De grands noms de la musique reprennent les histoires de Jacques Brel

Cette année notre regretté compatriote Jacques Brel devait célébrer ses 92 ans. Beaucoup d’artistes lui ont rendu hommage en reprenant ses chansons, en les traduisant ou en les adaptant à leur style musical. En passant de Céline Dion à David Bowie, Jacques Brel séduit toujours et vit à travers ses chansons. 

Nick Cave - Next

Proche d’un tango funèbre, Nick Cave propose en 2007 une toute nouvelle version d’ ‘Au Suivant’ de Brel. L’artiste touche à tout australien s’est même aventuré dans de nouvelles eaux, en donnant une prestation en anglais au Queen Elizabet Hall. Alex Harvey a été le premier dans les années 70 à adapter la chanson française en anglais. La version de Nick Cave rend plutôt bien. L’Australien fait partie de ces musiciens modernes qui sont proches de Brel. Leur musique couvre des thèmes similaires tels que l’amour, la perte, la spiritualité. Grâce à leurs paroles imagées et la puissance lyrique de leurs interprétations, le public écoute leur musique comme des histoires. 

En 1964, Jacques Brel réalise ’Au suivant’, une sorte de critique envers le service militaire et la guerre. En pleine période d’après-guerre et de guerre froide, il y dénonce les absurdités de la vie militaire jusqu’au bordels de campagne mis à disposition des soldats pendant les guerres en Asie et en Afrique. Les contingents usent de leurs faveurs sexuelles à la chaîne, les uns après les autres. Dès leur entrée à l’armée, ils ne sont que des numéros, si ce n’est pas eux, ce sera au suivant. Il reproche également à ce système l’impersonnalité des appelés. Certains ont une personnalité trop sensibles pour la guerre, s’ils meurent au combat, ce n’est pas grave, on passe au suivant. 

 

Tout Va Bien - If you go away

Le jeune Malinois de son vrai nom Jan Wouter Van Gestel s’était inscrit en 2013 à un concours de jeunes talents proposé par ‘Studio Brussels’, une radio publique flamande. N’ayant pas de grands espoirs de gagner, Tout Va Bien, a fini par gagner grâce à son interprétation en anglais de ‘Ne Me Quitte Pas’. Le seul point commun avec Brel est sa nationalité. L’étoile montante belge explique auprès de la RTBF : "J’avais deux jours pour préparer une reprise, à choisir dans une liste. J’ai pris Jacques Brel mais, au début je pensais que c’était complètement casse-gueule, on ne s’attaque pas ou Grand Jacques. Et puis je me suis dit : ‘Vas-y, ça passe ou ça casse, mais, au moins, tu n’auras pas de regrets !’." Sa version anglaise a époustouflé les auditeurs grâce à sa voix angélique et puissante. La reprise est composée au rythme d’une ballade au piano qui nous imprègne d’une sorte de tristesse sombre qui fait l’unanimité. 

‘Ne me quitte pas’ est le titre de Brel qui a été le plus de fois repris par d’autres artistes. Certains diront qu’il s’agit d’une des plus belles chansons d’amour jamais écrite. Pour Jacques Brel, "C'est l'histoire d'un con et d'un raté", la chanson fait l’étalage de la "lâcheté des hommes" avait-il expliqué. ‘Ne me quitte pas’ aurait été inspirée par son histoire d’amour avec Suzanne Gabriello. Un amour interdit puisque l’homme était toujours marié avec Thérèse Michielsen, la mère de ses trois filles. Les amants avaient vécu une histoire d’amour passionnée avec de multiples séparations et réconciliations. En 1961, c’est finalement Brel qui a mis fin à cette grande idylle. 

 

Céline Dion - Quand on n’a que l’amour

Tant que nous parlons d’amour, il nous paraît inévitable d'aborder la chanson ‘Quand on a que l’amour’. Cette version époustouflante de Céline Dion nous prouve une nouvelle fois la renommée mondiale de l’artiste belge. La Belgique a un énorme patrimoine musical mais son représentant restera à jamais Jacques Brel. 

Cette chanson poème est un véritable hymne à l’amour. Elle monte en crescendo et se transforme en cri de révolte, un aveu d’impuissance face aux malheurs et injustices de ce monde. Ce premier grand succès a lancé la carrière de Brel. Le saviez-vous ? Avant la sortie de la chanson, Brel courait les auditions, il ne parvenait pas à décrocher un contrat avec une maison de disques ni à accrocher le public. On lui reprochait ‘son allure trop provincial’ et son tempérament. Mais ça, c'était avant ! En 1957, il sort ‘Quand on n’a que l’amour’ et commencera à connaître le succès. Ce titre intemporel reste le deuxième plus grand succès du chanteur après ‘Ne me quitte pas’. 

 

Nina Simone - Desperate ones

De Nina Simone, on connaît surtout la reprise de ‘Ne me quitte pas’ qu’elle a fait l’exploit de chanter en français. Pourtant, elle a interprété une autre chanson de Jacques Brel, celle des ‘Désespérés’, qu’elle traduit en anglais. Elle parvient à incarner la chanson et à la rendre aussi poignante que son interprète original. En passant de chuchotements aux cris déchirants, elle raconte l’histoire des ‘désespérés', un couple d'amoureux malheureux qui s'enlèvent la vie. Même si la traduction se passe de la poésie de Brel, Nina Simone parvient à rendre cette reprise spéciale. Elle a la capacité de transformer cette chanson en y donnant sa propre interprétation. Elle ne cherche pas à imiter l’original mais à s’en inspirer pour y apporter une toute nouvelle perspective. La chanteuse de Jazz clôt son album ‘Nina Simone and piano’ par cette chanson qu’elle considère comme sa préférée de Brel. 

 

David Bowie - Port of Amsterdam

En tant que grand admirateur de Brel, Bowie a repris deux des chansons du grand maître poète. Comme quoi il ne faut pas savoir le français pour comprendre la poésie de notre compatriote. La première chanson est ‘La Mort’ qu’il joue lors de la dernière tournée de son alter ego Ziggy Stardust. Il y donne 'la mort' de son personnage.  La deuxième reprise est ‘Le port d’Amsterdam’, que Bowie réadapte en anglais neuf ans après la sortie de l’originale. Il sort le titre en face B du single Sorrow.

‘Amsterdam’ fait partie des grands succès de Brel. Une chanson devenue incontournable. Pourtant le morceau n’a jamais été enregistré en studio puisque Brel n’était pas du tout convaincu par le résultat. Il n’existe qu’une version live de la chanson enregistrée à l’Olympia de Paris. Ce titre qu’il considérait sans la moindre importance, il l’avait joué en ouverture de son concert en se disant que si c’est vraiment mauvais le public aura le temps de l’oublier. L’engouement du public en a pourtant voulu autrement. La deuxième ironie de l’histoire est que Brel n’avait pas vraiment un penchant pour la capitale Hollandaise. Il voulait simplement raconter l’histoire des marins qui travaillent durement sur des bateaux. En réalité, il voulait écrire sur le port d’Anvers. Malheureusement Anvers ne sonnait pas bien dans la chanson et il a dû oublier l’idée d’une chanson sur la ville portuaire belge. 
 

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