L'influenceur Jeremstar, vedette des réseaux sociaux, sera jugé à Paris le 28 mars pour "travail dissimulé" après la plainte d'un ancien collaborateur, a appris lundi de source proche du dossier.
Le parquet de Paris avait ouvert une enquête en septembre 2020 à la suite de la plainte de Bruno Etenna, qui se présentait comme ayant travaillé "en tant que réalisateur" sur "222 vidéos" entre 2012 et 2017 pour Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom.

Pour ces tournages, M. Etenna affirmait n'avoir "jamais été déclaré" ni "rémunéré", à l'exception de quelques maigres défraiements, ce que Jeremstar reconnaîtrait dans sa biographie.

À l'issue d'un an d'enquête, le parquet de Paris cite à comparaître le chroniqueur-blogueur spécialisé dans la téléréalité pour "dissimulation d'emploi salarié en employant des salariés sans signer de contrat de travail, ni remettre de bulletin de paie, ni faire de déclaration préalable à l'embauche".

"Bruno Etenna a travaillé des années pour Jeremstar sans être payé et en étant traité comme un moins que rien", a commenté l'avocat du plaignant, Me Jérémy Kalfon.

Le parquet n'a en revanche pas retenu d'autres infractions visées par la plainte de M. Etenna, parmi lesquelles "harcèlement moral" et "violences à caractère racial".

Très populaire sur Snapchat, Jeremstar, 34 ans, compte plus de 2 millions d'abonnés sur Instagram, 1,7 million sur Twitter ou encore 1,5 million sur YouTube.

L'an dernier, il a sorti un livre sur la campagne de cyberharcèlement dont il dit avoir été victime, après avoir été éclaboussé en 2018 par la diffusion sur les réseaux sociaux d'images à caractère sexuel et le dépôt d'une plainte pour viol sur mineur contre un de ses proches.

"J'ai déjà par le passé été accusé à de multiples reprises de tout et n'importe quoi. Je ne suis plus surpris par rien. Dans cette ère de la 'cancel culture', je compte me battre encore une fois pour démontrer que ces accusations sont non fondées", a déclaré Jeremstar, qui qualifie le plaignant d'"ancien ami", "qui était très heureux de participer à certains de mes projets à titre amical".

"Monsieur Etenna harcèle mon client depuis plus d'un an en multipliant les mises en demeure et plaintes sur des fondements divers et variés (...) Seule l'infraction de travail dissimulé a été retenue par le magistrat instructeur. C'est dire la maigreur des pièces à charge du dossier", a réagi auprès de l'AFP l'avocate de l'influenceur, Me Margaux Nègre-Carillon.