Hong Kong a renforcé mercredi la censure cinématographique en adoptant une loi qui permet aux autorités d'interdire des films antérieurs menaçant la "sécurité nationale" et d'imposer des sanctions plus sévères en cas d'infraction, dans un nouveau coup porté aux libertés artistiques de la ville.
La loi adoptée mercredi par l'assemblée législative de la ville, un organe désormais dépourvu de toute opposition, habilite les autorités à révoquer la licence de projection de tout film jugé "contraire aux intérêts de la sécurité nationale".

En juin, la ville avait déjà annoncé que les censeurs vérifieraient le contenu de tous les films à paraître pour s'assurer qu'ils ne violent pas la loi sur la sécurité, mais la loi adoptée mercredi autorise la revérification de toutes les oeuvres cinématographiques qui avaient auparavant reçu le feu vert.

Les peines maximales pour la projection d'un film sans licence ont été portées à trois ans de prison et à une amende de 1 million de dollars hongkongais (112.000 euros).

Les inspecteurs de la censure cinématographique peuvent pénétrer et fouiller sans mandat dans tous les locaux soupçonnés de projeter des films non autorisés.

Les titres considérés comme présentant un risque pour la sécurité ne pourront pas faire appel par les voies habituelles, mais devront lancer une procédure d'examen judiciaire devant les tribunaux de Hong Kong, une procédure longue et coûteuse.

Les législateurs pro-Pékin ont critiqué le gouvernement pour ne pas avoir inclus les sociétés de streaming en ligne dans la formulation actuelle, ce qui signifie que des services comme Netflix, HBO et Amazon pourraient ne pas être couverts par ces nouvelles règles.

Le secrétaire au commerce, Edward Yau, a répondu que toutes les projections, qu'elles soient physiques ou en ligne, étaient couvertes par la nouvelle loi sur la sécurité nationale.

Cette loi interdit tout ce que les autorités considèrent comme de la sécession, de la subversion, du terrorisme ou de la collusion avec des forces étrangères.

Les nouvelles règles de censure rapprochent Hong Kong de la Chine continentale, où les films sont rigoureusement contrôlés et où seule une poignée de films ou de documentaires occidentaux font l'objet d'une sortie commerciale chaque année.

Hong Kong a longtemps eu une scène cinématographique florissante et, pendant une grande partie de la seconde moitié du siècle dernier, le cinéma cantonais était de classe mondiale.

La ville compte encore quelques studios importants, une poignée de réalisateurs renommés et une scène indépendante prometteuse, mais de nouvelles lignes rouges politiques sont tracées chaque mois.

Depuis l'annonce de juin, une réalisatrice a annoncé qu'elle avait abandonné son projet en raison des coupes exigées par la censure et un autre réalisateur de renom a annoncé avoir vendu les droits d'un documentaire sur les récentes manifestations à quelqu'un à l'étranger et s'être débarrassé de toutes les bandes originales à Hong Kong.