Les étoiles filantes : Le destin tragique d’une étoile montante du football français, Seth Adonkor

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Seth Adonkor est mort en 1984, à l'âge de 23 ans. Le jeune prodige du football nantais, qui était sur le point d'intégrer l’équipe de France, s’est tué en voiture, un dimanche d'automne.

De Proximus

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11 juin 1983, nous sommes à la 41ème minute de la finale de la Coupe de France entre Nantes et le PSG. Un ballon repoussé par Dominique Bathenay atterrit dans les pieds de Seth Adonkor. Ce dernier contrôle le ballon en une touche et se donne le temps de la réflexion. Il lève les yeux et voit José Touré à la limite de la surface de réparation. Sa passe, piquée, ressemble à une caresse. Le ballon quitte le sol et arrive à Touré qui, par sa fabuleuse technique, le reprend de volée et l’envoie dans les filets.

Alors que ses coéquipiers applaudissent l'éclair de génie du nouvel international français, Seth Adonkor se repositionne sur le terrain, avec la satisfaction du travail bien fait. Rien de plus. L’esbrouffe, il la laisse aux autres. Cette maturité est l'une des marques de fabrique du joueur de 21 ans depuis qu'il a pris les rênes du milieu de terrain nantais au début de cette saison. Qu’il garde son calme et son sang-froid s’avère justifié puisque le PSG reprendra l'avantage quelques instants plus tard, s'emparant ainsi de sa deuxième Coupe de France d'affilée (3-2).

Un milieu de terrain de rêve

Né au Ghana le 30 octobre 1961, Seth Adonkor quitte son pays à l'âge de 12 ans. Parce que la fratrie suit le nouveau chef de famille, un diplomate français, dont le nom sera plus tard connu dans toute la France, par le biais de son fils adoptif, Marcel Desailly. Adonkor ne maîtrise pas encore le français lorsqu’il débarque dans l’hexagone mais il communique déjà bien balle au pied et là est l’essentiel. Il s'inscrit alors au club de La Mellinet à Nantes où il prend ses premières classes.  

Il se fait ensuite connaître comme l'une des plus grandes promesses du football français : un footballeur polyvalent, à l'aise aussi bien au milieu du terrain qu'en défense centrale. Avec son mètre 80 et ses jambes qui semblent interminables, Adonkor est un milieu de terrain de rêve. Athlétique, endurant, combatif, le jeune Nantais ne lâche jamais rien à l’adversaire. Et, pour ne rien gâcher, il est adroit ballon au pied. Entre 1981 et 1984, il joue 134 matchs pour le FC Nantes, inscrivant deux buts.

Le drame

Le jour fatidique pour le malheureux Adonkor est le dimanche 18 novembre 1984. En raison de la trêve internationale, le championnat de France est en pause. Le club de football de Nantes occupe alors la première place de la première division, un point devant Bordeaux. Seth Adonkor et deux de ses partenaires nantais sont invités à déjeuner à Saint-Nazaire chez les parents d'un autre coéquipier, Laurent Obry. Adonkor prend, seul d’abord, le volant de sa Ford XR3 et s'arrête à La Jonelière pour y cueillir Jean-Michel Labejof, un jeune attaquant de 18 ans qui frappe à la porte de l'équipe première et Sidi Kaba, 17 ans, toujours en formation. Ils circulent sur la voie express Nantes - Saint-Nazaire, une chaussée rendue glissante à cause des récentes pluies.

Il est 12h35. À hauteur de Temple-de-Bretagne, dans une légère courbe à gauche, Adonkor perd le contrôle de son véhicule, probablement victime d’aquaplaning. Sa voiture traverse le terre-plein central. Au même moment, une BMW roule en sens inverse avec, au volant, le sénateur maire RPR de Vertou, Luc Dejoie. Ce dernier, accompagné de sa femme, ne peut rien faire pour éviter la Ford d'Adonkor qui fonce vers lui. Le choc est terrible.

Labejof est éjecté de la voiture et meurt sur le coup. Adonkor, dont la portière a absorbé l'impact, est toujours dans le véhicule mais meurt lui aussi. Sidi Kaba, qui se trouvait à l’arrière, survit à la tragédie mais est gravement blessé aux jambes et au bassin. Sa carrière est terminée avant même d'avoir commencé. Par miracle, Dejoie et sa femme survivent à l’accident.

L’annonce du drame se répand petit à petit. La tristesse est immense. Les réactions sont unanimes. Robert Budzynski, alors directeur sportif du club, résumera parfaitement l'avis général lorsqu'on lui demande de commenter la tragédie : « Ils étaient pour nous l'image de la simplicité, de la joie de vivre. La gentillesse, la correction, l'enthousiasme, ils les apportaient sur le terrain et en dehors ».

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