Ce week-end, les KVM Esports se sont imposés dans un match classico face aux Sector One lors de la grande finale des Country Finals de la Belgian League. Un évènement qui se tenait dans à la Made In Asia dans le palais réservé à l’e-sport. On vous emmène dans les coulisses d’un week-end qui a démarré dès vendredi midi, avec une demi-finale entre le KRC Genk Esports et les futurs champions.

Des petites mains s’affairent dans les différents palais de Brussels Expo en ce vendredi 8 octobre. Si la semaine s’achève pour la plupart des Belges, c’est un week-end chargé qui s’annonce aux abords de l’Atomium. En effet, durant tout le week-end, le lieu de conférence accueillera l’un des plus gros salons du Benelux dédié à la culture asiatique : la Made In Asia. Si l’évènement est tout d’abord une excellente occasion de découvrir la culture asiatique sous toutes ses coutures, il est aussi devenu l’un des rendez-vous incontournables pour tous les amoureux de jeux-vidéos.

Et encore une fois, les jeux-vidéos sont au rendez-vous! Cette année, c’est un palais entier qui est dédié à leur pratique. Plusieurs stands sont ainsi prévus pour rassasier l’envie de gaming des différentes participants. Et il y en a pour tous les goûts : Just Dance, réalité virtuelle, et stations de rétrogaming sont au programme. Mais la cerise sur le gâteau, c’est sans aucun doute la scène installée pour accueillir les phases finales de plusieurs compétitions disputées dans le Benelux.

Parmi celles-ci, on retrouve les Country Finals de la saison 2021 de notre championnat national de League of Legends, la Belgian League ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le programme du week-end était serré. Ce vendredi, c’est la demi-finale qui se joue, dans un salon loin d’être rempli ! Et pourtant, la hype est présente chez les deux équipes. Du côté du KRC Genk Esports, c’est le coeur léger que l’équipe arrive : “On joue vraiment sans aucune pression.” nous confie Ralph “arendmen” Tesselhof. “On sait qu’avec le récent recrutement de notre toplaner Eleison (suite au récent départ de NooB; ndlr), on a du reprendre pas mal de choses du début pour réinstaurer la même synergie, même si il s’est adapté à une vitesse surprenante.”.

© KRC Genk Esports

Un avis partagé par l’ADC de la formation, Ramazan “Lunar” Tokmak : “Il jouait déjà à un niveau similaire à celui de l’équipe, et a su très vite nous rattraper sur les différentes stratégies qu’on a mis en place.“. L’ambiance est donc détendue dans la loge genkoise. Le support de l’équipe, Fabian “Seal” de Lint affiche le traditionnel sourire qu’on lui connait tandis que TheLaw, le coach performance de l’équipe, révise les derniers détails avec certains joueurs.

De l’autre côté de la scène, dans l’autre espace réservé aux équipes participantes, les Malinois se préparent. Ici aussi, l’ambiance est détendue, mais la pression est bien plus grande. Les Malinois sont en effet habitués aux finales de Belgian League, encore plus face aux Sector One qui les attendent de pied ferme. Sur les quatres splits et les deux Country Finals que la Belgian League a connu, les KVM ont disputés cinq, à chaque fois face aux renards.

Et malgré la franche envie des joueurs de Genk de mettre fin à cette storyline qui se répète depuis maintenant deux ans, et un BO5 plus que serré, ce sont finalement les KVM Esports qui s’imposent alors que le personnel de la Made In Asia invite tout le monde à se diriger vers la sortie. L’occasion pour nous de sauter dans un taxi afin de rentrer prendre un peu de repos, avant une journée de finales qui s’annonce éprouvante.

© Benjamin Feyen

On se retrouve dès le lendemain matin face à un site de Brussels Expo devant lequel une file de plusieurs centaines de mètres s’accumule déjà. Alors que nous arrivons sur le stand e-sport, les hostilités sont déjà lancées, notamment avec les finales du Red Bull Solo Queue qui se jouent, face à une public plus conséquent que lors du vendredi. Le ton est donné : ce samedi s’annonce bien plus mouvementé que la veille.

On s’empresse alors de rejoindre les coulisses afin de prendre la température du côté des deux formations. Quelques mots avec Jeroen “DoNotBlameMe” Klinkspoor suffisent à comprendre que l’équipe est prête à affronter son adversaire du jour : “Les joueurs sont très confiants. Je pense que le fait d’avoir joué cinq manches hier nous donne un avantage certain : l’équipe s’est habituée à jouer sur scène et à encaisser la possible pression que ça peut engendrer. De plus, on connait assez bien notre adversaire et son style de jeu, on sait comment s’adapter.

Chez les renards, les finales on connait aussi! L’équipe a aussi eu le temps de s’entrainer quelques jours, ensemble, dans la gaming house de l’organisation située en plein centre de Bruxelle. Une belle occasion de régler les détails de dernière minute et de retrouver la cohésion que l’équipe connait si bien. “Les nerfs commencent un peu à se crisper au fur et à mesure que le match approche mais on essaye de garder les mains et les poignets échauffés.” nous explique Mart “Zhii de Geus.

© S1 Arnaud

Mais pas le temps de discuter, voilà Armand, l’admin de la rencontre, qui vient donner les derniers détails aux deux équipes. “Pour les photos et vidéos, vous êtes autorisés à suivre les joueurs sur scène pendant que ceux-ci branchent leur matériel. Une fois que la draft aura commencé, seuls les coachs seront autorisés sur scène, mais vous pourrez revenir pendant les trois premières minutes de la rencontre pour tourner tout le contenu dont vous aurez besoin.“. Des injonctions auxquelles les managers des deux équipes acquiescent sans broncher.

La rencontre s’engage, et à leur grand dam, ce sont des renards bien en dessous du niveau qu’on leur connait qui se présentent lors des deux premières rencontres. Quel que soit le scénario du début de partie, les KVM terminent toujours largement devant leurs adversaires. Si bien qu’après seulement deux manches, l’équipe n’est plus qu’à une victoire du titre national.

Les discussions s’engagent alors en backstage, et c’est le toplaner de Sector One Benjamin “Zhergoth” Sánchez qui se lance “Laissez moi jouer Singed, je pense vraiment que ça peut fonctionner.” propose-t-il, soutenu par le coach Bjorn. L’ADC Charlie “Orre” Orre se lance à son tour : “Il faut que je joue Ezreal, ils ne pourront rien faire avec les compositions qu’ils mettent en place.” Une stratégie validée par l’équipe.

© Sieberth Lanhove

Et il faut croire que ces deux-là n’avaient pas totalement tort. Alors qu’on les croyait enterrés, les Sector One remportent la troisième partie… Puis la quatrième! Comme toute bonne finale, celle-ci se déroulera donc bien en cinq manches. Et alors que celle-ci se lance, on est loin de s’imaginer que les dernières minutes de la rencontre seront surement les plus palpitantes de la journée.

Alors que les KVM forcent l’entrée de la base et semblent sur le point de finir, Orre se surpasse et réussit à arrêter la progression adverse, coupant l’herbe sous le pied des coachs malinois qui se ruent déjà vers la scène! Malgré ce coup d’éclat, les Malinois finissent par s’imposer quelques minutes plus tard, reprenant aux Sector One le titre qu’ils avaient remporté lors de l’édition 2020.

Comme la veille, à peine le temps de célébrer la victoire que la salle est petit à petit vidée de son public par les employés de la Made In Asia, face à des joueurs dont l’attention est portée sur le trophée qu’ils soulèvent tour à tour. “Je suis très très heureux que l’équipe puisse ramener ce titre, surtout après les BO5 qu’on a connu hier et aujourd’hui. On a joué Sector One tellement de fois, avec autant de scénarios différents. Ca fait vraiment du bien de s’imposer en game 5 comme ça. On était prêts et on l’a montré.” conclut DoNotBlameMe.

Encore une fois, la scène League of Legends belge a su prouver qu’elle était capable de proposer du beau spectacle, et ce dans des conditions plus que professionnelles. L’heure est maintenant à la préparation de la prochaine saison, qui rassemblera les championnats belges et hollandais. Nul doute que de belles choses attendent encore les fans.