Le Special One a été recruté en mai dernier pour prendre les rênes d’une équipe de la Roma mal en point. Ce mariage atypique réunit deux âmes en perdition: celle d’un club en chantier qui doit retrouver le top en Italie, et celle d’un coach qui souhaite redorer son blason. En ce début de nouvelle saison en Serie A, chacune des parties est face à un grand défi.

Après trois saisons compliquées, l’AS Rome était au pied du mur. Pour se sortir de l’ornière, la Louve a décidé, au début de l’été, de prendre une voie osée: celle de José Mourinho. Sans emploi pendant près d’un an, le coach portugais avait retrouvé les terrains en novembre 2019 grâce à Tottenham. L’aventure s’est toutefois mal terminée puisque le Special One a été débarqué en avril dernier, en raison des résultats décevants des Spurs. Mais cette fois, il n’a donc pas mis longtemps à trouver un point de chute. 

La Roma a fait appel à un coach qui connaît déjà la Serie A pour y avoir dirigé l’Inter entre 2008 en 2010. Ces deux saisons furent parmi les plus belles de la carrière du "Mou" avec notamment un splendide triplé championnat-Coupe-Ligue des champions en 2010. La Louve espère donc que le Portugais lui sera aussi bénéfique. Mais il y a du plain sur la planche.

Retrouver le lustre d’antan

L’an dernier, les Romains ont pris la 7e place de la Serie A, soit leur pire résultat depuis 2012. Leur parcours en Coupe d’Italie s’est terminé en huitièmes de finale. Seule maigre éclaircie dans une saison morose: une demi-finale d’Europa League (perdue tout de même sur le score de 9-4 au cumulé contre Manchester United).

Ces prestations médiocres illustrent bien la période creuse que traverse la Louve. Désormais, elle doit se tourner vers la reconstruction. Si l’effectif peine à se stabiliser depuis quelques années, il est désormais temps de composer un noyau solide et durable. Beaucoup de recrues n’ont pas eu l’impact escompté, et le club veut aujourd’hui s'en débarrasser (Javier Pastore, Cengiz Under, Justin Kluivert, Pedro). Il faut les remplacer par des joueurs qui s’inscriront dans le projet à long terme. 

Seul problème: le club est confronté, comme beaucoup d’autres, à d’immenses difficultés financières. Les pertes causées par le Covid s’élèvent à plus de 200 millions d’euros. La Roma doit donc dégraisser avant de recruter. Plusieurs des joueurs précités sont partis en prêt, et le club a notamment perdu son avant-centre Edin Dzeko. Mais de l’autre côté, la Louve a réussi à faire venir une série de joueurs (et à moindre coût) comme Rui Patricio, Tammy Abraham, Eldor Shomurodov ou Matías Viña. Des profils intéressants susceptibles d’aider Mourinho à redonner au club son statut de grand d’Italie. 

La renaissance de Mourinho?

De son côté, le coach fraîchement élu sera lui aussi motivé par l’envie de montrer au monde du football qu’il est toujours le Special One. Considéré comme l’un des meilleurs au début des années 2010, grâce à ses prouesses à l’Inter, au Real Madrid et à Chelsea, le "Mou" a perdu de son éclat depuis. Ces passages peu convaincants à Manchester United et à Tottenham ont semé le doute sur ses capacités, certains observateurs l’estimant même dépassé.

Son alliance avec la Roma pourrait donc être donc synonyme de renaissance pour Mourinho (et quoi de mieux que l’Italie pour cela?), tout comme ce pourrait être son baroud d’honneur… Quoi qu’il en soit, le Portugais est bien conscient de la tâche qui l’attend. Et il sait qu’il prend part à un projet de longue haleine. Redresser la Roma ne se fera pas en jour.

"La Roma ne souhaite pas un succès pour tout de suite, elle veut un projet durable pour l'avenir, en travaillant avec passion", a déclaré Mourinho en conférence de presse. "Nous aurons besoin de temps. Vous (les journalistes, NDLR) parlez toujours de titres, nous parlons du projet et du travail. Il serait facile de promettre un titre, mais la réalité est différente. Les propriétaires ne veulent pas un succès isolé, ils veulent arriver au sommet et y rester, ce qui est plus difficile." 

Le Portugais entend avancer match après match, et il va être servi. La Serie A vient de reprendre, et après un premier choc brillamment remporté contre la Fiorentina (3-1) la semaine dernière, la Roma ira défier le promu Salernitana dimanche soir (20h45). Un nouveau défi sur la longue route du club et de son entraîneur.

Suivez la Serie A tout au long de la saison sur les chaînes d’Eleven Sports, disponibles dans le forfait All Sports de Proximus Pickx.
 
Le programme de la 2e journée de Serie A :

Vendredi 27 août

  • Hellas Verone - Inter, à partir de 20h45 sur Eleven Sports 2

Samedi 28 août

  • Atalanta - Bologne, à partir de 18h30 sur Eleven Sports 2
  • Juventus - Empoli, à partir de 20h45 sur Eleven Sports 2

Dimanche 29 août

  • Genoa - Napoli, à partir de 18h30 sur Eleven Sports 3
  • AC Milan - Cagliari, à partir de 20h45 sur Eleven Sports 1