De l’Institut à Sector One : entretien avec iDex, joueur professionnel sur VALORANT

Esports | Ce mois-ci, on vous emmène à la rencontre de iDex, leader in-game et capitaine de l’équipe VALORANT de Sector One, seule représentante belge dans la ligue de nos voisins français.

De Proximus

Partager cet article

Vous ne l’aurez sûrement pas manqué, mais l’organisation Sector One s’est récemment engagée dans la ligue régionale française de VALORANT. Seule structure belge présente dans la compétition, c’est en Samy “iDex” Van de Weghe que S1 aura placé la responsabilité de construire le projet. On est donc allé discuter un peu avec le jeune joueur de 23 ans qui nous a expliqué la genèse du projet et ce qui attend l’équipe.

Hello iDex. Avant toute chose, comment vas-tu ? Comment se passe ton retour à Bruxelles ?

Et bien écoute tout va bien. Je suis ici depuis deux un bon mois, et tout se passe pour le mieux, que ça soit nos entrainements ou la vie avec l’équipe donc c’est top.

Tu es arrivé bien avant le bootcamp prévu avec l’équipe, ça avait un objectif précis?

Pour faire simple, on était en pleine discussion avec Sector One concernant une potentielle signature. Ils m’ont proposé de venir les rencontrer, donc je me suis dit autant être un peu fou et venir ici pour tenter de faire bouger les choses. Au final, c’était plutôt une bonne idée car ça nous a permis de progresser sur certains points et de mon côté de continuer à construire l’équipe donc c’est tant mieux!

© Sector One

Depuis plusieurs mois tu portais un peu le projet Megastitut à bout de bras. Est ce que tu peux nous expliquer un peu la genèse de cette équipe qui s’est rapidement fait un nom ?

De base, ça vient d’un ancien projet qui s’appelait Megakich. Pour faire simple, c’était un trio de joueurs qui ont jouaient ensemble depuis presque trois ou quatre ans. Il se trouve que ce groupe d’amis, qui est plus jeune que moi de deux ou trois ans, je les connaissais bien : on s’est rencontré en LAN et on jouait souvent ensemble. Quand VALORANT est sorti, on a commencé à faire toutes nos parties classées en groupe.

Jusqu’alors, vous n’étiez pas encore dans un quelconque circuit compétitif ?

Même si on était dans le top 100 européen dans les parties classées, on ne s’est jamais vraiment dit qu’on allait jouer ensemble en équipe. Eux étaient encore à l’école et étant en full-time dans les jeux-vidéo, j’avais de plus grandes ambitions. Quand j’ai quitté le Real Betis, j’ai essayé de lancer mon équipe en reprenant le projet L’institut que Lowki avait lancé avant de partir chez Vitality. J’ai pris sa place et j’ai fini par proposer à ce trio d’amis de me rejoindre en compagnie de Keloqz, qui évolue maintenant chez G2 Esports.

S’en suivent de plutôt beaux résultats, sans pour autant avoir l’encadrement d’une structure …

Oui! On a fini par remporter le premier segment du VALORANT Open Tour France, la première grosse compétition nationale sur le jeu, après seulement deux semaines d’entrainement. Il faut imaginer le contexte : je reviens d’Espagne avec mon pc sous le bras, je dors dans un canapé en Belgique chez mes parents parce que je n’ai plus de chambre, mais tout en restant réellement motivé. C’était vraiment en mode : “La rue, la vraie“. L’anecdote marrante c’est que du coup j’ai utilisé mon prizepool pour m’acheter un lit que j’ai mis au sol dans une pièce vide ! *Rires*

La seule chose qui vous manquait, c’était finalement une structure capable de vous supporter dans votre progression ?

Exactement. En fait, le problème ne venait pas uniquement de l’argent ou du fait qu’on a des besoins individuels. Shin et Goaster sortaient à peine de l’école, moi j’avais quelques revenus donc ce n’était pas quelque chose d’urgent. Ce qui l’était plus, c’est que les bons joueurs qui évoluaient avec nous pouvaient être recrutés à tout moment par une organisation car ils n’avaient pas de buy-out (montant nécessaire pour racheter un joueur sous contrat; ndlr). Vouloir signer dans une organisation, c’était aussi la volonté d’avancer avec un cinq stable qui ne changerait pas à cause de facteurs extérieurs.

D’un côté, on pourrait se dire que ça vous a rendu service car vous avez prouvé votre crédibilité sans aucun soutien extérieur.

Ça nous a rendu service dans le sens où ça nous a permis de nous construire une certaine réputation. Cependant, on ne recevait que des offres individuelles alors qu’on voulait progresser ensemble. La seule offre collective qui nous a été faite a été rétractée quand Keloqz a été recruté par G2 Esports, encore une fois car il n’avait pas de buy-out.

Goaster, KONEQT, iDex, MARCTYLINHO et Shin (de gauche à droite) – © Sector One

À force d’essayer des joueurs, cette période t’a permis de prendre pas mal de rôles pour compléter les lacunes. Au final, quel est ton rôle de coeur ?

Mon rôle préféré, c’est Sentinel et Lead. Ça comprend des agents comme Cypher, Chamber, Sage, Killjoy, ou encore Breach et Viper sur certaines maps.

Cette année, vous allez donc représenter Sector One dans le championnat français. Vous vous sentez un peu soulagé d’avoir trouvé avant d’avoir trouvé une organisation pour vous soutenir ?

Pendant longtemps, on pensait qu’en ayant fait de si bons résultats au VALORANT Open Tour, on allait nous proposer un slot pour le projet de ligue nationale qui était sur les rails. Que nenni ! En réalité, ce sont les structures qui disposent des slots en compétition. Quand je l’ai appris, j’ai très vite compris qu’il fallait trouver un partenaire.

Le fait de ne pas disposer assurément d’un slot, ça a sans aucun doute compliqué la tâche ?

Tout à fait. Autant que je gère un projet de A à Z en disposant d’un slot et qu’après une structure nous contacte c’est une chose, autant trouver une organisation qui me fasse confiance et qui prenne les cinq joueurs sans certitude de disputer la compétition, c’est très très dur. De plus, les organisations aiment bien avoir leur mot à dire dans la construction des équipes, prendre leurs décisions et parfois ça ne s’aligne pas totalement avec les projets portés par les joueurs.

Dans la pratique, comment s’est passé ce processus de construction ?

Ça a été très très simple. Au final, on savait qu’on était un vrai noyau très stable et on a décidé de construire autour en y ajoutant Marctylinho et KONEQT (le grand frère de Keloqz; ndlr) qui venaient tous les deux de la même équipe. Au final, je fais un peu le lien entre deux duos qui ont l’habitude de jouer ensemble et je dois dire que c’est super agréable.

Comment se traduit cette structure d’équipe dans votre communication in-game ?

Dans un duo, il y en a toujours un qui est plus communicatif que l’autre. Ca fait qu’on a trois leads dans l’équipe. J’agis en tant que liant entre les deux duos qui sont chacun composé d’un joueur concentré sur les frags tandis que l’autre agit plus en tant que support. Après, ça ne veut pas dire qu’un support ne peut pas courir pour mettre des têtes ! *Rires*

Parlons un peu des mois qui vont suivre, vous évoluez donc en VRL : Revolution, la ligue régionale française. Tu ne regrettes pas un peu que la Belgique ne dispose pas de sa propre ligue à ce niveau de compétition ?

Je pense qu’un circuit belge à ce niveau aurait été une grosse erreur de la part de Riot Games. Au final, c’est toujours bien que la scène belge soit rattachée à celle de nos voisins. On manque d’exposition et c’est dû à de nombreux facteurs : la taille du pays, notre situation linguistique, le retard qu’on a accumulé, etc… De mon point de vue de joueur, c’est toujours mieux d’offrir du spectacle et d’avoir autant d’exposition et de public que possible, ce qui sera beaucoup plus simple dans un pays où la scène e-sport est bien plus implantée.

Au vu des deux rencontres que vous avez disputé lors de la première semaine, vous vous sentez confiants ?

On se sent déjà un peu plus confiants parce qu’on voit que le travail paye. Les deux semaines de bootcamp nous ont vraiment aidé à avoir un map pool plus travaillé. Du coup, on se sent plus serein dans les picks & bans. Aussi, on appréhende moins les matchs vu qu’on a de très bonnes praccs et qu’on en fait beaucoup. Ca enlève beaucoup de doutes : même si ces grosses équipes sont capables de nous battre, on est aussi en mesure de renverser la vapeur.

Il y a une équipe qui vous impressionne plus que les autres?

Je dirais que la plus impressionnante par rapport au temps de préparation qu’ils ont eu, c’est Mandatory. Sur papier, ils n’étaient pas donnés favoris. Pourtant, ils proposent des compositions et des styles de jeu assez efficaces. J’ai hâte de les jouer, surtout que la plupart sont des amis. A contrario, des équipes comme Vitality et BDS sont un peu moins performantes que ce qu’on en attendait.

Ça rajoute pas un peu de piment à la sauce d’être la seule équipe représentante de la Belgique dans la ligue française ?

Personnellement, j’ai toujours rafolé de cette storyline des petits Belges qui débarquent là où ne les attend pas et qui détruisent tout le monde. Ce que je kiffe vraiment, c’est de représenter la Belgique en leur disant “vous n’avez pas voulu de nous, regardez ce qu’on va vous faire” *Rires*. Là on représente une organisation que peu de gens connaissent en France donc ça risque de créer une petit hype et un côté un peu outsider assez plaisant !

Regardez tout ce que vous aimez, où et quand vous voulez.

Découvrez Pickx Se connecter

Top

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

Top