"Je demande à nouveau aux politiques de prendre la peine de s'adresser aux enfants et aux jeunes pour leur expliquer correctement les décisions qui viennent d'être prises, avec empathie", enjoint vendredi le Délégué général aux droits de l'enfant en Communauté française, Bernard De Vos. "Depuis le début de la crise, les enfants et les jeunes ont été oubliés dans toutes les communications officielles publiques", confie-t-il à Belga. "On continue à renvoyer chaque enfant, chaque jeune et sa propre souffrance individuelle, vers des services d'aide psychologique qui sont totalement débordés, sans tenir un discours collectif et empathique à leur intention. J'ai demandé des dizaines de fois que des conférences de presse adaptées aux jeunes puissent se tenir ou qu'on communique avec eux via les réseaux sociaux, par exemple".
Le Délégué déplore également l'obligation du port du masque dès l'âge de six ans. "Je peux comprendre la gravité de la situation. Mais s'il y avait une telle urgence, pourquoi ne pas avoir choisi de fermer les écoles dès lundi ? Je ne comprends pas bien la logique de la décision". De façon plus générale, il souhaite que le gouvernement implique les jeunes dans ses prochaines prises de décision. "Même si le gouvernement n'a pas la possibilité de questionner tous les jeunes de Belgique, qu'on laisse des associations de terrain compiler des avis et les faire remonter. Leur participation et leur reconnaissance est importante".

La Commissaire aux droits de l'enfant en Flandre, Caroline Vrijens, trouve elle aussi que les nouvelles décisions sont "difficiles à avaler". "S'il s'avère que les activités parascolaires sont totalement interdites, ce serait très radical. En revanche, les événements jusqu'à 200 personnes et les sorties sont autorisés. Je comprends que ce sont des décisions très difficiles à prendre, mais je demande que le bien-être des enfants et des jeunes soit pris en compte". Elle appelle également à "la prudence" quant à l'obligation du port du masque dès six ans. "Je suppose que le Comité de concertation n'avait pas d'autre choix. Le plus important est que les écoles puissent rester ouvertes. (...) Je préconise que l'on réévalue rapidement tout cela et que l'on adapte les mesures dès que cela sera à nouveau possible", précise-t-elle.