Ce dimanche 26 septembre, à Louvain, la crème du peloton se disputera le maillot arc-en-ciel, le graal absolu du cyclisme. Beaucoup en ont rêvé, peu l'ont revêtu. Curieusement, certains Champions du Monde belges sont aujourd'hui oubliés. Retour sur le fabuleux destin de ces glorieux ancêtres. Quatrième épisode avec Stan Ockers (1934), le coureur qui faisait rêver Merckx dans sa jeunesse...
 
Chute fatale

Rarement la disparition d'un coureur aura aussi profondément bouleversé la population belge. La mort brutale de Stan Ockers, le 1er octobre 1956, est un électrochoc national. Deux jours après avoir fait une chute fatale sur la piste du Sportpaleis d'Anvers, l'idole s'éteint, victime d'une fracture du crâne. Il était pourtant sorti deux fois de son coma avant l'issue fatale. Ils seront 200.000 à rendre hommage à sa dépouille au vélodrome et autant à saluer sa mémoire dans les rues de la Métropole.Une immense popularité

Cadet d'une famille ouvrière anversoise de 7 enfants, Constant 'Stan' Ockers n'était certainement pas le plus doué du peloton mais assurément un des plus travailleurs et des plus rusés. Sa science du placement, son intelligence de course, son attentisme aussi, lui ont permis d'accompagner les meilleurs et de devenir un champion à la fois modeste et humble, dans lequel le peuple se reconnaissait. Petit, râblé, noueux comme un cep de vigne, adoré du grand public, Stan Ockers ne faisait pas l'unanimité dans le peloton, où sa manière de courir lui avait attiré quelques inimitiés.

Deuxième du Tour en 1950 et 1952 (respectivement derrière Kübler et à 28 minutes de Coppi, excusez du peu), sept fois dans le top 10 de la Grande Boucle, il lui faudra attendre d'avoir 33 ans, pour exploiter pleinement son potentiel sur les classiques et pour décrocher la Flèche Wallonne 1953. Deux ans plus tard, en 1955, il récidive en signant même un rare doublé ardennais (Flèche et Doyenne). En 1955 et 1956, il s'adjuge le classement par points du Tour de France.Le couronnement de Frascati

En 1955, alors qu'on le disait sur le déclin après 18 ans d'une carrière bien remplie, il remporte haut la main le titre mondial à Frascati, en Italie. Cette fois, il paye de sa personne et prend l'initiative, sous une chaleur accablante. Au dixième tour, Ockers prend le taureau par les cornes pour rejoindre un groupe d'échappés où figurait Jacques Anquetil. En 70 kilomètres, il reprend 9 minutes au groupe de tête. Son démarrage à quelques kilomètres de la banderole laisse pantois les Gastone Nencini, Raphaël Geminiani et autres Anquetil. Louison Bobet et Fausto Coppi ont, eux, abandonné depuis belle lurette.Après son triomphe mondial, Ockers fait construire un immeuble à appartements à Deurne, qu'il baptisera 'Frascati'. Mais il n'aura pas le temps de voir les travaux achevés. 13 mois plus tard, la faucheuse l'attendait au Sportpaleis.Stan Ockers recevra à titre posthume l'Ordre de Leopold II. Dans la Côte des Forges, un des juges de paix des classiques ardennaises, une stèle à sa mémoire est érigée en 1957. La mort de Stan Ockers, marquera profondément le jeune Eddy Merckx qui, enfant, accompagné de son père, avait vu le champion aux Six Jours de Bruxelles et à l'arrivée de Paris-Bruxelles. Le gamin Merckx avait découvert le Tour de France en 1955 en suivant à la radio les exploits de Stan Ockers.

(LpR/Picture : Photo News)

Cet article vous a plus? Découvrez les autres épisodes de notre série Les Champions du Monde belges oubliés.

Déjà parus :
- Karel Kaers, le colosse de Campine (1934)
- Eloi Meulenberg, premier Wallon en arc-en ciel (1937)
- Marcel Kint, l'interminable règne (1938)

A paraître:
- Benoni Beheyt, l'insulte faite à Van Looy (1963)