L'Australie a suspendu lundi son projet de réouverture des frontières aux étudiants et aux travailleurs qualifiés, invoquant les incertitudes qui entourent encore la dangerosité et la transmissibilité du variant Omicron.
A l'issue d'une réunion en urgence, le Premier ministre Scott Morrison a déclaré que la réouverture tant attendue n'aura pas lieu le 1er décembre comme prévu et son report d'au moins deux semaines. 

Les frontières de l'île-continent sont fermées à la plupart des non-ressortissants depuis plus de 20 mois, ce qui a entraîné une pénurie de main-d'oeuvre et mis à mal le secteur vital du tourisme.

M. Morrison a qualifié ce report de "nécessaire et temporaire", fondé sur des recommandations médicales.

L'Australie a détecté cinq cas du variant du coronavirus Omicron chez des passagers en provenance d'Afrique australe. 

"La suspension temporaire permettra à l'Australie de recueillir les informations dont nous avons besoin pour mieux comprendre ce variant Omicron", a-t-il déclaré. 

M. Morrison a cité de nouvelles préoccupations concernant "l'efficacité du vaccin, la gravité de la maladie, y compris si elle peut générer des symptômes plus légers, et son taux de transmission".

La semaine dernière, Canberra a annoncé que les étudiants étrangers, les travailleurs qualifiés et les détenteurs de visas vacances-travail pourraient à nouveau se rendre en Australie à partir du 1er décembre.

Le gouvernement a levé en octobre les restrictions concernant les voyages à l'étranger pour les Australiens.

Mais il avait catégoriquement refusé d'assouplir les restrictions pour les non-Australiens, une décision qui a bloqué en Australie environ 1,4 million de détenteurs de visas qualifiés, sans possibilité de retour s'ils décidaient de quitter le pays.

Le 20 mars 2020, l'île a instauré l'une des fermetures des frontières les plus strictes au monde afin de se protéger de la pandémie de Covid-19.

Des dizaines de milliers d'Australiens vivant à l'étranger n'ont pas pu rentrer dans leur pays natal durant 19 mois. Les vols étaient rares et les ressortissants autorisés à rentrer devaient effectuer une coûteuse quarantaine de 14 jours à l'hôtel.