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Envie de découvrir les musiques du monde ? Voici les 10 albums du genre à posséder dans votre discothèque.

L’été est à nos portes et annonce, comme chaque année, le retour des festivals. Au programme ? Pop, rock, jazz et musiques du monde. Si vous voulez participer à un festival de musiques du monde sans avoir l’air de tomber des nues quand vous entendrez le nom de Cesária Évora, mieux vaut réviser vos classiques. Nous avons sélectionné pour vous 10 disques qu’il faut posséder ou du moins écouter.

Buena Vista Social Club - « Buena Vista Social Club »

Buena Vista Social Club - « Buena Vista Social Club » © Wikimedia

Nous avons déjà évoqué cet album (dans le dossier consacré aux groupes qui n’ont sorti qu’un seul disque) et le fait qu’il figure aussi dans cette liste démontre une fois encore à quel point Buena Vista Social Club a marqué son temps. Et tout à coup, Cuba a été propulsée en haut de l’affiche. L’idée initiale de Ry Cooder était d’enregistrer un disque avec des musiciens maliens et cubains. Mais les Maliens se voient refuser l’accès à l’île en raison d’un problème de visa et le producteur Nick Gold décide de les remplacer par des musiciens cubains de premier plan, qui affichent déjà de nombreuses années au compteur. En six jours, l’album est enregistré et devient immédiatement un succès et un classique du genre avec des standards remis au goût du jour par des musiciens vieillissants qui entament là une seconde jeunesse. De longues années ont passé depuis la sortie du disque et bon nombre de ces musiciens ont quitté cette terre, mais des jeunes ont repris le flambeau pour continuer à faire vivre Buena Vista Social Club à travers le monde. 

Astor Piazzolla - « Tango: Zero Hour »

Astor Piazzolla - « Tango: Zero Hour »

Si vous aimez le tango argentin, le nom d’Astor Piazzolla ne vous est sans doute pas inconnu. Il sort « Tango : Zero Hour » en 1986 et rend alors le monde un peu plus beau. Piazzolla lui-même considère ce disque comme le meilleur qu’il ait jamais réalisé. Cela devrait donc suffire à vous convaincre de l’acheter. Il nous a malheureusement quittés en 1992, mais pour le journaliste Stephen Holden, il n’en est pas moins le « plus grand génie du tango ». Ce titre est-il justifié ? Certainement. Écoutez donc cet album pour vous en convaincre. Il est accompagné de son Quinteto Nuevo Tango qui reprend avec lui des classiques de l’époque, du rock, du jazz, etc. Un disque très inspiré et inspirant. 

Orchestra Baobab - « Pirates Choice »

Orchestra Baobab - « Pirates Choice » © Wikimedia

Dakar, Sénégal. Dans les années 60, le Star Band de Dakar était une référence. Après la disparition du groupe, quelques-uns de ses membres créent l’Orchestra Baobab, le groupe résident du Baobab Club de Dakar. En 1989, ils sortent cet album. Avec plus de 20 albums à son actif, il est l’un des groupes africains les plus représentatifs du 20e siècle. Il se dissout en 1987, car un autre style de musique fait fureur à l’époque. Est-ce la fin du groupe ? Pas vraiment, car le label World Circuit réédite quelques-uns de ses albums, ce qui lui donne un deuxième souffle, pour le plus grand bonheur des amoureux de musiques du monde à travers l’Europe. Le groupe se reforme en 2001 et reprend le chemin des studios.   

King Sunny Adé - « Juju Music »

King Sunny Adé - « Juju Music » © Wikimedia

Il est l’un des artistes les plus populaires de la musique Juju nigériane. Avec son groupe His African Beats, Adé fut une star de calibre mondial. Nous sommes au milieu des années 80. Adé a déjà sorti plus d’une dizaine de disques (le premier quand il avait 20 ans) et « Juju Music » est le premier album qu’il sort sous son propre label, qui existe pourtant depuis un moment. Il touche un public de plus en plus large, il acquiert une renommée internationale et grâce à Mango Records (une filiale d’Island Records), ses disques se vendent. Il devient une star aux États-Unis et en Europe et est rapidement surnommé le « Bob Marley nigérian ». Il n’y a qu’un seul Bob Marley et qu'un seul King Sunny Adé, mais la comparaison a du sens. 

Le Mystère des Voix Bulgares - « Le Mystère des voix bulgares »

Le Mystère des Voix Bulgares - « Le Mystère des voix bulgares » © Wikimedia

Fondé en 1952, ce groupe ne sort réellement de l’anonymat que durant la seconde moitié des années 80. Étrange direz-vous. Pas tant que ça en réalité, car ce genre de belles voix reçoit plus d’écho de nos jours que ce n’était le cas auparavant. L’album « Le Mystère des voix bulgares » a aujourd’hui 40 ans déjà, mais cela reste une merveille, une compilation d’anciennes chansons populaires bulgares remises au goût du jour par des chœurs féminins. Ce disque a nécessité 15 ans de travail, mené notamment par l’ethnomusicologue Marcel Cellier. Procurez-vous cet album et laissez-vous emporter par cette musique enivrante. 

Cesária Évora - « Miss Perfumado »

Cesária Évora - « Miss Perfumado » © Wikimedia

Paul Van Haver, alias Stromae, a dédié une chanson à cette artiste capverdienne. Elle le vaut bien, car Cesária Évora fait partie de ces chanteuses qui vous touchent sans devoir en faire trop. Elle chante aussi bien du blues que des morceaux plus dansants. « Miss Perfumado » est l’un de ses plus grands succès. Elle vend plus de 300 000 exemplaires de cet album sur lequel on retrouve notamment le tube « Sodade » qui lui a permis de percer au niveau international. Elle chante la plupart du temps en créole capverdien, mais aussi en portugais et en français. « Sodade » (Saudade) est un terme qui revient régulièrement dans les chansons mélancoliques. Ses chansons ont été remixées par de grands noms de la musique électronique, dont Carl Craig. 

Youssou N'Dour - « Immigrés »

Youssou N'Dour - « Immigrés »

Ministre du Tourisme au Sénégal entre 2012 et 2013, Youssou N’Dour est surtout une immense star de la chanson et probablement l’un des Africains les plus connus au monde. Il fut longtemps membre de Star Band, le groupe le plus célèbre de Dakar. Le « Rossignol de Dakar » a commencé à chanter à l’âge de 12 ans. Sorti en 1984, son premier album intitulé « Immigrés » est un mélange d’inspirations traditionnelles, de percussions et d’arrangements afro-cubains. Le disque a fait l’objet de critiques, on lui reprochait d’accorder trop de place aux synthétiseurs, mais il a également été loué pour sa sensibilité. « Cela bouge merveilleusement » avait écrit Rolling Stone. On peut difficilement lui donner tort. Ce disque ne compte que quatre chansons, mais rien que des tubes. 

Huun-Huur-Tu - « The Orphan's Lament »

Huun-Huur-Tu - « The Orphan's Lament » © Wikimedia

Des chants de gorge mongols. C’est très particulier, car qui pourrait penser qu’il est possible de chanter sur deux tons ? Mais pour les chanteurs mongols du groupe Huun-Huur-Tu, c’est tout naturel, comme on peut l’entendre sur cet « Orphan's Lament ». Le disque est remarquable. Il peut désarçonner à la première écoute et tout le monde n’accroche pas forcément à ces chants de gorge diphoniques. Qu’à cela ne tienne, il vaut la peine d’être écouté. 

Ali Farka Touré & Ry Cooder - « Talking Timbuktu »

Ali Farka Touré & Ry Cooder - « Talking Timbuktu » © Wikimedia

Un Grammy Award ! « Talking Timbuktu » est immédiatement entré dans la catégorie des classiques. La collaboration entre Ry Cooder et Ali Farka Touré est explosive. Touré voulait absolument rencontrer John Lee Hooker et si vous connaissez la musique de ces deux artistes, vous comprendrez pourquoi : leur style est très proche. Selon Ali Farka Touré, John Lee Hooker s’inscrit dans la grande tradition africaine. « Talking Timbuktu », qui ponctue la collaboration entre Touré et Ry Cooder, est un bijou produit par World Circuit. Touré est considéré comme l’un des musiciens africains les plus inspirants, sa musique se situe au croisement de la musique traditionnelle malienne et du blues anglais et nord-américain.   

Fela Kuti - « The Best of Fela Kuti »

Fela Kuti - « The Best of Fela Kuti » © Wikimedia

Pour clore ce dossier, nous vous proposons un « best of ». Réduire l’œuvre de Fela Kuti à un seul album est en effet impossible. Une compilation de ses chansons les plus marquantes est la meilleure manière de rendre hommage à sa carrière. Il est le fondateur de l’afrobeat. Ce qui vous dit tout et rien à la fois. Écoutez « Zombie » et laissez-vous totalement emporter. Kuti, c’est l’Afrique. C’est la révolte, la musique et tant d’autres choses encore. La meilleure description de Fela, vous la trouverez sans aucun doute dans l’ouvrage de Michael E. Veal, professeur de musique et d’études afro-américaines à l’université de Yale. « Dans sa musique, j’ai reconnu des échos indéniables de précurseurs musicaux de la diaspora africaine : James Brown, John Coltrane, du jazz classique, du big band, du funk, rhythm & blues et de la salsa (...). L’esprit et la méthode musicale de l’Afrique de l’Ouest : des modèles rythmiques étroitement entrelacés, des chants vocaux, des chœurs qui posent des questions et répondent, et plus globalement, une approche percutante. » (extrait de « Fela: The Life And Times Of An African Musical Icon »).  



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