"La représentation des artistes queer est cruciale" selon le chanteur bruxellois Bryn

A l'occasion de la semaine 'Pride & Love : be proud' de Proximus Pickx, nous vous emmenons à la rencontre de Bryn, un artiste bruxellois qui incarne un nouveau genre pop inclusif. Membre de la communauté LGBTQIA+, il s'exprime sur la représentation des personnes queer dans l'industrie musicale. 

Quelles sont tes inspirations queer sur la scène musicale ? 

BRYN : "Ma première inspiration, c’est Troye Sivan. C’est un youtubeur qui a construit une grande communauté et puis qui s’est lancé dans la musique. Pour son premier album, ‘Blue Neighbourhood’, il a sorti une série de trois vidéos dont les thèmes sont l’homosexualité, le coming out et l’homophobie. C’était la première fois que je voyais un artiste masculin mettre en scène une relation avec son copain, c’est une histoire qui m’a beaucoup touché. 

Il y a aussi MNEK, qui est le compositeur derrière beaucoup de tubes des Little Mix par exemple. Ses chansons interprétées par d’autres ont toujours eu un grand succès, mais sa carrière perso a reçu moins de soutien, il n’est pas mis en avant, en grande partie parce qu’il est queer et noir."

Penses-tu que dans l’industrie musicale, la communauté LGBT est bien représentée ? 

B : "Ça évolue de plus en plus dans le bon sens. Mais il reste quand même peu d’artistes queer qui ont une vraie plateforme, et encore moins des personnes racisées. J’ai remarqué que les icônes LGBT sont souvent paradoxalement des personnes hétéros, comme Ariana Grande ou encore Harry Styles. Ça leur arrive un peu malgré eux, et au final c’est à double tranchant. 

D’un côté, ça offre à la communauté LGBT une forme d’acceptation, un confort pour exprimer son identité, une visibilité aussi. Mais d’un autre côté, c’est une forme de réappropriation. Il y a des tas d’artistes queer qui n’auront jamais accès à ce niveau d’opportunité. La robe que Harry Styles enlève après son shooting pour Vogue, ce n’est pas un costume pour ceux qui la portent tous les jours. Sa cover montre du progressisme, de l’ouverture, mais c’est aussi une forme d’invisibilisation et une tentative de s’approprier tous les publics. C’est important d’être un allié, mais il ne faut pas éclipser les artistes concernés pour autant."

Comment as-tu vécu le fait d’être une personne queer dans le monde de la musique ? 

B : "Dans mon cas, il y a aussi le facteur de la couleur de peau qui importe beaucoup. C’est une double casquette contre laquelle il faut lutter. J’ai déjà senti qu’on m’a poussé à canaliser cette énergie et cette identité pour être plus facile à vendre. C’est dit de manière subtile, mais ça relève quand même d’une homophobie et d’un racisme intériorisés. L’industrie pense qu’il n’y a pas de public pour les artistes comme nous, qu’on ne va pas rapporter d’argent. C’est une forme de stéréotype et donc de discrimination.

J’ai pris du recul et je me suis rendu compte que le problème, ce n’est pas moi. Tout ce que je peux faire, c’est continuer à faire de la meilleure musique, à toujours m’améliorer, jusque’à devenir inévitable et qu’on ait plus le choix d’en parler. La musique reste malheureusement un milieu fermé." 

Pour toi, les réseaux sociaux ont leur rôle à jouer dans l’acceptation des artistes queer ? 

B : "Les réseaux sociaux sont des super outils qui permettent de s’auto-publier. Une fois qu’on a une communauté, ça permet de contourner les grosses maisons de disque. Les labels s’intéressent à nous par après, parce qu’il n’y a pas de risque, pas de stress par rapport au succès, on sait qu’il y aura des acheteurs. Dans la musique, c’est le cas sur Tik Tok notamment. Par contre, on y voit beaucoup de personnes blanches et hétérosexuelles. Sur internet aussi, c’est difficile de se faire une place."

Qu’est-ce que tu dirais à une personne de la communauté LGBT qui a envie de se lancer dans la musique ? 

B : "J’ai déjà reçu des messages de gens qui avaient perdu espoir, et qui m’ont dit que je leur avais rappelé que tout est possible. Il faut s’inspirer du parcours de ceux qui démontrent que tes rêves sont réalisables ! La représentation des personnes des artistes queer est cruciale, notamment pour les générations à venir. Même si personne ne croit en toi, si tu aimes la musique, fais-le quand même. Il faut juste être conscient que les moyens pour y arriver seront différents. On ne peut pas se comparer à l’ascension d’autres artistes connus. Ils marchent sur les pas d’autres stars avant eux. Par exemple, le succès d’Angèle est rendu possible par des stars comme Lorie ou Vanessa Paradis, avec leur côté sage mais puissant. Pour nous, il faut accepter que le chemin n’est pas aussi tracé, il faut avancer sur une route qui n’a pas de panneaux de direction. Dans les années à venir, j’espère que ça ne fera que s’améliorer." 

As-tu quelque chose à ajouter dans le cadre de cette semaine "Pride & Love : be Proud" sur Proximus Pickx ? 

B : "Aujourd’hui, on entend beaucoup qu’il n’y a plus d’homophobie ou de racisme, que les choses se sont beaucoup améliorées. Mais c’est faux, rien qu’il y a quelques semaines il y a encore eu un meurtre homophobe à Anvers. On ne se sent pas encore en sécurité dans les rues, ce n’est pas safe. 

Quand on parle d’homophobie, les gens sont trop sur la défensive. Je conseillerais plutôt à tous d’avoir de l’empathie, d’écouter le vécu des autres. Pour comprendre, il faut d’abord écouter. C’est de là que vient l’ouverture. Il ne faut pas se concentrer sur comment on est perçu, mais plutôt sur comment on peut changer les choses."

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