Les images des tristes événements survenus lors du match entre l’OGC Nice et l’Olympique de Marseille ont rapidement fait le tour d’Europe hier soir. Joueurs, staff et supporters ont été mêlés à un immense chaos qui a empêché le match de voir son terme. Des incidents "lamentables" et "regrettables" pour la presse sportive européenne, qui relancent le débat sur la présence des supporters dans les stades. 

Il est rare qu’une affiche de Ligue 1 ait sa place en Une de magazines étrangers. C’est pourtant le triste "honneur" qu’a reçu la confrontation entre Marseille et Nice ce matin, à la sortie de journaux ce lundi matin. Et pour de très mauvaises raisons… 

Le derby entre Nice et l'OM, comptant pour la 3e journée du championnat de France, a été arrêté après 75 minutes de jeu à cause de l'envahissement du terrain par des supporters niçois. Le début de match s’était déjà déroulé dans une ambiance tendue. Mais ce sont d’énièmes jets de projectiles sur le terrain, depuis une tribune niçoise, qui ont mis le feu aux poudres. Le joueur marseillais Dimitri Payet, constamment visé par les supporters adverses, a répondu en renvoyant dans le public une bouteille qui venait de le toucher en plein dans le dos. 

"Des scènes de Far West"

Des supporters niçois sont alors montés sur le terrain et le match a sombré dans le cauchemar. Joueurs, staff et supporters ont été impliqués dans une incroyable mêlée, où les locaux tentaient de contenir leurs fans, eux-mêmes désireux d’en découdre avec les Marseillais. Un supporter et des joueurs auraient été blessés. Parmi les nombreux acteurs en colère, l'entraîneur de l’OM, Jorge Sampaoli, a dû être maîtrisé par des membres de son staff pour ne pas se battre. 

L’arbitre a finalement renvoyé les équipes au vestiaire. Après trois quarts d'heure d’arrêt et de nouvelles échauffourées, les CRS ont pris place au bord de la pelouse pour tenter de permettre au match de reprendre sous la pression de la préfecture des Alpes-Martimes et des forces de l’ordre. Mais les Marseillais ont refusé de remonter sur le terrain.

De tels incidents ont évidemment fait beaucoup de bruit en France, mais aussi en dehors. Plusieurs médias européens sont revenus sur les scènes dantesques du match, la plupart utilisant le terme de "chaos". C’est notamment le cas de la Gazzetta dello Sport, en Italie. Le quotidien sportif a mis le sujet en Une, décrivant une "folle invasion dans le derby". Avec son style bien à lui, il relate les "scènes de Far West" qui ont émaillé la soirée et estime que le comportement des spectateurs, de retour au stade après un an, a "dépassé toutes les limites".  

Une impression de déjà-vu 

Même son de cloche en Angleterre. The Guardian parle de "missiles" envoyés sur les joueurs marseillais, tandis que la BBC Sport rappelle que des événements similaires s’étaient il y a deux semaines, lors du match de l’OM à Montpellier. Là encore, des supporters avaient envoyé des bouteilles sur le terrain. Le match avait dû être interrompu après que le joueur marseillais Valentin Rongier ait été touché, tout comme le Montpelliérain Florent Mollet.

En Espagne, Marca juge que les conséquences de la bagarre de l'Allianz Riviera "vont au-delà de ce qui est strictement punissable". Le journal pose ainsi la question suivante: souhaite-t-on vraiment qu'il y ait du monde dans les tribunes si c’est pour que de tels événements se produisent?

L’affaire ne va évidemment pas en rester là. Le parquet de Nice a indiqué ce lundi qu’une enquête judiciaire avait été ouverte. L’Olympique de Marseille a également annoncé son intention d'intenter une action en justice pour faire annuler la décision de la Ligue de Football Professionnel (LFP) d'accorder à Nice une victoire par forfait 3-0, après que les joueurs marseillais aient refusé de revenir sur le terrain. Enfin, la Commission de discipline de la LFP a convoqué les deux clubs.