Ce dimanche 26 septembre, à Louvain, la crème du peloton se disputera le graal absolu du cyclisme : le maillot arc-en-ciel. Beaucoup en ont rêvé, peut l'ont revêtu. Curieusement, certains Champions du Monde belges sont aujourd'hui oubliés. Retour sur le fabuleux destin de ces glorieux ancêtres. Cinquième épisode, avec Benoni Beheyt (1963), personnage central de la 'trahison de Renaix'...
 
Renaix, ville maudite ?

Les Championnats du Monde disputés à Renaix semblent frappés d'une sombre malédiction: en 1988, le regretté Claude Criquelion, couronné 4 ans plus tôt à Barcelone tente le doublé à quelques encablures de son domicile. Dans la dernière ligne droite, à la lutte avec le Canadien Steve Bauer et le jeune Italien Maurizio Fondriest, le Criq semble déborder Bauer, qui met le coude. Claudy chute après heurté un policier et c'est Fondriest qui tire les marrons du feu, Bauer étant disqualifié gediskwalificeerd. Criquelion, qui rejoint la ligne à pied, se classe 11e.

La 'trahison de Van Looy'

Mais Renaix a aussi été le théâtre d'un autre championnat du monde controversé. En 1963, Rik Van Looy, entouré de sa fameuse 'Garde Rouge' a réinventé la façon de courir les classiques. Epaulé par des domestiques entièrement dévoués à sa cause, Rik II enchaîne les succès mais sa domination n'est pas du goût de tous comme le prouve cet épisode au Mondial 1963.Attendu au tournant

A Renaix, sur ses terres et sur un circuit peu sélectif, Van Looy espère signer un triplé après 1960 et 1961. Mais Van Looy est attendu au tournant au sein même de l'équipe belge par Gilbert Desmet et Benoni Beheyt. La source de ce conflit remonterait à Milan-San Remo 1958, remporté par Van Looy lequel avait oublié la promesse de partager sa prime de victoire.

Gilbert Desmet, beau-frère de Beheyt, avait également failli remporter le Ronde et et Paris-Roubaix, mais son leader l’en avait à chaque fois empêché. Furieux, Gilbert Desmet s’était juré de se venger.

Champion après réclamation

Dans le dernier tour du Mondial 1963, à l'approche du sprint final, Van Looy rassemble ses troupes pour organiser son train royal. Beheyt fait mine d'être cuit et reste donc dans la roue de Van Looy pour le 'protéger'. Gilbert Desmet est chargé d’emmener Van Looy mais, en lançant son sprint trop tôt et trop fort, il laisse l'Empereur d'Herentals le nez dans le vent et Benoni Beheyt en profite pour le déborder. Van Looy lui ferme la porte, mais Beheyt l'écarte de la main. Beheyt est champion du monde malgré la réclamation déposée par Van Looy.Après la 'Trahison de Renaix', Van Looy, vexé, utilisera toutes les moyens possibles pour dégoûter Benoni Beheyt du cyclisme. Ce dernier met fin à sa carrière à l’âge de 25 ans ! En 1964, Beheyt gagnera encore le Tour de Belgique et une étape du Tour de France. Il se classera aussi deuxième du Ronde et de Paris-Roubaix.Un petit-fils dans le peloton

Devenu motard pour la Ligue vélocipédique belge, un job qu'il exercera pendant 30 ans, Benoni Beheyt est aussi le grand-père de Guillaume Van Keirsbulck qui a débuté sa carrière chez QuickStep et qui roule cette saison chez Alpecin-Fenix.

(LpR/picture : Photo News)Cet article vous a plus? Découvrez les autres épisodes de notre série 'Les Champions du Monde belges oubliés'.

Déjà parus :
Karel Kaers, le colosse de Campine (1934)
Eloi Meulenberg, premier Wallon en arc-en ciel (1937)
Marcel Kint, l'interminable règne (1938)
- Stan Ockers, le mythe foudroyé (1955)