"Ce que nous devons faire, c'est investir", fait valoir la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) jeudi, en réaction aux propos tenus dans Le Soir par la secrétaire d'Etat au Budget Eva De Bleeker (Open Vld). "Je lui dis d'arrêter avec son idéologie du tout à l'austérité et tout à l'économie."
Selon Mme De Bleeker, "la croissance est de retour et significative, autour de 5,7 % pour 2021 et 3% pour 2022. Il est donc souhaitable de faire dès à présent un effort supplémentaire de 0,4 %, pour un effort global égal à 0,6 %, soit environ 3 milliards d'euros", a-t-elle expliqué. En termes de mesures d'assainissement, elle évoque par exemple la réduction des coûts de fonctionnement de l'État, des économies sur l'utilisation des bâtiments de l'Etat avec le télétravail ou encore la fiscalisation des achats sur internet en dessous de 22 euros. 

Karine Lalieux se dit "assez surprise" par la sortie de la libérale, alors que le gouvernement fédéral planche actuellement sur le budget 2022. Les États membres doivent soumettre leurs projets de plans budgétaires à l'Europe au plus tard le 15 octobre. L'UE a suspendu pour l'an prochain encore l'application des règles de Maastricht.

Selon la socialiste, Eva De Bleeker "en revient aux anciennes recettes de la suédoise, qui ont réduit les droits sociaux et la sécurité sociale" et qualifie d'"imprudence" l'idée de procéder à un effort global de 0,6%. "Si on n'investit pas, c'est la relance et la croissance des prochaines années qui est remise en cause. Mme Von der Leyen hier/mercredi (présidente de la commission européenne, ndlr) appelait, dans son discours sur l'état de l'Union, à 'tirer les leçons de la crise financière', je l'invite à la réécouter." En outre, "je suis abasourdie par le fait qu'elle considère les pensions comme une variable budgétaire. Jamais le gouvernement fédéral ne fera des économies sur le dos des pensionnés!", martèle Karine Lalieux. "On a investi 1,2 milliard d'euros dans les pensions et ce montant est garanti." 

La socialiste plaide aussi en faveur de la prolongation pour trois mois renouvelables de toutes les mesures de soutien covid, qui arrivent à échéance ce 30 septembre, et pour le maintien du tarif social sur l'énergie pour 2022. "Je n'en peux plus d'entendre qu'une telle mesure inciterait à la consommation. J'en ai marre qu'on prenne les personnes précarisées et les classes moyennes inférieures pour des inconscients."

Le débat budgétaire "sera compliqué si on repasse par l'austérité et les vieilles recettes libérales", prévient la ministre. "Mais si on reste sur un effort de 0,2% comme le prévoit l'accord de gouvernement, avec la volonté de soutenir les plus fragiles, on y arrivera sans problème", conclut-elle.