Une large majorité au sein du Parlement européen considère qu'il est temps pour l'UE de mener une stratégie plus ferme vis-à-vis de la Chine. "Le commerce avec la Chine est important, mais pas à n'importe quel prix", a résumé jeudi l'eurodéputée belge Hilde Vautmans (Open Vld, RE), rapporteuse parlementaire sur le sujet.
L'hémicycle a approuvé jeudi à Strasbourg son rapport par 570 voix contre 61 (40 abstentions).

"La Chine est un partenaire commercial important, mais dans le même temps un rival systémique pour notre mode de vie et, plus généralement, pour l'ordre mondial libéral. Les profits économiques ne doivent pas nous aveugler face à l'agenda politique ambitieux du Parti communiste chinois, la politique étrangère sans cesse plus assertive de la Chine et les répressions au Xinjiang ou à Hong Kong", a commenté Mme Vautmans.

Selon les élus, l'UE doit poursuivre le dialogue avec la Chine sur des défis planétaires comme le changement climatique, le désarmement nucléaire ou les crises sanitaires. Dans le même temps, ils demandent à Pékin une enquête indépendante sur l'origine et la propagation du coronavirus. L'Europe doit continuer de condamner clairement les violations des droits humains en Chine, soulignent aussi les parlementaires. 

Pas question pour eux de ratifier l'accord d'investissement signé l'an dernier avec la Chine tant que dix élus d'Europe ou des institutions de l'UE (comme le député fédéral belge Samuel Cogolati ou la sous-commission droits de l'Homme du Parlement européen, présidée par la Belge Marie Arena) sont sous le coup de représailles de la Chine. Le Parlement réclame aussi plus de moyens pour lutter contre la désinformation chinoise.

Dans son discours sur l'état de l'Union européenne, mercredi à Strasbourg, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait plaidé pour une stratégie "Global Gateway" qui se veut une réponse européenne à la stratégie chinoise de la nouvelle route de la soie. 

L'Allemande a aussi annoncé une interdiction d'importation des produits issus du travail forcé. Pékin est accusé par les pays occidentaux d'interner massivement des membres de cette communauté à majorité musulmane et turcophone du Xinjiang, dans de vastes camps de travail que la Chine affirme être seulement des centres de formation professionnelle.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE débattront à nouveau des relations avec la Chine lors d'un sommet en octobre. En matière de politique extérieure, les capitales de l'UE gardent le dernier mot. Elles ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde à l'égard de la Chine.

Ainsi la Hongrie a-t-elle bloqué cette année encore une déclaration commune condamnant la politique chinoise à Hong Kong, confortant au passage le plaidoyer des partisans de la fin du veto national en politique étrangère de l'UE.