel !

Mais avant de parler de LAN revenons sur cette année d’online qui a marqué les esprits tant chez les fans que chez les joueurs. Des stars montantes ou des superstars dans la descente, l’online n’épargne personne mais fait fructifier des talents.

Les onliners ça existe ?

Certains joueurs et équipes ont cette réputation de n’être bons qu’à la maison alors qu’ils ont du mal à encaisser la pression de la scène et des projecteurs. Mais est-ce que tout ça est véridique ?

Sur ce sujet, un ancien assistant coach de G2 Esport a bien voulu nous répondre : “Online, tu as plus de confort, tu es chez toi, et certains ne supportent pas la pression d'être hors de leur zone de confort ou en tout cas, ça impacte leur confiance. Les joueurs qui jouent à l'inspiration, à la confiance, à l'instinct sont les plus impactés, mais le corps, ou plutôt l'esprit ici, s'adapte.” 
EVY CSGO - streamer, ex-assistant coach pour G2 Esports et joueur semi-pro respecté sur la scène francophone.

Auteur d’une formation “Road to Global”, EVY n’en est pas à son coup d’essai. Alors si même des experts le pensent ce mythe n’en est plus vraiment un.

Revenons donc sur les équipes dominantes sur la scène online, en passant par BiG, Gambit, Heroic ou même Na’Vi.

L’équipe désignée par le terme onliner par excellence c’est BIG (Berlin International Gaming). En effet, faisant terreur dans les évènements online depuis déjà quelques années, durant les qualifiers mais plus récemment durant des évènements importants tels que le Funspark 2020 ou encore le cs_summit 6. En général, leurs récents bons résultats ont été traduits de la saison online. Un pourcentage plus élevé de victoires par rapport aux saisons précédentes offline. Le confort des joueurs BIG serait-il un point d’orgue pour ces derniers ?

L’autre exemple frappant reste Gambit Esports. En effet, depuis plus d’un an et la création de l’équipe, celle-ci règne en maître dans la discipline. Allant même jusqu’à se classer top 1 HLTV durant plusieurs mois d’affilés. Une prouesse d’autant plus remarquable qu’elle appartient à des jeunes joueurs, sans compter hobbit et ses 27 ans, sachant que l’âge moyen de l’équipe est de 20 ans !

Les jeunes joueurs pourraient ainsi être plus impactés par cette zone de confort qu’est le chez-soi ? Pour vérifier cela, il faudrait cependant attendre les résultats offline. Du peu que l’on ait vu, Gambit a été éliminé au début des play-offs des IEM Cologne. Une chose qui est peu habituelle pour cette équipe ces derniers mois. Cela pourrait aussi être lié à d’autres facteurs comme la fatigue ou la mauvaise forme passagère donc ne nous avançons pas.

L’équipe qui suit est elle aussi souvent définie comme une équipe onliners. Heroic, avec cadiaN à sa tête, est la deuxième grosse équipe danoise après Astralis. Récemment remontée au classement, parvenant même au top 1 HLTV tout comme leurs homologues de chez Gambit. En revanche, ils marquent surtout les esprits en 2020, au début du confinement généralisé. Devançant toutes les attentes et marquant bien des esprits ! Malheureusement, leur coach se voit banni des compétitions internationales pour un mois. Ce n’est que récemment que l’équipe refait vraiment surface lors d’un Bo5 d’anthologie contre Gambit, se finissant par un clutch de cadiaN absolument dantesque.

L’équipe paraît assez jeune, pourtant moins que Gambit, ce même procédé pourrait les frapper, attendons de voir.

La dernière équipe à aborder se trouve être Na’Vi, ou Natus Vincere pour les intimes. L’équipe par excellence de la région CIS (Commonwealth of Independent States) mais surtout les vainqueurs avec s1mple, des IEM Cologne, le premier évènement offline depuis plus d’un an.

On avait quitté les LANs sur une victoire de Na’Vi aux IEM Katowice en début d’année 2020, nous voilà de retour après ce hiatus avec une nouvelle victoire russophone. Cette fois-ci, pour y ajouter du prestige, s1mple a battu le record d’aces (au nombre de 4) lors d’un évènement majeur. Il établit donc sa domination un petit peu plus. Finissant même à un chiffre hallucinant de 1.51 de rating sur la totalité du tournoi.

© HLTV - s1mple fini avec une médaille de MVP plus que méritée après une prestation tout au long de l'évènement que l’on pourrait qualifier d’alien.

La question se pose alors, comment Na’Vi domine-t-elle autant la reprise du offline ?

Na’Vi profite des refontes récentes de beaucoup d’équipes

Un point à explorer serait le fait que l’équipe soit déjà bien en place et ce depuis déjà plusieurs mois. Aucun changement ou presque avec l’arrivée de B1t mais ne remplaçant pas non plus entièrement le roster actif, seulement flamie qui reste en “remplaçant” en cas de coup dur. L’équipe n’est ainsi que peu chamboulée et s’adapte très rapidement au nouveau joueur russe. Celui-ci apporte de la fraîcheur dans le gameplay et de nouvelles solutions tactiques très intéressantes. La preuve s'ensuit avec la victoire de l’équipe lors des Blast Premier : Global Finals. Depuis, pas de changements et l’équipe travaille à s’améliorer en attendant le retour en LAN.

Un objectif qui paraît rempli ! Surtout au vu des changements qui se sont opérés dans d’autres équipes, retour de joueurs, départ d’autres pour de nouveaux horizons. La stabilité des équipes CSGO ces derniers mois a été plus que compliquée, pas facile pour les fans de suivre tous les joueurs et équipes ces derniers temps.

Parmi ces organisations, Na’Vi et Gambit dominent avec des rosters qui ne changent que très peu, permettant aux deux équipes de se concentrer sur leurs matchs et leurs tournois. Une stratégie qui s'avère bien plus efficace qu'on ne le pense. C’est ainsi que Na’Vi, en additionnant leur expérience des LANs à l’expérience d’équipe se débarrassent logiquement de la concurrence une fois sur place !

Gambit s’effondre par manque de préparation après les tournois online

Gambit aurait-il un manque d’expérience ? On y a déjà en partie répondu mais cela ne doit pas être la seule explication quand on voit que FaZe et la légende olofmeister font un meilleur parcours que les jeunes russophones.(Olofmeister de retour dans l’équipe peu avant le début de la compétition.)

© ESL - FaZe surprend avec leur très beau parcours durant les IEM Cologne, un signe encourageant pour les équipes européennes connues pour leurs facultés en LAN.

Il est vrai qu’après l’euphorie des résultats récents, les jeunes joueurs de Gambit et l’équipe devait être fatiguée. Une année entière à la tête de CSGO n’est jamais chose aisée, même pour Astralis au pic de leur forme.

De l’autre côté de chez Na’Vi les tournois majeurs remportés ne sont pas aussi nombreux que chez Gambit, comme si le focus avait été mis sur la reprise du offline. Côté Gambit, le focus paraît plus dispersé, comme si chaque tournoi était important. Cette jeune équipe cherche à s’imposer partout ou là où d’autres équipes préfèrent s’attarder sur la préparation des plus grosses échéances.

Chacun sa stratégie mais HLTV a revu son classement récemment et c’est bien Na’Vi qui repasse devant après leur victoire d’une bonne marge face à G2 en finale.

Pour clôturer ce dossier, peut-on vraiment soutenir que l'offline est plus compliqué que l'online pour les joueurs ? Même si certaines situations pourraient atténuer les propos et les arguments déjà énoncés, il reste logique que les difficultés rencontrées par les joueurs en LAN soient plus nombreuses et plus compliquées. Sans compter les voyages et le potentiel décalage horaire puis le changement de setup, alors primordiaux à ce niveau.

Rien que le fait d’avoir une arène potentiellement remplie rend anxieux vos adversaires à portée de voix et même les meilleurs joueurs. Le confort d’une salle de bootcamp ou de son chez soi est souvent bien plus important qu’on ne le pense pour un athlète, mais les réactions et les émotions vives ne sont pas au rendez-vous. L’ambiance d’une salle pleine de joies et de larmes des supporters en provenance du monde entier.
Et oui, une saison entière en ligne peut être dure à vivre mentalement pour les joueurs et pour les autres. Ce sentiment est partagé par beaucoup, la saison des vacances pour les joueurs arrive à point nommé. Elle reposera les esprits et les corps pour qu’ils nous reviennent en plus grande forme, plus prêts que jamais pour les dates prépondérantes qui arrivent.

La Spodek Arena paraît bien triste et vide malgré la présence de pashaBiceps

Le retour à la normale apaisera petit à petit beaucoup d’entre nous ! Il faut donc s’efforcer de montrer la voie pour d’autres industries, montrer que même les LANs, une fois encadrées proprement, représentent encore l’endroit où tant d’émotions et d’exploits se réalisent.
Pour y revenir il nous faudra bien sûr prendre notre mal en patience d’ici à la réouverture des évènements de grande envergure et d'échelle internationale. Les tournois online restent tout de même une bonne façon d’affronter d’autres équipes, certaines étant de bonnes surprises avant ces grandes échéances.

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Crédits visuels : 1pvcs & ESL Gaming