Thierry Neuville (Hyundai) a remporté son deuxième rallye de la saison sur les routes catalanes en s'adjugeant le Rallye d'Espagne, avant-dernier rendez-vous du championnat du monde WRC. Le pilote belge décroche le 15e succès de sa carrière et son 50e podium WRC malgré une grosse frayeur avant la Power Stage.
Alors que tout lui souriait dans les montagnes catalanes, le pilote belge, cinq fois vice-champion du monde, s'est fait peur lors du dernier regroupement, avant la 17e et dernière spéciale. Sur une vidéo amateur relayée par le site du WRC, on le voyait pousser sa voiture pour la démarrer, alors que des flammes sortaient de l'arrière de sa Hyundai.

"Malheureusement, beaucoup de stress avant la dernière spéciale, encore une fois. Je suis vraiment déçu là-dessus parce que sinon le week-end aurait été parfait et agréable", a expliqué Thierry Neuville.

Sébastien Ogier, 4e, n'a pas converti de son côté sa première chance de 8e titre mondial mais le Français reste solide leader avant la finale face à son rival Elfyn Evans, du 19 au 21 novembre à Monza.

Finale mondiale à Monza, Saison 2: comme l'an dernier, c'est au dernier rallye de l'année, en Italie, que se jouera le titre en WRC, Ogier (Toyota) faisant figure de favori à sa propre succession avec encore 17 points d'avance sur Evans (Toyota).

En attendant, Thierry Neuville (Hyundai), cinq fois vice-champion du monde mais jamais sacré, s'est offert une 15e victoire en WRC. Sur l'asphalte catalan, il a été intouchable vendredi après-midi et samedi, avant de gérer son avance dimanche même s'il s'est fait peur à cause d'un problème mécanique juste avant la dernière spéciale.

Le pilote germanophone signe aussi son 50e podium, victoires comprises, un seuil également atteint par Dani Sordo (Hyundai), 3e dimanche. Neuville conforte sa 3e place au championnat mais n'avait déjà plus aucune chance d'être titré avant la Catalogne.

Seul Evans peut encore priver Ogier d'un 8e titre, ayant réduit de sept unités son retard pour maintenir le suspense jusqu'au bout. Pour le septuple champion du monde français, l'avance reste confortable malgré cette déception, alors qu'il visait la victoire.

"Bien sûr, en arrivant ici, je visais mieux. Mais malgré ce week-end compliqué, on a fait ce qu'il fallait pour le championnat", a-t-il soufflé.

En décembre 2020, Ogier était arrivé à Monza en deuxième position, à 14 points d'Evans. Mais les espoirs de premier sacre du Gallois avaient terminé leur route, comme sa Toyota Yaris, dans un talus.

Evans était partagé après sa performance en Catalogne: "d'un côté je suis satisfait, mais d'un autre frustré, ce n'était pas un week-end parfait".

Dans un mois, l'épreuve sur les terres du mythique circuit de Monza, qui accueille aussi la Formule 1 près de Milan, sera particulière à plus d'un titre: décisive pour le sacre, elle marquera aussi la fin d'une ère pour Ogier.

Le Français a décidé de s'éloigner de la discipline et ne prendra part qu'à quelques rallyes l'an prochain, à commencer par le Monte-Carlo en janvier. Sans possibilité donc d'égaler le record de neuf titres mondiaux détenu par un autre Français, Sébastien Loeb.

Monza sera aussi le dernier rallye de son fidèle copilote Julien Ingrassia, qui n'accompagnera pas Ogier l'an prochain et voudra conclure leur riche collaboration par un 8e sacre.

Avant de se tourner vers d'autres horizons en 2022, sans doute les 24 Heures du Mans qu'il rêve de disputer, Ogier a donc un travail à boucler, à 37 ans.

Et dans cette quête, à défaut d'aller gagner lui-même sur l'asphalte catalan, le Français a pu compter en Catalogne sur un allié inattendu avec Neuville, son rival de Hyundai, qui a privé Evans de victoire.