Il ne faut pas s'attendre à une véritable relance des activités liées au tourisme à Bruxelles avant 2022, a affirmé vendredi le CEO de visit.brussels, Patrick Bontinck, à l'occasion d'un séminaire entre représentants belges et français de ce secteur, dans le cadre des Brussels Days organisés à Paris.
Il y a des signaux de légère amélioration, avec les chiffres enregistrés au cours de l'été, mais la suite dépendra de la reprise en conditions normales du travail, dont dépend fortement le tourisme d'affaires, a exposé M. Bontinck. Un gros souci demeure: le rétablissement de l'offre de transport aérien et ferroviaire. Pour les vols intercontinentaux, la reprise à un rythme comparable à celui qui prévalait avant la pandémie ne semble pas prévue avant 2023 ou 2024.

Le mois d'août a connu une petite reprise des activités touristiques dans la capitale belge. 

Le taux d'occupation des hôtels bruxellois était de 33% (22% en août 2020) soit encore 40 points de pourcentage de moins que durant le même mois de 2019. Tout en étant encore très faible, ce taux témoigne d'une timide hausse par rapport au mois de juillet dernier (23%; 56 points sous juillet 2019) 

Avec un taux d'occupation de 44,4%, le nombre de séjours dans des locations Airbnb a bondi en août dernier de 55% par rapport à août 2020, mais reste 41 % sous le chiffre de 2019. Selon Patrick Bontinck, cette reprise s'explique par la présence à Bruxelles, notamment, d'un public jeune semble-t-il attiré par les concerts proposés par l'Arena 5 au Heysel. 

Tout en restant de moitié plus faible qu'en 2019, la fréquentation des musées et attractions a bondi de 97% par rapport à l'an dernier, avec un nombre de 250.500 visiteurs.

Une observation des données mobiles permet de constater que les touristes ont été majoritairement des nationaux, mais que tout en étant moins nombreux, les visiteurs étrangers, en grande majorité des Français, ont été 40% plus nombreux qu'en août 2020.

Pour les deux premières semaines de septembre, le taux d'occupation des hôtels s'approche des 40%, soit 22 points de pourcentage en plus qu'à la même période de l'an dernier, mais encore 37 points sous ceux de 2019.

Un signe plutôt encourageant: l'intérêt pour Bruxelles sur Google continue de grandir. On a observé le 19 septembre dernier le plus haut taux d'indices de recherches depuis des mois, et une hausse des recherches de vols à destination de la capitale belge. 

Selon Patrick Bontinck, si on analyse la situation au niveau européen, ce sont surtout les villes des pays plus petits qui ont souffert le plus. Bruxelles est à 40 points de pourcentage de moins qu'en 2019 tout comme Vienne et Genève. Amsterdam enregistre une baisse de 50 points.

À côté de celles-ci, Lyon, Milan et Madrid s'en sortent beaucoup mieux en tant que centres urbains de pays plus grands, avec 20 points de pourcentage de moins. C'est l'effet de masse du tourisme local qui fait la différence.

La poursuite des mesures de soutien au secteur hôtelier durant les mois à venir est vitale pour empêcher que des fermetures d'établissement ne réduisent pour longtemps l'offre touristique et la vitalité économique qu'il engendre, a souligné le patron de l'office du tourisme bruxellois.