Leçon de cinéma sud-coréen sur la Croisette, avec le dernier Park Chan-wook

Cinéma | Trois ans après la Palme d'Or pour "Parasite", de Bong Joon-ho, son compatriote Park Chan-wook a prouvé à nouveau lundi à Cannes la vitalité du cinéma sud-coréen avec "Decision to Leave", thriller aussi complexe que virtuose.

De Belga

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Le film marque le retour en compétition et sur grand écran du réalisateur de 58 ans, huit ans après "Mademoiselle".

Dans "Decision to Leave", un inspecteur de police enquête sur la chute mortelle d'un homme dans les montagnes. Imperturbable face à la mort de son mari, la veuve est mise sous surveillance et fait figure de principale suspecte.

Entre l'inspecteur méthodique et insomniaque, qui passe ses nuits à planquer car il ne peut pas dormir, et cette femme énigmatique et fascinante, qui s'exprime dans un mélange de chinois et de sud-coréen, un jeu de séduction et de faux-semblants va s'engager. Jusqu'à faire dérailler l'enquête.

"Je ne suis pas un romantique, mais je suis très intéressé par l'expression des sentiments" entre ces deux personnages, chacun en rupture avec les siens, explique le réalisateur dans une interview à l'AFP.

Moins violent que "Old Boy", film de vengeance qui l'a fait connaître internationalement en 2004 et a obtenu le Grand Prix à Cannes, moins érotique que son précédent film, "Mademoiselle", sur la relation entre une servante et une riche Japonaise pendant le colonisation de la Corée, "Decision to Leave" se distingue par la complexité de son intrigue, et des sentiments qu'il décrit.

Il est porté par l'interprétation de ses deux personnages principaux, deux nouveaux venus dans le cinéma de Park Chan-Wook: dans le rôle de l'inspecteur, l'acteur Park Hae-il, qui avait travaillé avec Bong Joon-ho ("Memories of a Murder", "The Host"), dans celui de la veuve, l'actrice chinoise Tang Wei, révélée par Ang Lee ("Lust, caution").

Si l'intrigue peut laisser les spectateurs les moins attentifs sur le bas-côté, l'image est une démonstration du brio du réalisateur, qui ose plans improbables (dont une contre-plongée depuis l'intérieur de l'oeil d'un poisson), trouvailles de mise en scène, et quelques touches d'humour (une mémorable morsure de tortue terrestre au doigt).

La bande-son puise notamment dans la 5e Symphonie de Mahler, quatre décennies après Luchino Visconti et son "Mort à Venise". "J'ai essayé de trouver d'autres morceaux classiques qui auraient pu fonctionner, mais ce morceau de Mahler était idéal. Et je crois qu'il n'y a aucune loi qui dise que seul Visconti peut l'utiliser !", plaisante le réalisateur.

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