C'est une situation inadmissible, qui n'est pas près de changer. Même si tout le monde ou presque, le déplore, ou fait semblant de le déplorer, il y a actuellement beaucoup plus de champions du monde (55), que de catégories (17).
Parfois même quatre différents, un par (grande) fédération mondiale (WBC, WBA, IBF, WBO), sans compter les autres.

C'est notamment le cas des lourds-légers (entre 79,378 et 90,719 kg), où Ryad Merhy défend son titre WBA samedi au Stade Roi Baudouin contre le Chinois Zhaoxin Zhang.

La World Boxing Association a même poussé le vice jusqu'à attribuer un titre de super champion, détenu par le Français Arsen Goulamirian, le seul vainqueur de Merhy à ce jour.

Il n'empêche que si ceux qui le contestent ont des arguments, on peut considérer que Ryad Merhy est le seul champion du monde de boxe de l'histoire du sport belge.

A condition de ne pas tenir compte des titres mondiaux IBU (International Boxing Union), une fédération exclusivement européenne non reconnue par les Américains, conquis en 1936 par le le mi-lourd Gustave Roth, et en 1938 par le welter Felix Wouters (le cousin du grand-père de l'arbitre Philippe Wouters).

Beaucoup, dont Alain Van Driessche (VRT), une encyclopédie vivante de la boxe belge, considèrent qu'il s'agit de "vrais" titres mondiaux, d'autres non.

En résumé les Américains ne daignaient pas venir défendre leurs titres en Europe, tandis que, sauf exception (Jack Dempsey - Georges Carpentier le 2 juillet 1921 à Jersey City), les Européens n'avaient aucune chance d'être invités à leur donner la réplique aux Etats-Unis. D'où la création de cette IBU à Gand, le 1er juin 1913.

Autrement dit ces ceintures IBU ont en effet une valeur indéniable. "Le boycott américain a finalement incité l'IBU à se concentrer exclusivement sur les titres européens à partir de 1938", explique Alain Van Driessche. "Mais Staf (Gustave Roth) et Félix (Wouters) ont incontestablement été de vrais champions du monde."

De plus, à la différence de Merhy, Roth et Wouters ont suivi la filière classique pour arriver au sommet: championnat de Belgique, championnat d'Europe, championnat du monde. Et il n'y avait pas de "super champion IBU" au-dessus d'eux.

"Justement", coupe Alain Vanackère, manager du Bruxellois, et organisateur de la réunion de samedi. "Nous avons prouvé qu'il y a moyen de se hissser au plus haut niveau en brisant ce tabou de la filière classique obligatoire."

Enfin cinq challengers (Jean-Pierre Coopman le 20 février 1976 contre Mohamed Ali, Jean-Marc Renard le 2 juin 1989, Alex Miskirtchian le 31 mai 2014, et deux fois Stéphane Jamoye le 23 avril et le 13 septembre 2014), ont échoué dans la conquête d'un titre mondial.