C’est une proposition pour le moins étonnante que l’Antwerp a formulé : abolir la règle des joueurs formés localement. De quoi flinguer la formation des jeunes et l’avenir du football belge ?

La Belgique va-t-elle encore être une terre de révolution footballistique ? Dans les années 90, c’est à Liège que le monde du foot avait changé, à cause d’un homme : Jean-Marc Bosman. Le joueur du RFC Liège avait réussi à faire plier les clubs. L’arrêt qui porte son nom redonne leur liberté aux joueurs une fois leur contrat terminé.

En 2021, c’est peut-être à Anvers que tout va encore changer. L’Antwerp veut en effet l’abolition d’une règle qui protège les joueurs formés localement. Depuis 2009, les clubs engagés dans les compétitions européennes ont l’obligation d’inscrire 8 noms de joueurs formés dans le pays (et parmi eux, 4 au club). Mais pour le Great Old, ça ne va pas.

Entrave à la libre circulation

Selon le club de la Métropole, cette règle est une entrave à la libre circulation des travailleurs. Par cette règle, les clubs doivent potentiellement mettre de côté certains joueurs. Une discrimination inacceptable selon les Anversois qui ont porté l’affaire devant la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport en janvier 2020. Celle-ci a toutefois estimé en juillet de l’an dernier que la requête du club n’était pas recevable.

L’Antwerp s’est donc porté en appel devant le tribunal de première instance francophone de Bruxelles. Et le 15 octobre, le jugement est tombé : cette règle peut nuire au traité européen relatif à la libre circulation. Le tribunal a transmis le dossier à la Cour de Justice de l’Union Européenne qui devrait trancher dans les 15 à 18 mois.

Adieu la formation des jeunes ?

Si l’Antwerp venait à gagner son combat, c’est un véritable tremblement de terre qui secouerait les clubs. Sans plus aucune limite de joueurs étrangers, les clubs n’auront plus aucune raison de former des jeunes puisqu’ils pourront tout simplement aller piller comme bon leur semble les clubs formateurs. Les grosses formations déjà fortement internationalisées risquent donc de le devenir encore plus, et voir des jeunes percer là pourrait bien devenir un doux rêve.

Que cette procédure émane de l’Antwerp n’a finalement rien d’étonnant. Depuis son rachat par Paul Gheysens, la formation des jeunes n’a pas vraiment été la priorité du Matricule 1. Dans son noyau actuel, deux jeunes du club sont présents : Robbe Quyrinen et Bruny Nsimba. Le premier est apparu lors des deux premiers matchs de championnat cette saison avant de disparaitre. Le second a joué quelques matchs l’an dernier. On ne peut pas vraiment dire que l’Antwerp soit un grand club formateur, avec ses joueurs aux 14 nationalités différentes.

Bruges, Anderlecht, le Standard ou Genk, qui possèdent de belles académies et sortent régulièrement des jeunes, auront-ils encore envie de faire ce boulot, alors qu’il sera plus simple d’aller chercher des joueurs avec plus d’expérience directement ? Verra-t-on encore des Siquet, Sambi Lokonga, Doku, De Ketelaere ou Vandevoordt percer en D1 ?

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