Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de remise en cause" des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.
Il faut un "accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne" car "cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire" français, a déclaré M. Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse après la réunion le matin d'un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidée par le chef de l'État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

"Ce que nous voulons", a-t-il insisté, "c'est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l'Europe (...) Nous ne voulons pas d'un accord unilatéral".

Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l'élaboration de cet accord.

"C'est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d'immigration pas négocié lors du Brexit", a souligné le ministre.

M. Darmanin a par ailleurs rejeté toute "remise en cause" des accords du Touquet (2004) qui placent la frontière britannique côté français, ainsi que l'ont suggéré plusieurs personnalités d'opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l'immigration légale.

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait "une ligne rouge inacceptable". "Nous n'accepterons jamais la pratique des refoulements en mer", a-t-il assuré, car "le Royaume-Uni n'est pas exonéré du droit international".

Plus tôt lundi matin, Gérald Darmanin avait appelé le Royaume-Uni à ouvrir un "accès légal à l'immigration" et à prendre "ses responsabilités".