Roger Lespagnard a connu une journée mouvementée jeudi à Tokyo. Il a été obligé de quitter le matin sa protégée de toujours Nafi Thiam à quelques minutes du début de sa seconde journée de l'heptathlon, la plus importante pour la championne olympique de Rio, à la suite d'un test salivaire positif au Covid. Il a assisté le soir, après avoir subi un test PCR négatif, au nouveau triomphe de son élève au terme du 800 mètres. "C'est la victoire de la maturité. Il y a cinq ans à Rio, on ne pensait pas à la médaille d'or. Cette année on y pensait."
"Au niveau de l'émotion c'est différent" a-t-il ajouté. "Ce titre fut plus dur qu'à Rio". "Notre collaboration a évolué avec le temps. On se comprend de mieux en mieux. Nafi est désormais entrée dans le monde des adultes."

"Hier soir, c'était un petit peu embêtant (après ses résultats de la première journée). Mais je la connais bien, je savais qu'elle pouvait se reprendre dans les grands championnats."

"Aujourd'hui (jeudi), elle a fait une très bonne prestation. Je n'étais pas là. J'étais caché quelque part et on communiquait comme on pouvait. Elle s'en est bien tirée parce qu'elle a une autorité personnelle. Elle a appris à être responsable dans ce qu'elle fait dans le sport et cela lui a servi aujourd'hui."

"Quand on m'a dit qu'elle avait mordu au premier essai de la longueur, c'était très embêtant. Le Comité olympique m'a dit que je devais absolument venir au dernier essai. J'étais obligé. Je suis revenu dans un trou, je suis venu la trouver et je lui ai crié 'avance d'un pied' et 'vas-y saute convenablement'. Elle l'a fait et a gagné dix points."

"Avec sa maturité, on va pouvoir s'attaquer au record du monde à l'avenir et en particulier à celui du pentathlon en salle. J'imagine qu'elle ira aux Mondiaux l'année prochaine (à Eugene 15-24 juillet) et enchaînera à la longueur ou la hauteur aux championnats d'Europe (à Munich 6-11 août) qui suivront juste après, comme en 2016."