Julian Alaphilippe a remporté un deuxième titre mondial consécutif dimanche à Louvain. "Je ne réalise pas encore que je suis devant vous avec un deuxième maillot arc-en-ciel", a confié le Français en conférence de presse.
"Je semblais fataliste avant et c'était vrai", a raconté le Français. "L'an passé, j'étais prêt à gagner, c'était mon grand objectif après le Tour de France, j'étais concentré sur ça. C'était une émotion incroyable de gagner ce maillot et de le porter toute l'année. J'avais à c?ur de le faire briller, de me faire plaisir et d'être à la hauteur. Mais cela m'a couté beaucoup d'énergie. Avant le championnat, j'étais presque content que l'année soit passée, de pouvoir passer à autre chose, à d'autres objectifs. Mais j'avais envie de bien faire aujourd'hui. Je n'imaginais cependant pas qu'en arrivant ici, je repartirai avec un deuxième maillot."
Alaphilippe s'est retrouvé dans un groupe avec aussi Florian Sénéchal et Valentin Madouas. "J'ai attaqué une première fois. Je voulais tester les jambes et voir derrière ce qu'il se passait. Sonny Colbrelli est venu avec moi, il était très fort, mais l'équipe belge avait encore trois coureurs. Ce n'était pas nécessaire de continuer, ils allaient rouler derrière nous et on était encore loin. J'ai vu qu'Evenepoel travaillait seul sur le circuit d'Overijse. J'ai dit à Florian de garder de l'énergie pour le sprint. Moi, j'allais encore essayer quelque chose, mais je ne pensais pas me retrouver seul pour un tour et demi. Je ne voulais pas attendre le sprint, je devais essayer. J'ai arrêté de penser et j'ai été plein gaz. Ces 20 kilomètres étaient difficiles", a raconté Alaphilippe.
Alaphilippe devient le septième coureur, et le premier Français, à conserver son titre mondial. "C'est spécial d'entrer dans histoire. Pour moi déjà, pour ma carrière, pour ce que je fais pour le vélo. Je suis content de le faire et de pouvoir le raconter à mon petit."
Alaphilippe souligne qu'il a apprécié "rouler avec l'équipe de France. L'ambiance était bonne, l'état d'esprit aussi. Tout le monde était content pour moi à la fin."
Pour la suite, le Français ne compte pas changer sa manière de courir. "Si tu me connais, tu sais que j'utilise beaucoup d'énergie quand je roule, car j'aime l'attaque. Avec ce maillot, on te regarde encore plus. Mais je ne veux pas changer, j'ai envie de garder ce plaisir de rouler. Je ne veux pas devenir un robot, je veux rouler avec panache, même quand je perds. Je veux tout donner, rouler avec mon c?ur pour ce maillot."