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Ces albums qui ont marqué l’année 2018

2018 fut une année particulièrement riche sur le plan musical. Des valeurs sûres ont confirmé leur talent et de jeunes talents ont mis le nez à la fenêtre. Nous avons dressé pour vous une liste de 10 albums de groupes ou d’artistes qui ont marqué cette année.

Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino

Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino © EPA

Ce disque a-t-il marqué un tournant radical dans la carrière d’Alex Turner et de ses acolytes ? Oui et non est-on tentés de dire. Cette réponse tout en nuance s’explique par le fait que ceux qui ne connaissent Alex Turner que comme le leader d’Arctic Monkeys se disent qu’il devrait sortir un peu de son registre habituel, tandis que ceux qui le suivent aussi avec The Last Shadow Puppets savent qu’il possède plus d’une corde à sa guitare, voire davantage. La plupart des chansons de ce disque ont été composées au piano (et non à la guitare), ce qui leur donne une atmosphère et un son particuliers. Cinq années se sont écoulées entre « AM » et cet album, c’est relativement long. Plus conceptuel, moins poignant, mais tout aussi bon, on y trouve l’influence de Bowie et de la musique des années 60 et 70. Très Arctic Monkeys en somme !

Idles – Joy as an act of resistance

Idles – Joy as an act of resistance © Wikimedia

Bristol. C’est le repaire du groupe de punk anglais Idles. Dans son style, leur deuxième album est un bijou. Divers thèmes y sont traités comme la masculinité toxique, le Brexit, l’amour des autres et de soi-même, etc. Ils ont fait mouche, NME qualifiant même cet album de classique instantané. Dans Louder Than War, on pouvait lire : « Il s’agit de l’un des albums les plus inspirants que j’ai entendus depuis un long, long moment. Ils réinventent le Punk Rock sans l’affubler d’un masque de masculinité, ni le faire plier sous le poids de la tradition, mais en lui donnant un sourire inquiétant et en exposant leur cœur brisé, mais toujours vaillant. Plutôt que d’appeler à l’anarchie en criant "On s’en fout", le punk appelle à l’unité et affirme que l’amour est le plus important ». Voilà qui résume bien les choses !

Courtney Barnett – Tell me how you really feel

Courtney Barnett – Tell me how you really feel © Wikimedia

Courtney Barnett était à l’affiche du Sonic City Festival de Courtrai en novembre dernier et elle est bien partie pour devenir une star mondiale, si ce n’est déjà le cas. « Tell me how you really feel » est son deuxième album qui succède à « Sometimes I Sit and Think, and sometimes I just Sit » qui fut un grand succès. En Australie, il a même été désigné meilleur album rock. Il est vrai qu’il ne manque pas d’atouts. La chanson qui devrait plaire à tout le monde ? « Crippling Self-Doubt and a General Lack of Confidence ». Courtney Barnett, la reine du pince-sans-rire !

Paul Weller – True Meanings

Paul Weller – True Meanings © EPA

Paul Weller a pris le chemin de la gloire avec The Jam et il l’emprunte aujourd’hui en solo. « True Meanings » est son quatorzième album studio. On est à peine remis des émotions procurées par « Wild Wood » sorti en 1993 (oui, les émotions, ça peut être tenace) et avec simplement sa voix et sa guitare, un soupçon de batterie et une orchestration soignée, Paul Weller revient magistralement sur le devant de la scène. L’artiste a de la bouteille et il dégage une joie et une franchise rafraîchissantes. Un disque parfait.

Young Fathers – Cocoa Sugar

Young Fathers – Cocoa Sugar © Wikimedia

Mars 2018, Ninja Tune lâche cette bombe sur le monde. Ils n’avaient plus rien sorti depuis 2015 : les jeunes papas voulaient peaufiner leur son. Cette attente en valait-elle la peine ? Oh oui ! « Cocoa Sugar » fait la part belle à la spiritualité. Young Fathers n’est pas soudainement devenu dévot, loin de là. Il s’agit du disque le plus cohérent de ce groupe en plein essor. « Je ne suis pas à vendre, je ne suis pas à louer », proclament-ils dans « Toy ». Pour ce qui est de l’état d’esprit, on donne 10 sur 10 et on en redemande.

Elvis Costello and the Imposters

Elvis Costello and the Imposters © EPA

30. Qui sera capable de l’imiter ? « Look Now » est le 30e album de sir Costello. C’est très impressionnant. On pourrait penser qu’après un certain temps, les artistes commencent à se répéter, mais pas Elvis Costello. Sur « Look Now », il retrouve son groupe The Imposters. Un son Motown, des blazers, des chœurs et il en résulte un disque réussi qui s’inscrit dans la tradition. Plus fou encore : aucune guitare rock sur cet album. « Si ma section rythmique est en pleine forme, je devrais peut-être en rester au backbeat avec ma Telecaster », explique-t-il.

Janelle Monae - Dirty Computer

Janelle Monae - Dirty Computer © EPA

La presse mondaine a réussi pendant des années à tenir Janelle Monae éloignée de la place qu’elle mérite réellement : un piédestal. Une place qu’elle mérite non par pour l’idéaliser, mais parce que son talent mérite bien plus d’attention. Janelle Monae est l’une de ces artistes qui allient passion, talent, inspiration dans l’écriture, vision musicale, la souplesse de mouvement de Michael Jackson et l’enthousiasme de Prince. « Dirty Computer » est son troisième album et « Make Me Feel » est une véritable perle.

Cardi B – Invasion of privacy

Cardi B – Invasion of privacy © Cardi B

Elle débute, mais quels débuts ! Cardi B, de son vrai nom Blecalis Marlenis Almanzar fut un phénomène sur Internet avant de se lancer dans la musique. En évoquant sa vie sur Vine et IG, elle a suscité l’intérêt de nombreux followers. Grâce à la série de VH1 « Love Hip Hop : New York », on a pu voir quel était son but ultime : faire de la musique. Pour résumer une histoire très longue, Cardi B a sorti « Invasion of Privacy » alors qu’elle avait le monde à ses pieds. La presse était dithyrambique et Variety, The New York Times ou le magazine Time en faisaient l’album de l’année. Cardi B a été la première artiste féminine à classer 13 chansons (13 !) dans le Billboard Top 100.

Parquet Courts – Wide Awake

Parquet Courts – Wide Awake © Wikimedia

Le sixième et dernier album du collectif américain indépendant Parquets Courts est sorti en mai. Et « Wide Awake » nous a bien réveillés. Des chansons ayant longuement mûri ont charmé le monde entier. Plus punk, plus funk et produit par Danger Mouse, un choix que le leader Andrew Savage explique à Consequence of Sound : « J’aimais personnellement beaucoup l’idée d’écrire un album entre punk et funk et Brian est un producteur pop qui a déjà réalisé des enregistrements très soignés. J’aimais le fait que cela n’avait aucun sens.» Ce disque est à part en comparaison de ce que l’industrie du disque produit habituellement aujourd’hui.

Travis Scott – Astroworld

Travis Scott – Astroworld © Wikimedia

On clôt ce dossier avec « Astroworld » de Travis Scott. Son troisième album (qui doit son nom à un parc d’attractions aujourd’hui fermé de sa ville natale de Houston) est relevé de la présence de nombreux invités : King Cudi, Frank Ocean, Drake, The Weeknd, James Blake et beaucoup d’autres. Rolling Stone Magazine a été conquis, mais a trouvé la première partie de l’album plus intéressante que la seconde. Travis Scott propose 17 chansons, il aurait donc sans doute dû être plus sélectif, mais il mérite sa place dans un top 10 de 2018. « Coffee Bean », qui parle des débuts difficiles de sa relation avec Kylie Jenner, est la chanson la plus fascinante : « Your family told you I’m a bad move / plus I’m already a black dude ».



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