La nom de Nichola Bauwelinck ne vous évoque sûrement rien à la première écoute. En revanche, si vous suivez la scène CS:GO belge et internationale, le pseudo wH1TE doit surement vous rappeler quelques souvenirs. Passé par Be The Next Caster, le jeune caster enchaine maintenant les compétitions, s’octroyant quelques passages sur des tournois de haut vol, comme le dernier évènement RMR de la région CIS. À l’occasion de l’ESL Benelux Proximus Championship, qu’il commentera du côté néerlandophone, nous avons eu l’occasion de discuter un peu avec lui.

Salut wH1TE! Peux-tu nous expliquer quelles étaient tes premiers pas dans le milieu du jeu-vidéo, autres que ceux d’un joueur lambda ?

J’ai commencé aux alentours de 2013-2014 avec une chaine Youtube. Je faisais du contenu humoristique sur Call Of Duty. J’ai même récemment remis ces vidéos en ligne. Il était temps d”assumer pleinement son passé! “Rires”

Tu étais donc un joueur Call of Duty à la base ?

Exactement! Si on veut retourner aux sources, quelques années auparavant, j’ai commencé les FPS en jouant à Call Of Duty sur ma Nintendo Wii. Ça m’empêchait d’ailleurs de jouer trop longtemps vu qu’une partie demandait quand même une certaine dose d’énergie!

Comment passe-t-on de joueur Call of Duty sur Nintendo Wii à travailler pour DefuseKids ?

Je pense qu’un bon ami à moi travaillait pour eux à l’époque. Je faisais du montage vidéo

Comment a commencé l’aventure du cast ?

Officiellement, cela a démarré en 2019. Mais si je me rappelle bien, quand je jouais à Counter-Strike, dans les alentours de 2015, je commençais déjà à m’y intéresser et à en faire quelques-uns.

Tu ne faisais alors que des petites compétitions…

De manière générale oui, mais ça quand même réservé de belles surprises. Par exemple, un jour je castais les qualifiers de myXMG (une équipe danoise; ndlr) lors d’une compétition ESL. Ils se sont fait éliminés mais l’équipe Flipside Tactics m’avait repéré et ils m’ont proposé de caster le round du lendemain. Sauf qu’à l’époque, un certain s1mple faisait partie de l’équipe mais avait écopé d’un ban des compétitions ESL. Ils m’ont donc demandé si cela me dérangeait de l’accueillir en tant qu’invité sur le cast!

Tu as donc casté une partie avec s1mple, l’un des meilleurs joueurs au monde ?!

À vrai dire, il n’a pas beaucoup commenté les parties vu que son anglais n’était pas très bon mais j’ai eu l’occasion de lui poser quelques questions. Je me rappelle d’ailleurs lui avoir demandé si il pensait que son équipe allait se qualifier, ce à quoi il a répondu le plus simplement du monde “Mmmh, non.”

Même si tu castais déjà auparavant, le grand public a fait ta connaissance lors de Be The Next Caster, dans laquelle tu affrontais plusieurs autres casters pour déterminer qui était le meilleur …

Oui effectivement! J’en garde un très bon souvenir. C’était ma première grosse expérience professionnelle. J’avais déjà casté des parties en studio mais là on parle d’un vrai plateau avec beaucoup de cadreurs et une grosse production derrière. Ça a d’ailleurs rajouté une bonne dose de stress sur mes épaules.

Le fait que ça soit ta première expérience ?

Oui mais pas que. Pour une compétition CS:GO, j’arrive dans le studio en ayant fait des recherches sur les équipes, préparé des notes et différentes statistiques que je trouve intéressante. En bref, je peux préparer mon cast ! Dans le cast de BTNC, vu qu’on ne connaissait pas le format des épreuves à l’avance, ça enlevait tout le côté “préparation”.

Tu continues d’ailleurs à caster avec certains autres candidats de l’émission, mais aussi avec des membres du jury comme RJCasts. Tu en profites pour continuer à recevoir ses conseils ?

Oui, c’est un apprentissage quotidien. Par exemple, il y a encore quelques compétitions de ça, j’avais pour habitude de regarder l’écran de retour vidéo dans le studio, au lieu de regarder directement la caméra. C’est lui qui me l’a fait remarqué.

Il y a un caster duquel tu t’inspires pour essayer de t’améliorer ?

Hmm, je dirais “Spunj”! À chaque fois que je le regarde commenter une game, il s’amuse et apporte vraiment un côté divertissant au cast! Je pense que c’est important de trouver l’équilibre entre l’information qu’on donne sur le jeu et le divertissement qu’on veut apporter au public.

Dans certaines compétitions, les casters ont pour habitude de commenter tout le tournoi ensemble alors que dans ton cas, tu castes avec beaucoup de personnes différentes. Ce n’est pas trop compliqué au vu des différents styles de cast qu’on peut rencontrer ?

Bien entendu, ça demande un peu d’adaptation. Si je sais que le caster qui va m’accompagner à pour habitude de parler un peu plus ou un peu moins, je dois modifier ma manière de commenter pour que cela reste agréable à écouter. Ce n’est pas quelque chose de négatif, au contraire ça me permet de m’améliorer.

Et puis, chacun reste dans son rôle de color ou de play-by-play caster non ?

Oui, même si je ne sais pas vraiment encore où me positionner clairement entre les deux rôles, bien que la frontière soit parfois très fine. J’ai commencé ma carrière en faisant beaucoup de casts en solo, et quand je les faisais accompagnés les rôles étaient toujours plus ou moins mixés. Je suis capable de faire les deux mais je préfère faire du play-by-play. Encore une fois, cela dépend de la compétition et de mon partenaire.

Quand on caste des grosses compétitions, comme tu as pu le faire à l’occasion de l’EPIC CIS League ou encore des Pinnacle Series, ce n’est pas compliqué de retourner à des compétitions de plus petite envergure ?

Prenons l’exemple de l’ESL Benelux. Sur papier, les matchs sont moins “importants” que dans d’autres compétitions que je caste. Mais je suis dans la scène du Benelux depuis maintenant plusieurs années et ce sont des équipes que je connais bien. Quand je vois un match entre le eClub de Bruges et LowLandLions, par exemple, je considère ça comme un gros match. Pour moi, ce sont aussi des stars et l’engouement vient tout seul.

Tu risques donc d’être servi avec l’ESL Benelux que tu casteras durant plusieurs semaines !

Oui, c’est un vrai plaisir! Au vu des équipes présentes et du prizepool mis en jeu, c’est très clairement la plus grosse compétition dans le Benelux. En plus de ça, c’est une compétition officielle de ESL et donc un rêve qui se réalise pour moi. Disons que pour moi, malgré la différence de niveau, c’est aussi énorme que de caster les BLAST Rising comme j’en ai eu l’occasion en mai dernier.

À l’heure d’écrire ces lignes, nous n’avons eu qu’une soirée de matchs à se mettre sous la dent, avec deux rencontres que certains pourraient qualifier de “à sens unique”. Tu ne crains pas que, vu le format, ce genre de scénario se répète jusqu’aux phases finales où les organisations top-tier se rencontreront ?

Non je ne pense pas. Les matchs que nous avons vu pour l’instant faisaient s’affronter les meilleures équipes de la compétition, issues de la précédente saison, et les équipes les moins bien seedées, qualifiées via les épreuves de qualification ouvertes. Le deuxième jour de compétition (qui s’est déroulé depuis; ndlr) devrait être bien plus excitant car on devrait voir les équipes de milieu de classement prendre part à la bataille.

Selon ton point de vue de caster, quelle est l’équipe qui n’est pas attendue comme favorite mais qu’on devrait tout de même garder à l’œil ?

Mon choix du cœur se porterait sur Sector One : Je connais bien leurs joueurs et je sais qu’ils bossé dur donc je pense qu’ils méritent vraiment d’aller loin. Ils en ont vraiment le potentiel, en particulier ALEXJ. Maintenant reste à voir comment l’équipe se débrouillera sur le collectif. Le choix de la raison serait Gamefist? Ils ont réussi à rassembler des joueurs assez connus dans le Benelux. Je leur avais d’ailleurs demandé pourquoi ils ne reprenaient pas le jeu à temps plein mais ils préfèrent garder le côté “fun”. En tenant compte de ça, je pense qu’ils n’ont rien à perdre et c’est un avantage certain face aux autres équipes.