Emiliano Bonfigli évoque le succès des Red Flames : "Elles ont franchi un cap au niveau psychologique"

Red Flames | Commentateur attitré des Red Flames pendant toute la période des qualifications pour l'Euro 2022 sur RTL TVI, le journaliste sportif Emiliano Bonfigli a également sorti deux ouvrages sur notre équipe de Belgique féminine de football avant le début de l'Euro 2022. Proximus Pickx est parti à sa rencontre à l'approche du tournoi.

De Proximus

Partager cet article

Bonjour Emiliano Bonfigli ! Tout d'abord, pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes venus à écrire deux livres, un à destination des enfants et l'autre des adultes, sur les Red Flames ?

Emiliano Bonfigli : "Tout part du fait que je commentais les matchs des Red Flames sur RTL TVI. J'avais déjà suivi l'Euro 2017 d'un oeil intéressé en tant que passionné de foot. Mais quand j'ai commenté les rencontres de qualification en vue de l'Euro 2022, je me suis renseigné sur les joueuses. Tu lis alors les articles qui trainent et tu te rends compte qu'il n'y a pas grand chose sur le sujet.
J'ai ensuite été contacté par les éditions Kennes, l'éditeur officiel de l'Union belge de football, qui voulaient sortir un livre sur notre équipe nationale féminine avant l'Euro. Ils l'avaient déjà fait pour les Diables mais pas encore pour les Red Flames. Je me suis donc dit pourquoi pas puisque je les commente et je connais un peu les joueuses. Au niveau journalistique, surtout sur l'aspect écriture, c'était un travail intéressant. Et puis j'ai eu envie de le faire car je me disais que c'était participer aussi à un mouvement qui est en train de grandir, qui intéresse de plus en plus de monde et qui en vaut la chandelle."

Vous vous êtes entretenus avec de nombreuses joueuses belges pour la confection de votre ouvrage. Quel sentiment ressort de ces rencontres ? 

E.B. : "Ce sont des sportives très sympathiques, facilement disponibles et qui ne se prennent pas la tête. Mais, avant toute chose, elles méritent le succès qu'elles sont en train de connaître. Ce sont des sportives qui donnent beaucoup d'elles-mêmes pour faire leur sport. Elles n'ont clairement pas les mêmes facilités que les hommes mais elles font ce métier par passion. Il est impossible de ne pas évoquer la différence de salaire qui s'explique, certes, par différents paramètres mais qui les impacte au quotidien puisque la plupart ne sont pas professionnelles ou ne l'ont pas toujours été.

Le parcours des joueuses est incroyable. Janice Cayman, par exemple, m'a expliqué qu'elle travaillait auparavant dans un supermarché la journée et qu'elle jouait la Ligue des champions le soir. Tine De Caigny, elle, qui a gagné le Soulier d'Or en Belgique, vendait des chaussures de sport le matin avant de se produire avec Anderlecht. Tessa Wullaert, pour sa part, était étudiante à l'époque en secondaire à Waregem. Tous les jours, après l'école, elle prenait la voiture pour aller s'entraîner à Liège avec le Standard. C'est quand même la preuve d'un gros courage et d'une belle force de caractère."

Vous avez suivi l'équipe de Belgique féminine de football pendant plusieurs années. Que pensez-vous du niveau actuel des Red Flames par rapport au gratin mondial ? 

E.B. : "Par rapport à 2017, j'ai l'impression que c'est plus solide. Elles ont plus d'expérience. Elles se sont qualifiées pour l'Euro en battant leur éternel bourreau, la Suisse, sur le score de 4-0. Elles ont franchi un cap au niveau psychologique pour moi. Mais le plus dur arrive. Il faut voir ce qu'elles vont faire à l'Euro. Il faut faire attention à la stagnation désormais.

De manière plus générale, le football féminin a encore une grosse marge de progression, surtout en Belgique. À l'heure actuelle, pour être compétitives, il faut que les Red Flames partent jouer à l'étranger pour grandir car, pour une majorité écrasante, elles ne peuvent pas être professionnelles dans les clubs belges. Il n'y a pas de secret, ceux-ci doivent investir davantage si on veut rivaliser avec les plus grands."

De par votre expérience sur le terrain avec les Diables Rouges et les Red Flames, jugez-vous que tout est désormais mis en oeuvre pour que nos joueuses soient dans les meilleures conditions pour performer ?

E.B. : "En équipe nationale, je dirais oui. La Fédération met un point d'honneur désormais à ne plus faire de différence entre nos messieurs et nos dames en offrant le même cadre aux Flames et aux Diables. Le sélectionneur Ives Serneels y est pour beaucoup aussi. De plus en plus de joueuses peuvent également bénéficier à l'étranger d'un encadrement plus pro, plus adapté au sport de haut niveau. Mais, comme je l'ai déjà dit, au sein des clubs belges c'est moins le cas. Tant que les joueuses ne pourront pas vivre de leur sport, elles manqueront de compétitivité."

Avez-vous senti une évolution dans le regard des supporters vis-à-vis de notre équipe nationale ?

E.B. : "Le public des Red Flames a toujours été très familial. Au début, quand les joueuses se produisaient dans des petits stades, il y avait les fidèles supporters de nos couleurs belges et les familles. Le public a grandi par la suite mais il n'a pas versé dans la tension et le stress comme on peut le ressentir chez les Diables.

D'un autre côté, il y a clairement quelque chose qui s'est passé au niveau du public. Les joueuses le disent toutes, le tournant a eu lieu à l'Euro 2017. Elles se sont senties soutenues et, même avec le temps, elles n'en sont pas blasées. Elles prennent ce support comme une récompense. Si jamais elles devaient aller loin dans une grande compétition, tu pourrais avoir 8, 9 ou 10 000 supporters qui viendraient les soutenir pour un match."

Justement, quelles sont les chances pour vous de la Belgique à l'Euro 2022 dans un groupe comprenant la France, l'Italie et l'Islande ?

E.B. : "La France est la grande grande favorite de notre poule. Mais les 2 premières se qualifient pour le tour suivant donc il y a vraiment match pour la deuxième place. Le premier duel est toujours très important. En 2017, elles étaient très nerveuses et elles avaient avoué qu'elles n'étaient pas elles-mêmes. Le but est vraiment d'avoir ici un huitième de finale en quelque sorte lors du 3ème match contre l'Italie. Pour moi, elles sont capables d'aller en quart mais il faudra franchir un cap."

Les matchs de préparation ainsi que l'Euro 2022 des Red Flames sont à suivre sur la RTBF ou sur Pickx.be ou l'app de Proximus Pickx. Via TV Replay, vous pouvez regarder le programme jusqu'à 36 heures plus tard quand vous le souhaitez, ou également sur le site ou l'app 7 jours après sa diffusion !

Ce samedi 25 juin aura également lieu le tout premier fan day des Flames à Tubize. Une belle occasion de rencontrer vos joueuses préférées mais aussi de garnir votre bibliothèque avec les ouvrages d'Emiliano Bonfigli 'Belgian Red Flames' (version enfant à 16,90 euros et adulte à 29,90 euros aux Editions Kennes).

Regardez tout ce que vous aimez, où et quand vous voulez.

Découvrez Pickx Se connecter

Top

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

Top