Claire Laffut nous partage son rêve Bleu dans son tout premier album

L’artiste belge Claire Laffut, découverte en 2018 avec son EP Mojo, a sorti tout récemment son tout premier album. Après 3 ans de travail nait ‘Bleu’, un condensé de son cheminement d’artiste et de ses passions artistiques. Proximus Pickx l’a rencontrée pour vous faire découvrir son rêve Bleu.

Ton premier album était très attendu après Mojo. Comment tu l’as vécu ? 

CLAIRE : C’était stressant, mais ça m’a laissé le temps d’approfondir la direction artistique de l’album, que ce soit le graphisme ou les dernières chansons écrites qui sont les meilleures à mes oreilles. Ça m’a provoqué pas mal d’anxiété, mais au final tout s’est bien mis en place. J’ai préféré attendre qu’on ne soit plus confinés pour le sortir, et surtout que les concerts reprennent. C’était pour la bonne cause ! J’avais besoin du retour de mon public et de le vivre en vrai avec eux.  

On pourrait croire que le titre, Bleu, évoque une certaine nostalgie. Pourtant, les chansons sont plutôt entraînantes, avec notamment des sonorités soul, afro, latino… Quelles ont été tes inspirations ? 

C : Cet album passe par plein d’émotions différentes. Il commence de manière euphorique avec MDMA, comme une mer déchaînée. Puis ça se calme avec “Et j’ai ri” et “Tombée Dans Un Rêve” qui sont plus posés. J’essaie de composer une pop moderne, inspirée de la worldmusic. En grandissant entre Namur et Charleroi, j’ai toujours eu une envie d’ailleurs. Ce qui se ressent dans mes morceaux. J’aime voyager à travers les sons et dans mon imaginaire grâce à mes tableaux. 

Ces inspirations viennent aussi de ce que j’écoutais quand j’étais plus jeune. J’ai été bercée par la musique qu’écoutait mon père, entre la variété française, Fela Kuti et la techno berlinoise. J’ai toujours aimé écouter plein de styles différents. 

Cet album, c’est aussi le croisement de plusieurs inspirations artistiques, entre la peinture, la danse, la musique… 

C : Oui. C’est surtout de la musique. La pochette de l’album est une image composée de rêve et réalité où je me noie dans un de mes tableaux. Un jour, j’en ferai une exposition et j’espère pouvoir les emmener sur scène pour les rendre vivants. Dans le clip d’Hiroshima, je renoue avec la danse. J’avais oublié que je pouvais danser, suite à une blessure grave, sur ma propre musique ! C’était fou de retrouver les salles de danse et de se sentir porter par une troupe de danseurs ! 

Au niveau des textes, c’est aussi un album très personnel. Tu parles notamment de relations toxiques dans ‘Hiroshima’. La musique, c’est comme un thérapie ? 

C : Je trouve qu’il y a quelque chose de vrai et de pur dans la musique, la voix, le texte. Une chanson, c’est presque comme un testament. Ça permet de poser les émotions de ce qu’on a vécu, ça aide à cristalliser nos expériences pour s’en souvenir d’une belle manière. D’autant qu’avec la voix, le grain, on ne peut pas mentir. J’avais besoin d’écrire pour comprendre ce qu’il se passe dans mon cerveau. 

C’est d’ailleurs tout le sens du titre de son album, ‘Bleu’. 

C : Cet album est un symbole de ma jeunesse. Le titre fait référence au fait d’être un « bleu », d’être novice, alors l’album parle de mes premiers pas. Mes premiers pas dans la musique, mais aussi mes premières relations. C’est un clin d’oeil à l’expression « être bleu de quelqu’un ». Je voulais que cet album représente la manière très intense qu’on a de vivre les choses quand ce sont nos premières fois. Je cherchais à ce qu’on ressente une intensité dans ma musique. 

Et comment tu les as faits, ces premiers pas dans la musique ? 

C : La musique, c’est venu tard. Je ne pensais pas du tout que j’allais faire ça, ça m’est tombé dessus par hasard quand j’ai débarqué à Paris. J’ai rencontré quelqu’un qui en faisait, je traînais en studio avec lui, et j’ai commencé à chanter comme ça, pour le plaisir, pour la poésie. Ça m’a tellement plu que j’ai continué, et c’est devenu mon métier. 

A quelles différences on peut s’attendre entre ton EP et ce premier album, Bleu ? 

C : Au début, je n’étais pas forcément prête à défendre mon style. Je n’avais pas de prétentions, pas d’attentes. J’étais un peu comme une touriste, au début. Maintenant, avec l’album, ça se sent que j’ai voulu créer quelque chose qui a du sens pour moi. Je raconte des choses vitales, qui ont participé à mon apprentissage. L’album a une toute autre dimension que mon premier EP, il y a davantage de réflexion autour. 

Et tu as été plutôt bien entourée dans la création de cet album ? 

C : J’ai travaillé avec Tristan Salvati, qui a notamment bossé avec Angèle, Louane ou Julien Doré. On a commencé ensemble, c’est notamment avec lui que je me suis mise à écrire en français. On a vraiment créé ensemble un univers unique et assez fou. Je voulais une couleur particulière dans mes sons. Ensuite, j’ai travaillé avec Gaspard Murphy pour des sons comme Etrange Mélange ou Hiroshima. C’est avec lui que j’ai vraiment vécu la transition entre l’EP et l’album, une mutation vers quelque chose de plus affiné, revendicateur aussi. Puis il y a Pierre Juarez, producteur avec qui j’ai notamment travaillé sur Vertige et Osmose. C’est véritablement leur présence qui m’a portée, ça n’aurait pas été la même chose sans eux. Pareil pour ma photographe, Charlotte Abramow. C’est une personne très importante dans ma construction artistique. Elle m’a toujours porté un regard bienveillant, sans chercher à me rendre sexy à tout prix. Je dirais qu’elle m’a apporté sa poésie pour amplifier la mienne. 

Le titre ‘Sororité’ s’inscrit aussi dans une problématique très actuelle qu’est l’engagement féministe. C’était important pour toi ? 

C : Cette chanson a été inspirée d’un groupe de parole créé à l’initiative d’Yseult. Ça m’a permis de comprendre qu’on vivait toutes la même chose, et qu’on se mettait en compétition malgré tout. Alors qu’il y a réellement de la place pour tout le monde. Je voulais montrer qu’il y a autre chose que la rivalité et le silence. Cette chanson, c’est une véritable déclaration d’amour aux femmes, mais aussi une promesse que je me suis faite à moi-même d’abandonner cette rivalité qui ne m’a jamais fait que du tort. Je voulais dire aux autres femmes qu’on va se protéger à la place de se détester. D’ailleurs, c’est quelque chose qui m’inspire énormément pour mes futurs projets, au-delà de la musique. 

Tu seras prochainement en concert au Botanique le 23 octobre. Qu’est-ce que ça t’a fait de revenir sur scène avec le retour des concerts ? 

C : Ça m’a fait un bien fou ! D'autant que j’ai plein de nouvelles chansons, ça fait du bien de voir que des gens les ont écoutées et connaissent les paroles. J’ai véritablement compris la valeur d’un concert en, en étant privée. C’est un moment de partage lors duquel l’artiste est le chef d’orchestre d’une connexion inégalable. C’est un moment de communion, de bonheur et de célébration que seule la musique peut créer.

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