La Belgique a laissé passer une nouvelle chance de remporter un grand tournoi en s’inclinant contre l’Italie en quarts de finale de l’Euro 2020. Après avoir loupé le coche en 2016, 2018 et cette année, l’heure de la génération dorée des Diables Rouges est-elle passée?
Pour la première fois de son histoire, la Belgique a atteint le stade des quarts de finale dans quatre tournois internationaux majeurs consécutifs. Une prouesse que l’on aurait difficilement imaginée il y a une décennie. Mais entretemps, les Diables Rouges ont vu naître et évoluer la plus belle génération de leur histoire, si bien que ses résultats dans les grandes compétitions laissent un goût d'inachevé. Alors que la sélection voit plusieurs de ses cadres prendre de l’âge, la Coupe du monde 2022 semble être l’ultime opportunité de décrocher un sacre. À moins que notre heure soit déjà passée...

En sept ans, les Diables ont réalisé quelques beaux exploits, mais ont aussi connu leur lot de désillusions. Si l’élimination contre l’Argentine en quarts de finale de la Coupe du monde 2014 ne pouvait pas être considérée comme un échec pour les jeunes troupes de Marc Wilmots, il en fut tout autrement deux ans plus tard à l’Euro français.

Les déceptions de 2016 et 2018

Plus mûrs qu’en 2014 et cités parmi les favoris à la victoire finale, les Diables sont éliminés par le surprenant Pays de Galles en quarts de finale, alors qu’une voie royale vers le dernier carré se présentait à eux. Cette humiliation sera fatale à Wilmots, pointé du doigt par beaucoup pour ses errements tactiques. La Belgique manque le coche une première fois.

Son successeur Roberto Martinez arrive avec de nouvelles idées et amène cette génération belge à maturité. Avec comme point d’orgue la Coupe du monde 2018 en Russie où les Diables, au sommet de leur art, séduisent le monde entier par leur football positif et chatoyant. Mais après l’exploit contre le Brésil en quarts de finale, les Belges se heurtent à l’hyperréalisme français dans un match qu’ils ont pourtant dominé.

La déception est alors immense, d’autant plus que la Belgique aurait affronté la Croatie en finale, un adversaire sur papier plus abordable que les deux précédents. Les Diables se consoleront avec une médaille de bronze, qui reste le plus beau résultat obtenu dans un tournoi par l'actuelle génération des Diables.

Renouveler l'effectif

Après une nouvelle désillusion contre l’impressionnant collectif italien à l’Euro 2020, l’équipe nationale belge se trouve à un tournant. D’ici la prochaine Coupe du monde au Qatar, en novembre 2022, plusieurs cadres de la sélection, notamment en défense, auront sans doute quitté le navire. Les dernières chances belges de succès dépendront donc de la façon dont Martinez, qui sera théoriquement toujours en place, parviendra à renouveler une partie de l'effectif, et de l’apport de ces nouveaux venus. À cet égard, la place prise dans le noyau par Jérémy Doku ces dernières semaines constitue une très bonne nouvelle.

Il faudra également espérer que des piliers comme Kevin De Bruyne et Eden Hazard, récents trentenaires, seront épargnés par les pépins physiques. Des joueurs comme Jason Denayer et Youri Tielemans, qui arriveront quant à eux à pleine maturité, devront être capables de s’affirmer comme de réels patrons à leur poste.

En attendant cette échéance, les Diables auront une occasion de relever la tête dans trois mois lors du Final Four de la Ligue des Nations. Une victoire contre la France leur ouvrirait les portes d'une première finale depuis l'Euro 1980 pour, qui sait, décrocher leur premier trophée – certes moins prestigieux qu'un Euro – depuis 1920.