Pickx @ le festival : Phoebe Bridgers à Rock Werchter

Rock Werchter |

"I'm not afraid of anything at all (ndlr : Je n'ai peur de rien du tout)", chante Phoebe Bridgers au début de la chanson ‘Sidelines’. Elle ajoute ensuite une liste des peurs les plus courantes, comme les tremblements de terre, les accidents d'avion et le fait de grandir en général. Elle est la fière représentante d'un rock indépendant plein d'émotion à Rock Werchter, présente le samedi 2 juillet. Proximus Pickx dresse le portrait de cette chanteuse dont les chansons folkloriques sont à la fois drôles et sinistres.

De Proximus

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Dans le monde de Phoebe Bridgers, même la plus pure des chansons d'amour semble teintée de nostalgie. L'Américaine, que certains voient même comme la prochaine Bob Dylan, excelle pour chanter la tristesse. Son ouverture d'esprit, on la ressent tant dans ses chansons aux paroles et mélodies mélancoliques que sur les réseaux sociaux. 

Adolescence difficile

Phoebe Bridgers (27 ans), née à Los Angeles, a été attirée par la musique dès son plus jeune âge, en partie grâce à la collection de disques de son frère, Jackson Bridgers (du nom du musicien Jackson Brown). Mais son envie de faire de la musique s'est décuplée  lorsqu'elle a découvert, à 13 ans, le travail de celui qui est encore aujourd'hui son idole : la légende très regrettée Elliott Smith.

Bien qu'elle ait souffert d'une dépression à l'adolescence, elle a choisi d'intégrer la prestigieuse Los Angeles County High School for the Arts. Et elle est sûre d'une chose : l'école l'a aidée à cultiver une éthique de travail. "Je ne sais pas ce que mes expériences de vie m'ont appris sur l'écriture de chansons, mais à l'époque, je chantais tous les jours et je suivais aussi des cours de théorie musicale", dit-elle.

Au lycée, la musicienne s'est également questionnée sur son orientation sexuelle et son identité de gnre. Elle a finalement fait son coming-out en se déclarant bisexuelle. Une annonce qui ne s'est pas bien déroulée auprès de sa famille, d'autant que son père se montrait violent et maltraitait sa mère. "C'était l'exemple même de la violence domestique", dit Phoebe Bridgers à propos de cette situation. Mais une fois encore, la musique offre un réconfort. Pour échapper à la violence, sa mère l'accompagnait par exemple à des concerts. Ce fut donc un grand soulagement quand ses parents ont divorcé quand elle avait 20 ans.

Débuts de carrière

Pendant ce temps, Phoebe Bridgers avait également commencé à se produire en concert. D'abord au lycée, avec le groupe punk féminin Sloppy Jane, dont la chanteuse se dénudait souvent pendant les représentation. Plus tard, elle se produit en solo à Los Angeles. Lors d'un de ces concerts, elle est repérée par l'ancien avocat de Lemonhead, John Strohm. Il l'a immédiatement repérée pour son charisme et son magnétisme, mais aussi pour la puissance de son écriture et son incroyable voix. Strohm a aidé Bridgers à décrocher un contrat avec Dead Oceans, le label indépendant avec lequel elle travaille toujours aujourd'hui et où elle a depuis créé son propre label, Saddest Factory.

À cette époque, Phoebe Bridgers a également été présentée au chanteur-compositeur Ryan Adams, qui l'a immédiatement fascinée.  À ce titre, Adams a aidé Bridgers à produire son premier EP, ‘Killer’ (2015). Leur relation et leur collaboration ont cependant mal tourné par la suite. Malgré une différence d'âge de 20 ans, les deux artistes ont vécu une relation amoureuse. Mais comme Adams se montrait plutôt possessif et lui envoyait constamment des SMS pour savoir où elle était, Bridges a mis fin à la relation. Plus tard, elle a tenté de travailler à nouveau avec Adams en faisant sa première partie lors de quelques concerts. Mais, dès le premier jour, il lui a demandé de lui apporter quelque chose dans sa chambre d'hôtel et elle l'a retrouvé complètement nu. Elle a donc mis fin, pour de bon, à toute relation avec lui. 

Deux ans plus tard, alors qu'elle gagnait sa vie grâce à des rôles dans des publicités, son premier album, ‘Stranger in the Alps’, fait sa sortie. Au cours de la production, "des musiciens incroyables sont arrivés sans prévenir", comme T Bone Burnett, Blake Mills ou certains membres du groupe Bright Eyes.

Le nom de Phoebe Bridgers a suscité un certain engouement dans l'industrie musicale, mais elle ne souhaitait pas faire une carrière solo. Avec Julien Baker et Lucy Dacus, elle a formé Boygenius et le groupe a également sorti un EP en 2018. Avec Conor Oberst de Bright Eyes, elle s'est ensuite replongée dans Better Oblivion Community Center, qui a sorti un album en 2019.

En plus de ces deux collaborations marquantes, elle a également fait de la musique avec des noms comme Fiona Apple, Matt Berningger de The National, ou des groupes comme Lord Huron.

­Moins de doutes sur soi

En 2020, elle sort son deuxième album, 'Punisher'. Ce disque est un succès immédit, acclamé par la critique. Il lui vaut également 4 nominations aux Grammy Awards. Pour elle, cet album est boosté par son expérience au sein d'autres groupes, mais aussi par sa confiance en elle décuplée. Petit à petit, elle a commencé à se sentir mieux dans sa peau, à moins douter d'elle-même, même si elle suit encore aujourd'hui une thérapie.

Son succès s'explique aussi par ses publications humoristiques sur les réseaux sociaux. Bridges ne mâche pas ses mots et ses comptes Instagram et Twitter sont truffés de mèmes amusants, de réflexions cocassees ou d'observations drôles.

Fun fact : au début de sa carrière, de grands noms masculins de l'industrie du disque ont conseillé à Bridgers de ne pas en faire trop en ligne, car ils estimaient que sa musique et sa présence dans les médias ne correspondaient pas. Une chose sur laquelle elle est très claire, c'est qu'il y a une différence assez évidente entre la façon dont les femmes et les hommes sont traités dans le monde de la musique. "C'est un putain de double standard", dit-elle.

Enfin, Phoebe Bridgers a tiré bien des leçons de la pandémie de coronavirus, une période pendant laquelle elle n'a pas pu donner de concerts. "Je n'avais pas réalisé à quel point je dépendais des gens qui me criaient dessus tous les soirs (rires)", a-t-elle déclaré à Rolling Stone. On parie qu'elle va rattraper le temps perdu à Rock Werchter ?

Phoebe Bridgers jouera à Rock Werchter le samedi 2 juillet. Son concert est prévu à la Grange, à 16h35.


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