Quand la politique s’immisce dans les noms de clubs

Les liens supposés ou avérés entre foot et politique ont toujours alimenté les pages de la presse sportive. Il fut un temps où les clubs affichaient explicitement un message politique, voire étaient directement des émanations du pouvoir. Et cela se reflète encore aujourd’hui dans leur nom.

Notre premier exemple nous emmène à Berlin. Le championnat allemand de football a connu une histoire mouvementée au XXe siècle, en raison des deux guerres mondiales et des divers événements politiques survenus dans le pays durant cette période. En 1963, la Bundesliga voyait le jour, et unifiait le paysage footballistique en tant que ligue nationale unique. 

Mais le Mur de Berlin divisait encore l’Allemagne en deux blocs. À l’Est, le club dominant était alors le Berliner Fußballclub Dynamo, émanation du Ministère de l’Intérieur et de la Stasi, la police politique du régime. Officiellement créé en 1906, sous un autre nom, l’Union Berlin renaissait en 1966, sous l’impulsion d’Herbert Warnke, président du FDGB, un syndicat national. L'Eisern Union s'est immédiatement imposée comme le club des "autres", à savoir les ouvriers, les syndicalistes, mais aussi les marginaux et les opposants aux régimes.

Une culture que l’Union a su conserver jusqu’ici. Si cet esprit d’indépendance lui a indirectement valu de gros écueils financiers, le club s’en est toujours sorti, notamment grâce à ses fidèles supporters, animés par une immense ferveur et un sentiment de famille. 

Ministère et armée

Si le club rival de l’Union, à l’époque, s’appelait le Dynamo, ce n’est pas pour rien. En effet, ce terme est un qualificatif acollé, dans les pays de l’Est, aux clubs de football associés au pouvoir. Les Dynamo Moscou, Dynamo Kiev, Dinamo Bucarest ou encore Dinamo Zagreb sont toutes des équipes issues du ministère de l’Intérieur ou de la police politique, du temps de l’URSS.

En Afrique également, il est arrivé que des équipes de football soient créées par le pouvoir. C’est, par exemple, le cas de l’Association sportive des Forces armées royales de Rabat, au Maroc. En 1958, le roi Hassan II fait naître un club à vocation omnisports, dont une partie est consacrée au ballon rond. L’ASFAR est aujourd’hui l’un des clubs les plus titrés du Maroc. Elle a également participé régulièrement à la Coupe du monde de football militaire, en tant que représentant de son pays.

Appellation royale

L’influence royale peut également se lire dans les noms de clubs. Prenons tout simplement l’exemple de la plus grande équipe du monde, le Real Madrid. Créé en 1897 par des étudiants anglais à Madrid, le club s’appelle d’abord Madrid Foot-Ball Club. Mais en 1920, le roi d’Espagne Alfonso XIII, fan de football, publie un décret qui confère à l’équipe madrilène le titre de 'Real'. Ce faisant, la Maison Blanche hispanise son nom et devient le Real Madrid Club de Fútbol. La couronne figurant sur son logo est également un hommage à Alfonso XIII. Notons que d’autres clubs ont également reçu cet honneur. C'est le cas de la Real Sociedad, car Saint Sébastien étant un lieu de villégiature favori de la monarchie.

En Belgique aussi, plusieurs formations ont le terme ‘Royal’ ou ‘Koninklijke’ dans leur nom. Il ne faut toutefois pas y voir la moindre intervention monarchique. Cela s’explique par le fait qu’un club sportif, après un certain nombre d’années d’existence, peut demander d’être reconnu comme "Société Royale". Plusieurs équipes comme Anderlecht, l’Antwerp ou Genk ont ainsi pu ajouter ce titre à leur nom, simplement en le demandant. On imagine qu’à l’époque, c’était bon pour l’image et le crédit du club

Le Real Potosi, en Bolivie, ne doit rien à quelconque roi ou reine - le pays n’a jamais été une monarchie. C’est tout simplement un hommage au Real Madrid espagnol, car le président du club était fan des Merengues. Le logo du Real Potosi est d’ailleurs une pâle copie de celui de son modèle! 

Fan de notre série? Retrouvez notre article sur les clubs qui font honneur à des personnages religieux

Info

Voir tout

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

Top