Les Etoiles Filantes : Steve Gleason, icône de la Nouvelle-Orléans

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En 2005, la Nouvelle-Orléans est frappée par l’ouragan Katrina. Il détruit tout sur son passage. Mais la ville de Louisiane va se reconstruire grâce à des personnes comme le héros de NFL, Steve Gleason. Récit.

De Proximus

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Le dimanche 28 août 2005, l'ouragan Katrina prend de l’ampleur dans le Golfe du Mexique. En l’espace de quelques heures, il passe de la catégorie 3 à la catégorie 5. La pire. Quand il déboule sur la Nouvelle-Orléans, les vents soufflent jusqu'à 280 km/h. Cette tempête laisse derrière elle des paysages de désolation, et plus de 1800 morts. Des maisons de la côte jusqu’au Superdome situé dans le nord de la ville, tous les bâtiments ont subi des dégâts.

Le coach Sean Payton

Steve Gleason vit au plus près de la misère qu’a laissé Katrina sur sa route. Il habite en Nouvelle-Orléans depuis six ans. "Dans une certaine mesure, dit-il à l’époque, je comprenais la culture et la mentalité de cette ville, même si je n'étais pas né ici. J'avais la Nouvelle-Orléans en moi et, un an après Katrina, je mesurais la souffrance de la population." Le safety des New Orleans Saints vient de faire connaissance avec son nouveau coach, Sean Payton. A 42 ans c'est sa première expérience à ce poste en NFL.

Peu après sa venue, il réunit ses joueurs pour un entrainement surprise. Il les fait s’asseoir au milieu du terrain et demande que la salle soit plongée dans le noir. Sur un écran géant, une vidéo de cinq minutes retrace les treize derniers mois de souffrance que Katrina a causé. Quartier après quartier, les gens hurlent "Go Saints !", "Nous sommes avec vous".

Le coach explique alors à ses joueurs : "Mon boulot de coach, c'est de vous préparer. Et la seule façon de le faire, c'est de recréer autant que possible ce que vous allez vivre lundi. Vous avez vu ces gens ? Ils seront là lundi soir. On ne peut pas les laisser tomber. Si nous perdons, ce sera juste un match comme les autres. Mais si nous gagnons, je vous promets que ce sera unique." Ce match, c’est le premier qui a lieu dans le Superdome depuis la catastrophe. Il oppose les Saints à Atlanta et il va changer l’histoire de la NFL, l’histoire de la Nouvelle-Orléans.

Le match de la renaissance

Le jour-j, le stade est rempli de 75 000 personnes et de presque autant en dehors. On peut apercevoir George Bush père, Bill Clinton, Spike Lee ou encore Harry Connick Junior. C’est presque un Superbowl. D’ailleurs, la mi-temps est assurée par un show de Green Day et U2. Rien que ça !

Sur la pelouse, Steve Gleason est déterminé et passionné. Son coach s’en souvient encore. "Il n'était pas grand, il ne savait pas trop quel était son vrai poste, safety ou linebacker. Mais si vous lui donniez une mission précise, n'importe laquelle, il se plongeait dedans à fond." Et c’est ce qu’a fait Gleason. Sur la première série offensive d’Atlanta, Gleason surgit. Il contre le punter des Falcons et sert Curtis DeLoach qui inscrit le touchdown. Le stade exulte face à cette action impressionnante de Gleason. Les New Orleans Saints survolent le match : victoire 23 à 3. "Je crois que, ce soir-là, que vous soyez de New York ou de Los Angeles, de Boston ou de Chicago, si vous n'étiez pas un supporter des Falcons, vous étiez derrière les Saints", a confié le coach de la soirée, Sean Payton.

Un destin prestigieux, mais dramatique

Après le match, la séquence est si emblématique que la NFL la désigne en 2009 "plus grand moment de la décennie". En juillet 2012, une statue de bronze reproduisant l'action devenue culte sera inaugurée sur le parvis du Superdome. Baptisée "Rebirth". Steve Gleason devient une icône en Nouvelle-Orléans. Il symbolise la renaissance de cette ville jadis dévastée par Katrina. Mais en 2011, son destin prestigieux vire au drame.

En janvier de cette année, il lui est diagnostiqué la maladie de Charcot. Cette maladie dégénérative cause une déconnection des fonctions musculaires et vitales. Elle oblige Steve Gleason à se déplacer en chaise roulante, et à arrêter le sport. Lorsqu’il annonce la nouvelle au grand public, il est invité à donner le coup d'envoi du match contre Houston, au Superdome. L’espérance de vie de la maladie de Charcot est de trois à cinq ans. Mais aujourd’hui, en 2022, Steve Gleason est toujours là, solide comme la renaissance de la Nouvelle-Orléans.

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