Eversax : “Être compétitif et devenir joueur professionnel, c’est très différent”

Esports | Ce mois-ci, c’est le nouveau coach de l’équipe Rocket League de la Karmine Corp qui nous a accueilli sur Discord pour une petite discussion. On vous emmène à la rencontre de Wagner "Eversax" Benjamin. 

De Proximus

Partager cet article

Alors qu’il avait annoncé son retrait de la scène compétitive à l’aube de l’année 2021, c’est en tant que coach principal de la Karmine Corp, l’une des organisations les plus en vue du paysage esportif européen, qu’Eversax a fait son retour. Après quelques mois, dont plusieurs en sous-marin, passés au sein de la structure, le Belge s’est libéré quelques dizaines de minutes afin de se livrer à nous. Une occasion de discuter de la carrière de joueur professionnel, de sa nouvelle expérience de coaching, et bien évidemment de son recrutement surprise par la Karmine. 

Hello Eversax! On va commencer par la question classique de notre interview du mois: peux-tu me dire quel est ton premier souvenir sur les jeux-vidéo ?

Forcément, c’est lié à mon grand frère mais aussi à mes parents qui eux aussi aimaient bien jouer. Du coup j’ai toujours été habitué à avoir un pc et une console dans le salon dès qu’elles ont commencé à sortir. Je crois que les premiers souvenirs, c’était plutôt sur Counter-Strike 1.6, un jeu que mon frère adorait. Je me rappelle qu’à l’époque, je lançais une partie contre des bots en utilisant un wallhack pour les tuer. D’ailleurs, mon compte est toujours VAC BAN à l’heure actuelle, ça doit faire 12 ans!  *Rires*. Ensuite j’ai passé beaucoup de temps sur World of Warcraft. 

À l’époque, on est encore bien loin d’une carrière esportive sur Rocket League… 

Oui, je le dis très souvent mais j’ai vraiment été un “iencli” des jeux-vidéos. J’ai joué à peu près à tous les jeux-vidéo connus : Call Of Duty, FIFA, Battelfield, World Of Warcraft, League Of Legends, Counter-Strike… Je suis vraiment passé par tout ! 

Du coup, à quel moment un joueur assez casu se dit qu’il va se lancer compétitivement sur un jeu comme Rocket League ? 

Étonnement, ça c’est fait vraiment très tard. J’avais acheté Rocket League, pensant que mes amis qui jouaient à League of Legends allaient faire de même. Finalement, je me suis retrouvé à jouer bien 200 heures dans le mode 1v1 avant qu’ils ne me rejoignent. Petit à petit, on a progressé. À un moment, je suis arrivé dans le top 100 mais même à cette période je n’étais pas du tout dans une approche compétitive. Je jouais juste pour m’amuser. J’ai commencé à me dire qu’il y avait quelque chose à faire quand je suis arrivé sur le serveur 6Mans, qui permet à des joueurs du même rang de s’affronter. Je commençais à faire des matchs contre des Kassio, AztraL, Kaydop… 

Tout ça de manière amateure ?

À l’époque, il y avait les tournois Gfinity. C’était des compétition organisées trois fois par semaine et qui mettait en jeu un cashprize de 250€. Quand on fait le calcul, si tu remportais les trois ça faisait déjà une petite somme par semaine ! Du coup, avec les gens de 6Mans on les faisait assez souvent. Au vu des résultats qu’on faisait, j’ai commencé à prendre goût à tout ça : la compétition, la pression qui en découle, l’état d’esprit de tryhard pour être le meilleur, etc.. 

Tu ne regrettes pas d’avoir eu ce déclic un peu plus tôt ?  

J’ai toujours voulu être compétitif sur les titres auxquels je jouais, mais entre vouloir être compétitif et devenir joueur professionnel, il y a un monde de différence. Je pense d’ailleurs que c’est l’erreur que beaucoup de jeunes joueurs font : vouloir être professionnel avec très peu d’expérience. Ça crée tout un tas de frustrations, alors que tryhard en s’amusant et sans enjeu c’est bien plus bénéfique pour le joueur. 

Il y a quelques semaines, la Karmine Corp, l’organisation la plus populaire de France ces derniers mois, annonçait ton recrutement en tant que coach principal. Quand on est annoncé dans une structure pareille après plus d’un an de pause, on ressent quoi ?

En réalité, c’est juste un truc de fou! *Rires* Quand la KCorp a annoncé mon recrutement, j’ai reçu des centaines de messages de soutien de fans et de gens qui voulaient donner de la force. Et quand on joue, ce genre de sentiment est décuplé, que ce soit dans la victoire ou la défaite. On se rend vraiment compte de la communauté qu’on a derrière nous. En plus de ça, c’est toujours une organisation que j’ai soutenu et apprécié. On peut dire que c’est clairement un rêve de rejoindre une structure que j’admire comme ça. 



Comment s’est passé ton recrutement ? 

Je connaissais déjà AztraL et Itachi depuis longtemps. Ils respectaient plutôt ma vision du jeu et on m’a proposé la place coach pour instaurer un peu de changement au sein de l’équipe. J’ai travaillé dans l’ombre quelques mois avec eux, notamment pour le troisième événement de la période hivernale, avant d’être annoncé officiellement. 

En janvier 2021 lorsque tu avais annoncé ta mise en retrait par rapport à l’esport, tu expliquais vouloir remettre l’amusement au centre de tes préoccupations. Qu’est ce qui a changé ?

Avec un peu de recul, le fait de vouloir me concentrer sur la création de contenus n’avait pas grand chose à voir avec un potentiel dégoût de la compétition. J’étais juste dans un mauvais schéma de pensée. J’étais beaucoup trop critique avec moi même et en conséquence, je marchais plus à la frustration qu’à la motivation.

Qui plus est, être coach est très différent d’être un joueur… 

Exactement, en tant que coach tout ce que tu fais est entre tes mains, ce sont des choses que tu peux maîtriser. Pour prendre un contre-exemple : quand tu es joueur, tu ne décides pas forcément de ta forme du jour. Tu ne peux pas être le meilleur joueur du monde tous les jours. Quand tu es coach, être concentré, attentif, trouver la bonne manière d’aborder certaines choses avec certains joueurs, c’est vraiment des concepts que tu peux contrôler. Dans l’esprit, ça change tout à ma manière d’encaisser les résultats. 

Dans les changements pratiques qu’impose un glissement vers le rôle de coach, comment tu t’en sors ? Tu arrives à trouver ton rythme? 

Pour être très honnête, j’apprends tous les jours sur le tas. Même si j’avais déjà réalisé des coachings individuels, prendre en charge une équipe complète c’est encore différent. Quand j’ai des choses à dire aux joueurs, je le fais bien évidemment. Mais j’attends d’eux qu’ils fassent la même chose et j’ai été très clair là-dessus. Ça permet de faire progresser tout le monde. 

Il y a des aspects sur lesquels tu as déjà constaté une belle progression de ton côté?

Je sens que je progresse beaucoup sur le côté humain et relationnel. En plus de ça, j’apprends à connaître l’équipe de manière professionnelle, malgré le fait que je connaissais déjà deux joueurs. Ça me permet de comprendre comment aborder tel sujet avec tel joueur pour que tout soit intégré et de manière positive. Chaque personne a sa manière de fonctionner et c’est à moi de m’adapter pour que tout roule. Quand je veux essayer quelque chose, on en parle ensemble et j’essaye de voir comment l’équipe réagit à l’idée. Il n’y a rien de pire que de forcer des joueurs à adopter un système qu’ils ne valident pas. 

Comment vous vous séparez les tâches avec Arleyobi, qui est passé à la place du coach assistant? 

Se diviser les tâches de coaching pur serait trop compliqué. Pour l’instant, Arelyobi assure plus les tâches de management avec les joueurs tandis que je me charge de tout ce qui se passe in-game. 

Quand on joue pour la KCorp, est-ce qu’il n’y a pas un petit mental boost au vu de la communauté qui vous supporte? Ou au contraire, une pression plus grande ? 

Personnellement, j’essaye vraiment de ne pas me mettre de pression? À côté de ça, une des grandes chances qu’on a, c’est que notre communauté est vraiment très peu toxique. Le fait de savoir que si tu perds, les gens vont plus vouloir te donner de la force que de t’enfoncer, c’est un vrai plus.

Vous avez réalisé un bootcamp durant plusieurs semaines, comment ça s'est passé ? 

Ça s'est vraiment bien passé. On venait de recruter noly donc en plus de l’aspect compétitif ça a permis de tisser un peu des liens au sein de l’équipe, au vu du fait qu’on logeait dans le même AirBnb. C’est vraiment un des aspects les plus importants pour moi dans un bootcamp : le relationnel. Rencontrer une personne dans la réalité, c’est dépasser un certain stade. Ça change totalement la manière de fonctionner avec quelqu’un.

Depuis le début de la saison, les résultats sont un peu en demi-teinte. Selon toi, il manque quoi pour aller un peu plus loin ? 

C’est dur à dire. Pour moi, personne ne s’attendait à ce que le niveau des équipes européennes soit si haut et si serré. Une équipe peut faire TOP 2 lors d’un event et terminer 16ème à celui d’après. Quand ils ont rejoint l’équipe, ils ont remporté le tournoi WePlay de pré-saison et s’attendaient à faire les mêmes résultats en RLCS. 

Après le dernier Major raté, on s’est dit qu’il nous restait un split pour sauver la saison. Et on a fait TOP 6 au premier event printanier donc je pense que c’est clairement bien. (La Karmine Corp s’est classée troisième du deuxième event régional printanier, quelques jours après l’interview; nldr).

Au final, quel est l’objectif de cette fin de saison ? 

Le principal c’est de représenter la structure et de porter haut ses couleurs. 

Après, on veut au minimum faire le Major de printemps. En ce qui concerne les Worlds, il y aura des éléments qui seront hors de notre emprise concernant les slots attribués aux différentes régions. Avant, six équipes européennes pouvaient se qualifier pour les Worlds, wildcards comprises. Cependant, avec les résultats désastreux de l’Europe à l'international, l’Amrique du Sud a récupéré un slot. Au prochain Major, il faudra donc que le TOP 4 européen se situe devant le top 1 sud-américain pour le récupérer. Même si on va au Major, les Worlds ne seront donc pas garantis. 

Vous êtes confiants dans vos chances d’y arriver ? 

Joker! J’ai un karma très sensible donc je vais éviter de trop parler ! *Rires¨

Regardez tout ce que vous aimez, où et quand vous voulez.

Découvrez Pickx Se connecter

Top

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

Top