"Animal", le nouveau film documentaire du réalisateur français Cyril Dion, déjà primé aux Césars pour "Demain" en 2016, sort dans les salles belges mercredi. Pour présenter son film à la presse belge, le cinéaste avait choisi la "galerie de l'évolution" du muséum d'histoire naturelle où sont exposés des dizaines de squelettes de dinosaures, un clin d'?il à la thématique qui sous-tend sa nouvelle création. "Je trouve que la question de la sixième extinction de masse a été très peu abordée dans des films. Pourtant, elle a déjà commencé. C'est aussi un film sur la génération climat, pour les accompagner dans un voyage géographique et initiatique", explique le réalisateur. "J'espère leur faire comprendre pourquoi on en est arrivé là et leur donner des pistes d'action, leur permettre d'imaginer de nouveaux horizons pour notre futur."
Le film suit le parcours de deux jeunes activistes de 16 ans, Bella, une Anglaise et Vipulan, un Français, qui font partie de ces milliers de jeunes à être descendus dans les rues lors des marches pour le climat. Le réalisateur les a d'ailleurs rencontrés grâce à leur activisme, lors de ces marches et via Twitter. Malgré leur mobilisation à travers le monde, ils constatent avec désarroi que "rien ne change vraiment". Ils entament alors dans "Animal" un périple autour du monde pour remonter à la source du problème : la relation de l'homme au monde vivant.

Le métrage est construit comme un véritable voyage initiatique pour ces deux adolescents et les voit voyager du Jura au Kenya, en passant par l'Inde, où ils découvrent la plus grande action de nettoyage de plages au monde, à Bombay. "Petit à petit, ils mesurent que l'action a plus d'impact mais aussi que ses effets sont éphémères, limités. Les plages ont beau être nettoyées, tant qu'il y aura de la production de plastique, tout sera à recommencer", poursuit Cyril Dion. Les protagonistes rencontrent de nombreux experts tels que Jane Goodall, ethnologue et anthropologue, Claire Nouvian, journaliste engagée dans la protection de la vie marine et Nicolas Vereecken, Professeur d'Agroécologie à l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Les questions de pollution, de vivre ensemble, de surexploitation et de destruction de l'habitat sont abordées au fil de ces rencontres.

Des moments d'échanges que le réalisateur a voulu "naturels". "J'ai choisi les différentes destinations et leur ai expliqué mon choix. Sur place, il n'y avait pas de 'script' ou d'indications. Bella et Vipulan disposaient déjà du bagage suffisant pour discuter des différentes thématiques abordées avec leurs interlocuteurs", précise le cinéaste. "Pour la voix-off, on s'est basé sur un journal de bord qu'ils ont tenu pendant les tournages."

Le film, distribué par Cinéart, sera diffusé dans une vingtaine de cinémas belges dès mercredi. En 2015, le film "Demain" avait attiré près d'un million de spectateurs en France et 800.000 à travers le monde.