Ce dimanche, l'Espagne assiste à l'un des derbys les plus disputés du pays. Les joueurs du Real Betis affrontent en effet ceux du Séville FC. La lutte de voisinage, vieille de plus d'un siècle, ouvre de vieilles blessures pour le Real Betis. Proximus Pickx vous en dit plus.

Le championnat espagnol de football compte de nombreux derbys. Il suffit de penser à l'Atlético de Madrid et au Real Madrid, au FC Barcelone contre l'Espanyol ou à Valence contre Levante. Pourtant, ces matchs ne sont pas les plus bouillants combats de voisinage. Ce dernier se dispute en effet dans le sud du pays, en Andalousie plus précisément, où sévissent Séville et le Real Betis.

Il n'y a jamais eu d'entente entre le Séville FC et le Real Betis. Le Real Betis, actuellement classé cinquième de la Liga, a été fondé en 1907 dans la ville espagnole de Séville après que certains de ses membres aient exprimé leur désaccord avec le style anglais de leur club parent, le FC Séville. Les insultes fusaient de part et d'autre et cela se ressentait également sur le terrain où les joueurs du Séville FC et du Real Betis ont toujours joué sur le fil du rasoir pendant des décennies.

Quand l'armée s'en mêle

Cette rivalité a connu son premier pic en 1918. À cette époque, la Première Guerre mondiale est terminée et les rues de la ville espagnole sont encore imprégnées de militantisme. « Un esprit de combat déloyal", si l'on en croit les joueurs du Real Betis. Après tout, l'armée espagnole ne leur a pas donné l'autorisation de jouer au football contre leur rival sévillan. Par conséquent, une équipe très jeune et inexpérimentée a dû affronter Séville et elle a reçu une bonne raclée. Ils ont perdu 22-0 et ont été profondément blessés dans leur honneur. Le patriotisme a aussi soudainement diminué.

Pendant des années, les supporters du Real Betis ont été la risée des supporters de Séville, mais en 1966, ils ont cessé de rire. Après tout, le Séville FC était en bas du tableau du championnat cette année-là, à quelques points seulement du Betis. Les deux clubs doivent tenter de sauver leur peau en Liga et cela avec encore quelques matchs à venir, dont un derby entre les deux rivaux sévillans.

Une véritable injustice

Ce match s'est joué en fin de saison dans l’ancien temple de football du Real Betis, un Estadio de Heliopolis plein à craquer. C'est là que l'attaquant de Séville, Roman, a marqué le premier but de la soirée (0-1, 19ème minute). Un but injuste selon beaucoup, puisque Roman avait commis une faute sur un joueur du Betis avant de marquer et que celle-ci n'a, semble-t-il, pas été sifflée. "Incroyable", selon l'un d'eux. "Une honte", selon l'autre. Le match se poursuit et les joueurs du Betis ne se laissent pas abattre par cette erreur d'arbitrage. Ansola a inscrit le but égalisateur à la 29ème minute et redonnait alors de l’espoir au Betis.

Espoir qui n’aura été que de courte durée puisqu'à la 45ème minute, l'arbitre Juan Gardeazabal siffle une faute présumée du Betis dans les seize mètres. La foule est en délire, mais Felo, le finisseur de Séville du jour, n'en a cure. Il claque le 1-2 (45ème minute) et permet à Séville de prendre les trois points dont le club avait tant besoin au stade d'Héliopolis.

Le Betis est furieux. La semaine suivante, le club ne parvient pas à retrouver son calme et s'incline face à Malaga, ce qui le relègue en deuxième division espagnole. Les joueurs, l’entraîneur et le personnel du club n’avaient alors qu’une seule chose en tête : ce derby injuste contre le Séville FC... et l'arbitrage polémique de Gardeazabal ce jour-là.

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