La visite de travail emmenée par le Roi au Danemark a pris fin mercredi, après d'ultimes rencontres à Christiansborg, le parlement danois. Une brève visite sur le thème de l'Emploi jugée inspirante par les ministres présents, qui en retiendront trois éléments principaux: la formation, la confiance et le dialogue social.
La visite, courte mais dense, aura vu la délégation belge (ministres, partenaires sociaux et autres acteurs économiques du Plat pays) rencontrer le ministre danois par intérim de l'Emploi - Mattias Tesfaye remplaçant son collègue en congé parental -, les partenaires sociaux danois, des responsables d'un centre pour l'emploi ainsi que l'entreprise pharmaceutique Novo Nordisk, qui se distingue régulièrement dans les classements des "best places to work". L'objectif était de mieux appréhender le fameux modèle danois, la "flexisécurité", qui permet au pays scandinave d'atteindre un taux d'emploi de 78%, quand celui de la Belgique stagne à 70%.

Un des éléments marquants pour les ministres présents ? "Vraiment la formation tout au long de la vie, et la culture de la formation", lance Pierre-Yves Dermagne, ministre fédéral de l'Emploi, du Travail et de la Concertation sociale. "Je pense que c'est vraiment la clé, on ne peut pas envisager de la flexibilité telle qu'on la voit ici si on n'a pas cette culture de la formation", estime-t-il. Les ministres régionaux, Christie Morreale, Hilde Crevits et Bernard Clerfayt, abondent dans le même sens. "Les entreprises m'objectent souvent qu'investir dans la formation, c'est prendre le risque de perdre ses travailleurs une fois formés", explique la ministre wallonne. En Flandre et à Bruxelles, on fait le même constat, "les entreprises ne jouent pas le jeu", déplore Bernard Clerfayt, "peut-être parce qu'elles n'ont pas confiance". Mais, "en Belgique, notre ressource naturelle c'est la main-d'oeuvre", relève-t-il, d'où l'importance de miser sur la formation continue.

Pour le Roi, qui s'est exprimé mercredi à son arrivée à Christiansborg après quelques pas dans le quartier coloré de Nyhavn, un élément indispensable au fonctionnement de la société danoise "est la confiance". "Pas seulement entre les parties qui négocient les accords, mais également chez les citoyens envers le service public et ses institutions."

Les représentants gouvernementaux arrivent au même constat en pointant tous la cohésion sociale qui semble englober la population danoise. "Le système est basé sur une concertation sociale forte, comme chez nous. Mais ici c'est de la co-construction, il y a une complicité, une relation 'win-win' entre les partenaires sociaux", relève Christie Morreale. "Cette dynamique positive permet de lever les craintes" et d'en faire profiter toute la société. Le ministre fédéral ne cache pas un peu d'envie: "On a un modèle fort et historique de concertation sociale chez nous, je pense qu'on doit le conserver et donc pouvoir aussi lui donner un deuxième souffle..."

La délégation retrouvera le sol belge, et les masques quelques jours rangés, en milieu d'après-midi.