Les origines étonnantes du film 'Edward aux mains d’argent' de Tim Burton

Film mythique de la culture gothique au cinéma, ‘Edward aux mains d’argent’ est l’oeuvre la plus personnelle de Tim Burton. L’exclusion, l’isolation et la découverte de soi sont au centre du long-métrage. À l’occasion de la première sur Disney+, Proximus Pickx vous dévoile quelques secrets de production.

Un dessin de l’ado Tim Burton

Même si le film sort en 1990, le personnage d’Edward aux mains d’argent hante le réalisateur depuis la puberté. Il gribouille sur les bancs du lycée pour la première fois son personnage culte. On le sait, l’adolescence est une étape difficile pour tout monde, même pour celui qui deviendra un génie du grand écran. Il s'est toujours senti à l’écart et dans l’incapacité de communiquer avec les autres et ses proches. Dans le livre ‘Tim Burton: entretiens avec Mark Salisbury’, le réalisateur explique que le croquis le représente avec ses tourments intérieurs. "C'est venu inconsciemment et c'était lié à un personnage qui veut toucher mais ne peut pas, qui était à la fois créatif et destructeur, ce genre de contradictions peut créer une sorte d'ambivalence." 

Il engage la romancière Caroline Thompson qui avait écrit le roman ‘Firts Born’, l’histoire tragique d’un foetus avorté qui revient à la vie. À l’image du premier roman de Thompson, Burton voulait apporter à son film la même touche fantastique et sociologique. En expliquant à peine le concept d’un homme avec des mains ciseaux, l’écrivain a été plus qu’inspirée par le projet. "J'ai dit : ‘Arrête-toi là. Je sais exactement quoi faire avec ça’ et je suis rentrée chez moi. À l'époque, j'étais plus une auteur de prose qu'une scénariste. J'avais publié un roman qui était une étrange petite histoire de Frankenstein de banlieue et je savais que (Edward aux mains d’argent) était ma prochaine histoire de Frankenstein de banlieue. Certaines choses vous viennent directement à l'esprit et celle-ci est venue directement dans le mien. En trois semaines, j'avais écrit une version en prose de plus de 70 pages pour Tim." explique-t-elle au magazine Dazed.

Une comédie musicale

À l’origine, Tim Burton voyait dans son autoportrait fantastique, une comédie musicale. L’homme de cinéma n’était pas confiant qu’une telle histoire puisse toucher les spectateurs. Il pensait à l’époque qu’une oeuvre aussi peu orthodoxe ne pouvait intéresser le public que par le chant.

L’auteur se mit alors à écrire pour le film, elle avait rédigé de nombreuses chansons avec "de très mauvaises paroles". "Pour l'histoire, j'ai dressé une liste de choses à faire avec les mains qui rendaient la vie d'Edward difficile à chaque instant. C'était mon mode opératoire pour gérer ses différences. Je me souviens du titre d'une (chanson, ndlr), qui était 'I Can't Handle This’." (mauvais jeu de mot qui contient le mot main et qui signifie supporter en  anglais, ndlr)". Très rapidement, ils ont abandonné l’idée car l’histoire tournait vers le kitsch et la dérision qui n’étaient pas le but recherché. Heureusement que le cinéaste s’est retenu jusqu’à ‘Charlie et la Chocolaterie’ en 2005  pour réaliser sa première comédie musicale en prise de vues réelles.

Tom Cruise à la place de Johnny Depp ?

Le succès du film ne réside pas seulement dans l’idée originale de Tim Burton, mais aussi dans le jeu plus que convaincant des acteurs. Et même si les ciseaux lui vont à ravir, Johnny Depp n’était pourtant pas l’acteur envisagé au départ. Les noms de Jim Carrey, Tom Hanks, Robert Downey Jr et même Michael Jackson figuraient sur la liste. Le roi de la pop avait finalement été écarté à cause de son manque d’expérience au cinéma. Le choix s’est alors porté sur Tom Cruise qui avait montré un réel intérêt pour le personnage.  L’acteur de ‘Mission impossible’ n’a pourtant pas été sélectionné à cause de son côté trop terre à terre. Pendant le casting, il posait trop de questions, il "voulait savoir comment le personnage allait aux toilettes. (…) Il posait le genre de questions qui ne peuvent être posées pour ce personnage !", détaille la scénariste. Sans tacte, il voulait savoir des précisions qui n’apportaient aucun intérêt à l’histoire comme la manière de se laver avec ses ciseaux, de se faire à manger et de s’occuper de tâches du quotidien. À ce moment-là, l’équipe avait compris que l’acteur ne comprenait pas le sens poétique du rôle.

Heureusement que la production avait sur sa liste le nom de Johnny Depp, qui a l’époque n’était connu que dans des rôles d’adolescents. C’était l’occasion pour l’acteur de faire ses preuves et de changer de registre. Grâce à son interprétation sincère d’Edward, l’acteur de ’21 Jump Street’ perce dans le genre et devient celui à qui l’on attribue les rôles les plus étranges d’Hollywood. Cette première collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp marque le début d’une amitié, mais aussi d’un duo exceptionnel au cinéma avec en tout pas moins de huit films ensemble. La sensibilité de l’acteur à jouer des personnages atypiques et différents du commun des mortels, qui sont si importants à l’univers de Tim Burton, deviendra sa force et lancera sa carrière.

Le regard de chien battu

Après avoir trouvé les acteurs, il fallait approfondir les traits de caractère des personnages. Et comme tout écrivain, Caroline Thompson puise de son quotidien pour inventer les différentes personnalités du film. Le couple qui accueille Edward chez eux, est inspiré de ses propres parents. Kim, interprétée par Winona Ryder, ressemble énormément à l’une de ses amies appelée Lori. Jim, le petit ami tyrannique de cette dernière, prend la forme des nombreux partenaires horribles de Lori dans la vraie vie.

En ce qui concerne le personnage d’Edward, il est clair qu’il se base sur son créateur, mais pas entièrement… Tim Burton étant une personne qui s’ouvre difficilement, il était difficile pour la scénariste de lui tirer les vers du nez. Elle dira d’ailleurs de lui qu’il est : " de toutes les personnes qu'elle connaît, celui qui s'exprime le mieux tout en étant incapable de construire une seule phrase." Elle s’est donc indirectement inspirée de quelqu’un d’autre: son chien, Ariel. Aussi étrange que cela puisse paraître, si l’on y réfléchit, cela prend tout son sens lorsqu’on analyse le film. Edward cherche à tout prix à être aimé par les humains, même chose pour Ariel. Il a des comportements innocents qui le différencient complètement des autres humains. Il est attachant. Et à cause de sa vulnérabilité, on a envie de le protéger de la méchanceté des Hommes. La description de son chien lui a permis de donner le bon ton à Johnny Depp. "Johnny m’avait dit : 'Je suis vraiment confus à propos du ton. Je ne comprends pas le personnage. J'ai dit à Johnny que le personnage était basé sur mon chien, je lai décrit, et il a fait 'Aha ! je comprends!'. Sa performance a complètement changé après ça.", révèle la scénariste. 

Un bout de canapé pour le costume

La tenue de l’âme torturée du film est elle aussi devenue emblématique. Dans la fiction, on ne sait pas s’il s’agit de vêtement ou de son corps nu. Comme son personnage est un assemblage de plusieurs ustensiles pour créer un être vivant, Tim Burton utilise le même procédé pour construire la tenue d’Edward. Il assemble différentes matières ensemble afin de créer le costume noir avec des sangles et clous.  "Nous avons utilisé du latex, nous avons utilisé du cuir, nous avons utilisé du Naugahyde (une marque de cuir artificielle américaine, ndlr), nous avons même utilisé le vieux canapé de mon premier appartement.", s'amuse le réalisateur. Dévoilant une partie de sa personnalité à travers son oeuvre, c’est comme si Tim Burton voulait mettre un peu de lui dans son protagoniste et il le fait en utilisant son vieux canapé.

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