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La révolution énergétique est l’affaire de tous

Dossierpar One magazine08/09/2016

Dans le cadre de ses recherches en matière d’énergie durable et de systèmes énergétiques intelligents, EnergyVille fait appel à l’expertise de VITO, Imec et de la KU Leuven. “Nous élaborons des applications concrètes pour les entreprises et les pouvoirs publics”, explique Helena Gerard, Senior Researcher chez VITO/EnergyVille. La chercheuse évoque les futures normes en matière d’économies d’énergie et de durabilité en Belgique.
 
De manière générale, où en est la Belgique en matière d’énergie intelligente ?

Helena Gerard: “Nous continuons à nous baser sur la norme 2020. En 2007, l’Europe s’est engagée à atteindre trois objectifs d’ici 2020 : 20 % d’émissions de CO2 en moins par rapport à 1990, 20 % d’efficacité énergétique en plus par rapport aux prévisions pour 2020, basées sur un statu quo et une part d’énergies renouvelables de 20 %. Ces objectifs concernent l’UE dans son ensemble. Pour la Belgique, les objectifs sont les suivants : 15 % d’émissions de CO2 en moins, 18 % d’efficacité énergétique en plus et une part d’énergies renouvelables de 13 %. La crise économique a quelque peu sapé les efforts en la matière. Nous avons vu ces dernières années que nous avions besoin d’une véritable révolution énergétique.”

Autrement dit, il ne suffit pas d’installer des panneaux photovoltaïques et des éoliennes. En quoi consiste cette révolution ?

Helena Gerard : “Auparavant, l’approvisionnement énergétique était linéaire et prévisible. La production des centrales électriques classiques dépend en effet de la demande. La production d’énergie éolienne et solaire est en revanche difficile à prévoir. On répond ainsi à la demande par une offre variable. Les centrales classiques restent donc nécessaires pour compenser la différence – par ex. s’il n’y a pas de vent ou de soleil –, mais leur production doit diminuer et devenir moins chère et plus flexible. En outre, vous ne pouvez pas mettre ces centrales hors service et les remettre en fonction continuellement pour des raisons de rentabilité. Les fournisseurs ont donc fermé des centrales classiques, tantôt temporairement, tantôt définitivement. Résultat : les médias font état de risques de pénurie.”

Devons-nous dès lors remettre ces anciennes centrales en service ?

Helena Gerard : “Pas nécessairement. La solution structurelle ne se situe pas au niveau de l’offre, mais bien de la demande. Nous devons inverser les rôles : c’est la demande qui doit suivre la production. Telle est la véritable révolution.”

Comment y parvenir ?

Helena Gerard : “Nous devons rendre la demande énergétique flexible et accorder de la valeur à cette flexibilité. Les personnes qui se montrent flexibles lors des pics en journée – en réduisant leur consommation pendant quelques heures – devraient en retirer un avantage supplémentaire. Des règlements de ce type existent déjà pour les grandes sociétés, mais il est plus difficile de les appliquer aux ménages et aux petites entreprises, car les volumes sont plus petits. Dans ce contexte, une nouvelle fonction est apparue : les agrégateurs. Ces nouveaux acteurs rassemblent les volumes d’énergie des ménages et des petites entreprises et peuvent en valoriser la flexibilité dans une certaine mesure.

Dans le cadre de l’objectif 2020, beaucoup d’investissements ont été réalisés dans l’énergie solaire et éolienne. L’offre est donc bel et bien présente, mais il reste à trouver une solution pour gérer la demande. Les applications permettant le stockage de l’énergie, comme les batteries, sont particulièrement intéressantes. Elles permettent de mieux coordonner l’offre et la demande et réduisent l’utilisation du réseau électrique. En ce qui concerne la part d’énergies renouvelables, notre pays est un bon élève, même si des investissements sont encore nécessaires, en particulier si certains projets biomasse de grande envergure prévus actuellement ne se concrétisent pas. Par contre, nous devons encore faire des efforts au niveau de l’efficacité énergétique et de la réduction des émissions de CO2.”

Qu’est-ce qui est prévu après 2020 ?

Helena Gerard : “En 2014, l’Europe a renouvelé son engagement avec les objectifs pour 2030 en matière de climat et d’énergie : 40 % d’émissions de CO2 en moins, 27 % d’efficacité énergétique en plus et 27 % d’énergies renouvelables. Ces objectifs ont été confirmés dans l’accord mondial sur le climat conclu à Paris – le successeur du traité de Kyoto. Il y a aussi une feuille de route pour 2050, qui prévoit une réduction des émissions de CO2 de 80 % à 95 % par rapport à 1990.”

2050 semble encore loin, mais c’est une période assez courte pour changer radicalement notre façon de vivre et de travailler.

Helena Gerard : “C’est vrai. Sans compter que deux tendances s’opposent : d’une part, nous voulons moins d’émissions, plus d’efficacité et plus d’énergies renouvelables. D’autre part, nous savons que nos besoins en énergie vont augmenter d’ici 2050. C’est pourquoi nous devons intégrer les dimensions d’efficacité et de durabilité à ces objectifs. Le marché de l’énergie doit aussi évoluer : via la multiplication de solutions flexibles chez les opérateurs réseau, via les activités des agrégateurs, mais aussi via le développement de nouveaux modèles commerciaux, de compteurs et d’appareils intelligents, etc. Le consommateur devra aussi prendre conscience de sa consommation énergétique. Comme vous le voyez, tout le monde est concerné.”

Helena Gerard a suivi des études d’ingénieur commercial et a commencé sa carrière chez Engie Electrabel en 2008. Depuis fin 2014, elle travaille comme Senior Researcher chez VITO (l’institution flamande pour la recherche technologique). Dans le cadre de cette fonction, elle a participé au développement d’EnergyVille, un partenariat entre les spécialistes en énergie de VITO, Imec et de la KU Leuven.

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Le magazine IT de Proximus qui s’adresse aux CIO et professionnels IT actifs dans les PME. 

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