Les étoiles filantes : Matthias Sindelar, symbole d'une génération sacrifiée par le nazisme

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Matthias Sindelar fait partie de ces légendes du football que l’histoire n’oubliera pas. Voici comment le mythe de cette incroyable personnalité est né.  

De Proximus

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Le roi du football Pelé avait déjà en son temps témoigné des qualités incroyables du jeune Matthias Sindelar . « Il y avait du Garrincha avant l'heure dans son dribble ». Un compliment éloquent, et justifié. Car Sindelar était un tout grand nom du football d’avant-guerre. Il représentait son pays avec la grande Wunderteam autrichienne. Avec 600 buts en 700 matchs, il est devenu l’idole des fans de football. Mais son destin tragique a fait de lui une légende. Voici l’histoire du « Mozart du football ».

L’homme de papier

Né en Bohème-Marovie, à Kozlov, en 1903, Matthias Sindelar grandit à Vienne. Son ignorance infantile sera rapidement confrontée à la réalité du monde et de sa violence. La première guerre éclate et emporte la stabilité de l’Empire autrichien. En 1917, son père, Jan Sindelar est tué au front. Le jeune Matthias doit travailler pour vivre. Mais son talent footballistique est repéré dès la fin de la guerre. Il entre au Hertha Vienne, avant de rejoindre l’Austria en 1924. Il y restera plus de quinze ans.

Idole du peuple et chouchou de l'intelligentsia, Matthias se voit adopter le surnom de « Der Papieren », « l’homme de papier ». On lui attribue pour la légèreté de son jeu et sa fragilité physique. Le jeune autrichien aura en effet beaucoup de problèmes physiques (essentiellement aux genoux) durant toute sa carrière. Franz Schwarz, fils du Président de l’Austria à l’époque, a côtoyé Sindelar.  "Dans sa façon d'être et de parler, il était un Viennois ordinaire et les gens l'aimaient pour ça, avait expliqué Schwarz. L'homme était très simple. Mais le joueur, lui, était spécial. Il possédait un talent rare, exceptionnel même."

La Wunderteam

Matthias Sindelar rejoint rapidement l’équipe nationale autrichienne. Avec elle, il devient une légende. Entre 1931 et 1934, l’équipe inscrit 101 buts en 31 matches et n'en perd qu'un seul. Des statistiques incroyables, mais que le fascisme grandissant va effacer des livres d’histoire. En 1934, l’équipe nationale échoue en demi-finale de la Coupe du Monde face à la Squadra italienne, sur un but hors-jeu.

Josef Bican, avant-centre de l’équipe autrichienne, a pointé le fascisme présent dans le football à cette époque. « Avant le match, Mussolini a eu un rendez-vous avec l'arbitre suédois et d'après notre coach, Hugo Meisl, il avait été corrompu par Mussolini. Il a même joué pour eux ! Alors que j'avais adressé un long ballon sur l'aile droite, un de nos joueurs, Cizek, a couru pour l'attraper, mais l'arbitre est intervenu de la tête pour le rendre aux italiens. C'était terrible. Incroyable. »

Face au fascisme

Quatre ans plus tard, l’Allemagne nazi envahit l’Autriche. Le gouvernement allemand organise alors un « derby de la réunification » entre les sélections allemande et autrichienne. Le dernier avant la fusion des deux effectifs au sein de l'équipe du Reich. Sur la feuille de match : Matthias Sindelar. Après une heure de jeu à freiner ses ardeurs face à une équipe du Reich bien en dessous, il ouvre la marque.


Aucun image de l’époque n’existe. Mais Sindelar aurait créer sa légende ce jour-là. Non seulement il a été un joueur exceptionnel, mais il aurait défié le Führer en personne. Lorsqu’il marque ce but, il part le célébrer devant la tribune officielle où le Führer et les dignitaires nazis ont pris place. Son équipe s’impose finalement 2-1, défiant le fascisme au plus haut point. Neuf mois plus tard, il décède aux côtés de sa petite amie, dans des circonstances encore mystérieuses. A la manière des Pays-Bas de Cruyff, la Wunderteam de Sindelar fera partie de ces équipes légendaires à ne jamais être couronnées.

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