Rencontre avec Camille Pistone et Salim Talbi, créateurs et acteurs de la nouvelle série belge 'Fils De'

Séries | Proximus Pickx vous propose une interview croisée avec les deux compères à la base de la nouvelle série évènement 'Fils De', qui nous emmène dans la jungle bruxelloise. Cette coproduction Proximus Pickx à découvrir sur Pickx Mix. 

De Pickx

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'Fils de’ est une épopée urbaine et mythologique belge. Cette histoire, inspirée de faits réels, commence à Bruxelles. C’est le récit d’un père gangster, Franck Pistone, parti en cavale pendant 17 ans après avoir réussi le casse du siècle, il revient à Bruxelles pour se réconcilier avec ses enfants car il sent que sa fin est proche. Ce retour déclenche une dangereuse chasse au trésor - une pile de diamants - dans la jungle urbaine : Bruxelles. Dans la série, on retrouve Camille Pistone et Salim Talbi, qui incarnent deux protagonistes centraux. Ils sont également les créateurs de cette épopée qu’ils ont écrite avec l’aide d’un troisième compère, Antoine Négrevergne. Proximus Pickx a rencontré les comédiens, amis à la ville comme à l’écran

Vous avez l’air de bien vous connaître, comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Salim Talbi: "On s’est rencontré au Conservatoire Royal de Bruxelles, je suis plus âgé que Camille, mais j’ai repris des études sur le tard et je l’ai rencontré alors qu’il était quelques années au-dessus de moi. J’étais allé voir une pièce de Molière dans laquelle il jouait, et j’ai été fasciné par sa manière de jouer et de bouger sur scène. Après avoir fait connaissance, on a très vite commencé à écrire ensemble, des web-séries, une pièce de théâtre, jusqu’à arriver à 'Fils De'."

Camille Pistone: "On s’est aussi retrouvé réuni sur un projet du conservatoire, le festival ‘Courant d’airs’, et c’est là quand a vu qu’en plus de bien s’entendre en dehors des cours, on aimait bien jouer ensemble. À partir de là on a lancé pleins de projets qui sont encore dans les tiroirs et qui n’ont pas forcément abouti comme 'Fils De'. Avec Salim, on forme vraiment un binôme, on connait les qualités et faiblesses de chacun, on se complète vraiment."

Vous avez été colocs comme dans la série ? 

Camille P.: "Non on a jamais été colocs, mais on a été suffisamment proche pour que ça puisse être réel."

Salim T.: "Ce qui était intéressant c’est de pas trop jouer sur la composition, on est vraiment parti de nos forces, de ce qu’on est, et on a mélangé la fiction et la réalité. En regardant la série, les proches de Camille et moi vont sûrement reconnaître à certains moments les passages de nos vies."

Dans la série, vous gardez vos prénoms, il y a un peu de vous dans les personnages ? 

Salim T.: "On s’est posé la question de savoir si on gardait nos noms.  Finalement on les a laissés parce que même s’il y a pas mal de fiction, comme c’est notre écriture, il y a aussi beaucoup d’éléments de nos vies. Pour ma part, on retrouve des histoires dans la série que j’ai vécues.

Camille P.: "Ça fait plus de quatre ans qu’on travaille sur ce projet, il a énormément évolué, les chaînes et co-prods ont donné leur avis, etc. Dans un premier temps le scénario était hyper proche de nous, je ne vais pas dire que c’était autobiographique non plus, mais c’était très proche et c’est pour ça qu’on voulait garder le patronyme et le prénom. Bref, il y a une part de fiction, mais on voulait rester proche de ce qu’on voulait raconter initialement."

Comment vous est venue l’idée de la série ?

Camille P.: "Au départ, on avait écrit l’histoire pour une websérie, et on s’est très vite rendu compte qu’on avait tellement de choses à raconter qu’on devait partir sur un format plus long. Donc a mis de côté le projet websérie et on a commencé l’écriture de 'Fils De'." 

De l’idée à la production, quel est le processus ?

Salim T.: "On a vu que la RTBF lançait un appel à projets, et on a appelé Antoine [Négrevergne], qui est notre ami, et il nous a rejoints sur l’écriture. On a commencé à raconter des anecdotes, et on a très vite eu beaucoup de matière. On a renforcé l’équipe avec des scénaristes de formation et on a fait des ateliers, on a beaucoup appris sur le tard finalement, on est autodidactes."   

Camille P.: "Il nous a fallu un temps d’adaptation, de compréhension, d’écoute. En fait ce qui est assez étrange, c’est qu’on a fait le processus inverse. Dans un premier temps comme Salim l’explique, on a raconté des anecdotes, nos parcours de vie, des moments qu’on a partagé ensemble, notre enfance, et au bout d’un moment on s’est dit que c’était logique de garder tout ça dans la série, et donc c’est aussi pour ça qu’on a conservé nos noms, c’était en adéquation avec le processus qu’on avait démarré. Je ne vous dis pas non plus qu’on a créé l’histoire sur bases d’anecdotes, mais on a parfois démarré avec des dialogues avant d’avoir la bible par exemple. On salue aussi la RTBF, qui a déclenché notre envie de faire une série grâce à son appel à projets, et Arnauld de Battice d’AT-Prod, qui nous a fait confiance et sans qui l’aventure n’aurait jamais été aussi loin."


Salim T.: "Ils nous ont très bien reçu, nous on aidés tout au long du processus. Après avoir participé à plusieurs ateliers d’écriture, on a tous les deux pris conscience qu’on n’était pas seulement des acteurs, mais qu’on pouvait aussi écrire. On est devenus des auteurs."

D’où vient le titre de la série ? 

Camille P.: "D’un côté on voulait raconter une histoire de famille, sur la filiation, donc "Je suis le fils de", et on voulait rajouter le côté urbain, street, comme "Un fils de p***" donc. C’est très brusseleir aussi, cette insulte. Qui n’a pas entendu dire "Fils de !" ?. Mais c’est avant une histoire de filiation bien entendu.

La ville joue un rôle majeur dans la série ? 

Camille P.: "Au delà d’être une arène, Bruxelles est un personnage. On a décrit un Bruxelles en 2021, on voulait montrer les différentes ethnies, strates sociales et différentes façons de parler. À ça, on a ajouté avec le personnage joué par Marka la vision d’un vieux Bruxelles."

Salim T.: "C’est un personnage qui est un peu nostalgique, qui revient après 20 ans dans une ville qui a fort changé. Un Bruxelles qu’on a tous les deux connu. On a utilisé nos souvenirs d’enfance pour parler de la génération précédente, comme Marka et le personnage joué par Béatrice Dalle.

Camille P.: "Au-delà des plans de drones, on voulait que les Bruxellois reconnaissent leur ville, on a filmé la rue haute, Matongé, le palais de justice avec la vraie place Poelaert, etc. C’était un vrai plaisir pour nous de filmer la ville. On a voulu montrer les spécificités de Bruxelles, avec ces différents quartiers, le fait qu’on parle plusieurs langues et que d’une rue à l’autre on change très vite d’ambiance."

Salim T.: "On voulait que le public découvre le Bruxelles d’aujourd’hui. Quand tu tournes à Peterboss et puis aux Marolles, c’est deux énergies totalement différentes. On a voulu présenter Bruxelles, et la Belgique sous toutes ses formes, on a tourné à Anvers, on a incorporé des personnages néerlandophones au scénario. On a aussi du lingala, de l’arabe, on voulait montrer ce choc des langues, qui est une réalité à Bruxelles."

Quel est votre meilleur souvenir de tournage ?

Camille P.: "J’en ai plein, des rencontres exceptionnelles, que ce soit avec Béatrice Dalle, avec les autres acteurs et l’équipe technique ou le fait de tourner aux quatre coins de Bruxelles et de la Belgique, mais je retiendrai surtout le premier jour. Quand on travaille pendant plus de quatre ans sur un projet, tu te demandes parfois si ça va vraiment se faire, donc quand je suis arrivé le premier matin du tournage j’étais aux anges. Il y avait un côté irréel, on s’est regardé avec Salim et on était comme des gosses."

Salim T.: "La rencontre avec Béatrice Dalle était très forte, on cherchait ce rôle depuis longtemps et quand on a appris qu’elle avait accepté le rôle, on n’y aurait jamais cru. Je n’oublierai pas la première fois où on l’a rencontrée. On est arrivé pour faire une lecture, et on s’est tout de suite bien entendus, on a énormément ri. Il faut savoir qu’elle a le plus beau rire du monde, vraiment, elle a une fréquence de rire impossible à oublier. Quand elle est sur le plateau, on sait qu’elle est là. C’est une personne très attachante, et d’ailleurs on est encore en contact avec elle.

Camille P.: "Ce qui est assez incroyable, c’est qu’après avoir beaucoup cherché d’actrices pour ce rôle, on ne trouvait pas, et c’est Salim qui a proposé Béatrice Dalle. On s’est tous dit "elle est sympa ton idée, mais ça ne se fera jamais", mais Kadija Leclere, qui dirigeait le casting, a passé un coup de fil et quelques semaines après Béatrice était avec nous pour faire des lectures."

Salim T.: "Il y a aussi un souvenir très fort qu’on a tous les deux avec elle. C’était une scène où elle devait pleurer, et même entre chaque prise, elle ne s’arrêtait pas de pleurer, elle restait dans son rôle, Camille a mis vingt minutes à s’en remettre.

Le Covid vous a mis des bâtons dans les roues durant le tournage ? 

Camille P.: "Par rapport à d’autres séries belges, je pense à ceux qui ont fait 'Baraki' et 'Pandore’, on a eu de la chance. On a dû perdre trois jours à cause de la pandémie. J’ai été malade une fois, mais on a dû repousser le tournage d’une journée seulement. Non franchement, on s’en est bien tiré."

Et pour la suite, quels sont vos projets ? 

Camille P.: "Salim a fait une bonne année, il a tourné dans 'Broadway’, un film grec de Christos Massalas qui est passé au festival d’Angers. Il joue en grec, Salim est polyglotte. Il a aussi joué dans 'Animals', le dernier Nabil Ben Yadir, qui va bientôt sortir. Et moi je vais tourner dans quelques semaines avec Joey Starr dans un film qui s’appelle 'Le salaire de la mort'."

Salim T.:"Je vais aussi reprendre du théâtre avec un auteur québécois. Et sinon on écrit encore tous les deux sur un projet de long métrage.

La série 'Fils De' est disponible via l'option TV Pickx Mix. Pour célébrer cet événement, les clients Proximus peuvent bénéficier d’un mois d’essai gratuit. Prix de l’abonnement par la suite : 10,99 euros/mois. N’hésitez pas à regarder sur Pickx.be pour plus d’info !

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