Megan Rapinoe, une icône rebelle et engagée

Il y a pile un an, Megan Rapinoe emmenait l’équipe nationale américaine féminine sur le toit du monde. Rapide portrait de celle qui est bien plus qu'une talentueuse joueuse de football.

Le 7 juillet 2019, les Etats-Unis remportaient la quatrième Coupe du monde féminine de leur histoire en s’imposant 2-0 contre les Pays-Bas. Grand artisane de ce succès et co-meilleure buteuse du tournoi avec six buts, la capitaine américaine Megan Rapinoe a éclaboussé le Mondial de son talent et fut logiquement désignée meilleure joueuse de la compétition.

De quoi compléter un palmarès déjà bien fourni pour la joueuse de l’OL Reign, club de National Women's Soccer League basé à Seattle. A 34 ans et après un peu plus de dix ans de football professionnel, la star aux cheveux violets peut notamment se targuer d’avoir été deux fois championne de France avec l’Olympique Lyonnais, championne olympique et double championne du monde avec son pays. Pour couronner sa superbe année 2019, Rapinoe est élue joueuse de l’année par la FIFA et remporte, un an après Ada Hegerberg, le deuxième Ballon d’Or de l’histoire du football féminin.

Une personnalité engagée

Parallèlement à ses exploits footballistiques, Megan Rapinoe fascine également par sa forte personnalité. La joueuse n'hésite pas à exprimer ses convictions à la face du monde, quitte parfois à susciter la polémique et froisser certains egos. Dont celui d'un certain... Donald Trump. La milieu de terrain ne cache effectivement pas son aversion pour le président américain. En 2019, elle avait d’ailleurs assuré qu’elle ne mettrait pas un pied à la Maison Blanche si les Etats-Unis remportaient le Mondial, incitant ses coéquipières à faire de même. "Je ne veux pas que cette équipe de foot, qui s'est longtemps battue pour l'égalité et l'inclusion soit coopté par un gouvernement qui ne se bat pas pour les même choses", avait-elle expliqué.

Ces signes de protestation ne sont pas neufs. Depuis 2016, la footballeuse boycotte en effet l'hymne américain avant les matches, en soutien au joueur de football américain Colin Kaepernick qui protestait ainsi contre les violences policières à l'égard des Afro-Américains.

Celle qui fut l'une des premières sportives connues à révéler son homosexualité en 2012 est également devenue une figure du féminisme et de la lutte LGBT. Depuis plusieurs années maintenant, la Californienne est l'un des principaux porte-drapeaux de la lutte pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes dans le sport. Quelques mois avant le Mondial 2019, elle et 27 autres joueuses américaines avaient décidé de porter plainte contre la Fédération américaine de football pour “discrimination en raison de leur genre”, une demande qui a récemment été rejetée par la justice.

Une reconversion en politique?

Pour Rapinoe, toutefois, le combat continue. A ceux qui lui reprochent de mêler football et politique, elle rétorque qu’il serait “irresponsable de ne pas utiliser cette plateforme internationale (en parlant de la Coupe du Monde, ndlr.) pour essayer de faire bouger les choses, de provoquer le changement".

A 34 ans, la joueuse approche doucement de la fin de sa carrière sportive. Et si son aura, qui a depuis longtemps dépassé le cadre du sport, lui servait pour se lancer en politique? Dans une récente interview donnée à ViceTV, la Californienne a réaffirmé sa farouche opposition à Trump, qu’elle qualifie de “nationaliste blanc”. Interrogée sur la possibilité d'embrasser une carrière politique, celle qui a affiché son soutien au candidat démocrate Joe Biden en vue des prochaines élections présidentielles n’a en tout cas pas rejeté l’idée. “Mais ça semble un peu fou", a-t-elle concédé. Et d’ajouter, dans un éclat de rire, que son job de rêve serait "présidente, bien sûr". Et si ce n’était pas qu’une plaisanterie?


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