Badjian : “Me faire drafter en 2K League reste l’objectif ultime.”

Esports | Ce mois-ci, c’est du côté du parquet des terrains de basket-ball de la licence NBA2K que nous emmène l’interview du mois. On y retrouve le joueur professionnel Bryan “Badjian” Badjie, joueur professionnel depuis six ans. 

De Proximus

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C’est au terme de sa saison sous les couleurs de Gameward que nous avons eu l’occasion d’échanger un peu avec Badjian, défenseur pour la formation française. Une grosse demi-heure de discussion au cours de laquelle le jeune homme de 24 ans nous a livré son avis sur ses débuts, l’état de l’écosystème européen en n’oubliant pas de mentionner son objectif final : la NBA 2K League. 

Salut Badjian. Quelques semaines après la fin de la saison de la ligue française à laquelle tu participes avec Gameward, comment te sens-tu ?

Franchement ça va très très bien! On arrive vers la fin de la saison, toutes les plus grosses compétitions sont terminées. Du coup c’est le moment de récupérer un maximum d’énergie et de respirer un peu après cette période chargée en émotions. 

Pour ceux qui ne te connaissent pas, tu peux te présenter en quelques mots ? 

Bien sûr. Moi c’est Bryan, aka Badjian ! Je suis arrivé sur la licence 2K en 2013 grâce au youtubeur CodJordan23, qui réalisait à l’époque des vidéos sur le jeu. Par la suite, je me suis lancé dans le circuit compétitif vers 2018-2019 et je suis devenu l’un des premiers acteurs de la scène 2K en Europe et surtout en Belgique. J’ai notamment participé aux championnats de Belgique et aux championnats de France. C’est comme ça que je me suis fait repérer par l’AS Monaco et que ma carrière s’est réellement lancée. 

J’ai d’ailleurs entendu dire que cette carrière d’esportif avait débuté sur un tout autre jeu que NBA2K… 

En effet ! À la base, je suis un footeux donc j’étais à fond sur la licence FIFA. Je participais aux championnats de Belgique, qui étaient organisés par EGO et où j’avais été éliminé en quarts de finale en faisant de très bons résultats. La transition s’est faite un peu par hasard. Un jour, j’ai juste vu qu’une compétition de 2K était organisée dans un magasin de sneakers à Bruxelles. Avec deux potes on s’est dit “Pourquoi pas ?”. Finalement, on s’est qualifiés pour les finales qui se déroulaient dans un cinéma à Eindhoven. Je me rappelle que j’étais tombé face au triple tenant du titre et que je l’avais battu. Suite à ça, je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose à faire et j’ai cherché d’autres compétitions.


© Gameward

Alors que tu disputais beaucoup de compétitions en 1V1 à l’époque, tu es aujourd’hui professionnel dans le mode Pro-Am (où chaque joueur contrôle son personnage sur le terrain; ndlr), ce changement de mode de jeu s’est fait suite à quelque chose en particulier ? 

De manière générale, c’est le mode qui s’est le mieux développé en termes d’esport. Par exemple, en 2K League (le plus gros circuit atteignable sur le jeu) c’est devenu le mode prédominant. Il est beaucoup plus adapté à un modèle compétitif : on est 5 sur un terrain et tout tourne autour du collectif, que ce soit dans la communication in-game ou même dans le gameplay. Si un joueur fait une erreur, on est obligé d’essayer de rattraper la situation. Avec un peu de recul, c’est aussi un mode que je préfère, justement à cause de cet esprit collectif. Ça rappelle l’ambiance des vestiaires au sport quand on était petits. “Rires” 

Un modèle qui change totalement des autres jeux de sports populaires comme FIFA par exemple, où le Club Pro est beaucoup moins développé. 

La plus grosse différence, à mon sens, c’est que le mode Pro-Am est accessible à tous. Déjà, il ne faut pas réunir onze personnes pour pouvoir jouer ! “Rires”  De plus, il y a un aspect de personnalisation de son joueur qui prend beaucoup plus de place en Pro-Am. On crée notre propre joueur et on lui donne les caractéristiques qu’on veut. Grâce à cette mécanique, on essaye vraiment d’obtenir une osmose au sein de l’équipe. Cinq meneurs sur un terrain ça ne sert à rien. 


© Gameward

Ça rajoute une couche de stratégie supplémentaire au jeu du coup…

Exactement! Ce que j’aime beaucoup, c’est que tout est attaquable et à l’inverse, toutes les stratégies de l’adversaire peuvent être défendues. Au-delà des mécaniques du jeu, qu’il faut apprendre et maîtriser, tout bon joueur se doit de savoir s’adapter à n’importe quel style de jeu, et ce à n'importe quel moment du match.

De ce que tu me dis, ce jeu de stratégie peut totalement empêcher des individualités de s’exprimer, à l’inverse d’autres jeu où quelqu’un de bon mécaniquement peut littéralement remporter la partie seul. C’est exact? 

Tout à fait. Ça semble logique mais il faut le rappeler : la notion d’équipe est hyper importante. C’est d’ailleurs quelque chose qui se fait beaucoup ressentir dans les classements. On ne voit jamais une équipe remporter une saison régulière en étant invaincue. Prenons l’exemple de LDLC. Ils ont été l’équipe la plus dominante sur le circuit européen cette année en remportant 10 des 14 titres majeurs. Quand on observe leurs résultats, il leur est souvent arrivé de perdre une manche d’un BO. La grosse différence que l’équipe fait, c’est dans sa capacité à s’adapter au style de jeu adverse. 

Parlons un peu de la saison que vous venez de faire avec Gameward ! Vous terminez notamment sur un TOP 3-4 en championnat de France. Quels mots tu mettrais sur votre performance de manière générale ?

La saison qu’on a vécue était clairement plus compliqué que ce à quoi on s’attendait, qui plus est avec l’étiquette de favoris qu’on nous avait mis sur la tête. On a réalisé une première moitié de saison assez correcte, mais certaines équipes françaises ont réussi à mieux s’adapter, on y revient encore, lors de la suite de la saison et aller chercher des titres. Je pense que la seule déception du groupe serait peut-être de ne pas avoir réussi à aller accrocher une coupe. 


© Gameward 

Au-delà du niveau montant de certaines autres formations, qu’est ce qui vous a manqué ? 

C’est compliqué à dire. Je pense que notre éthique de travail nous a fait défaut. On a un roster très talentueux, c’est indéniable. On sait ce qu’on doit faire en règle générale mais on ne prenait pas le temps d’analyser les erreurs qu’on faisait et de se dire “Ça, il ne faut plus que ça arrive.”. Quand j’entendais un peu le vocal des autres équipes, c’était beaucoup plus méthodique à ce niveau-là.

Tu as annoncé il y a plusieurs jours que tu explorais tes options pour la saison prochaine. Comment envisages-tu le futur ? 

Mon objectif principal, c’est de rejoindre la 2K League. Je veux tout faire pour y arriver un jour, même si je sais que c’est un peu plus compliqué pour les Européens parce que les équipes américaines ont plus l’habitude de drafter (sélectionner un joueur lors de la draft annuelle; nldr) des joueurs américains. Pour avoir une chance d’être drafté, le meilleur moyen reste de dominer l’Europe et de remporter l’Invitational pour aller aux States. 

Justement, en 2020 tu remportes le prix du “Rookie de l’année” lors des Belgian Games Awards après avoir été invité pour disputer l’Invitational à Londres. Deux années plus tard, es-tu satisfait de ta progression ? 

C’est une très très bonne question. À l’époque, j’étais très très proche d’être éligible pour être drafté. Depuis cette période, je n’ai plus été éligible donc soyons honnêtes : ça fait un peu mal de se dire que j’aurais pu y aller, surtout qu’on a remporté l’Invitational cette année-là. Si on l’a fait une fois, je n’ai aucun doute que je peux le remporter une nouvelle fois et retenter ma chance à la draft. 

De plus, les règles d’égibilité ont changé récemment, non? 

Oui. Avant, même si on remportait l’Invitational, rien n’était sûr. À mon sens, l’évènement était plus organisé pour scooter des joueurs bien précis, tandis que d’autres moins connus étaient plus mis de côté. D’autres chemins de qualification ont aussi été mis en place, comme les tournois en 3V3, auxquels je me suis d’ailleurs essayé cette année. 

Au vu de la différence de moyens déployés en Amérique du Nord et en Europe, tu pense que le jeu a un avenir compétitif ici ou que tout a vocation à se passer là-bas dans le futur ? 

Très sincèrement, je pense qu’il a un avenir prometteur en Europe. Seulement, pour être sûr que ça soit durable il faudrait qu’on ait une instance 2K européenne qui soit plus indépendante. Actuellement, tout doit être validé par 2K aux États-Unis avant que quoi ce soit ne soit implanté en Europe. Ça ralentit un peu la chose malheureusement. Après si on veut être tout à fait honnête, le circuit est plus structuré en Europe qu’aux États-Unis à proprement parler. Là-bas, la saison ne dure que six mois et après ce sont les joueurs qui se réunissent entre eux pour disputer des compétitions et remporter des cash-prizes, sans forcément avoir une structure derrière. 

On a une dernière question pour toi. La dernière fois qu’on s’était parlés, je t’avais demandé de composer un cinq de légendes NBA. Trois ans après, voyons si ton cinq a changé… 

Aie aie aie… Déjà, je suis obligé de mettre mon gars Lebron James en ailier. Me connaissant, j’ai d’office mis Kyrie Irving en meneur… En pivot, je choisirais Shaquille O’Neal. À l’arrière, je suis obligé de prendre Jordan. C’est vraiment le meilleur joueur de tous les temps. En ailier fort c’est un peu plus compliqué… Allez, va pour Tim Duncan ! 

Et bien, c’est un quatre sur cinq ! Tes goûts ont peu changé ! On espère que la prochaine saison sera la bonne pour la draft, bonne chance Badjan !

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