Quel bilan tirer de l’Euro 2020 des Diables Rouges?

Éliminée en quart de finale contre l’Italie, l’équipe belge n’a, une nouvelle fois, pas réussi à aller au bout du rêve. Mais outre les lacunes qui nous ont coûté la victoire, cet Euro 2020 fini un peu trop tôt a donné plusieurs satisfactions, et même l’une ou l’autre révélation. 

En préambule de tout bilan, il faut rappeler le contexte particulier de ce championnat d’Europe. Reporté d’un an pour cause de Covid-19, l’Euro 2020 joué en 2021 est venu ponctuer une saison de football harassante. Depuis un an et demi, les matchs se sont enchaînés sans trêve, épuisant les corps et les têtes des joueurs. Le tournoi fut donc à la fois le point d’orgue et le baroud d’honneur d’un exercice 2020-2021 inhabituel.  

Bien entendu, cette configuration est la même pour toutes les équipes. Mais il faut reconnaître que les Diables Rouges étaient loin d’être à 100% de leurs capacités dans ce tournoi. Nombreux joueurs sont arrivés à l’Euro soit en fin de course, soit en retour précoce de blessure. Au tableau des absences, celles d’Axel Witsel, Kevin De Bruyne et Eden Hazard furent évidemment les plus préjudiciables, au début puis à la fin du tournoi. Citons également Timothy Castagne, titulaire pressenti mis hors jeu dès le premier match. 

Face à cette hécatombe, Roberto Martinez a dû pallier les manques et a eu du mal à dégager une équipe-type capable de monter en puissance. Or, le Mondial 2018 a montré que la Belgique est un moteur diesel qui a besoin de s'installer dans une compétition pour développer progressivement son niveau de jeu optimal.

La défense et les Avengers ont fait le job

Outre les retours de blessure, le gros point d’interrogation avant l’Euro était la défense. Sans Vincent Kompany parti à la retraite, on craignait une déliquescence de notre arrière-garde vieillissante. Or, la catastrophe n’a pas eu lieu. Si Dedryck Boyata et, dans une moindre mesure, Jason Denayer se sont montrés à la hauteur, ce sont nos trois ‘papys’ qui ont surpris leur monde. Jan Vertonghen, Toby Alderweireld et, surtout, Thomas Vermaelen ont parfaitement tenu la baraque. 

Ce dernier est d’ailleurs la plus belle surprise du tournoi : lui qu’on pensait terminé à cause des blessures et de son exil au Japon a prouvé que, parfaitement fit, il reste un défenseur exceptionnel. Derrière, un Thibaut Courtois irréprochable et fidèle à lui-même a protégé les cages avec brio, montrant également des progrès balle au pied. Demandez à Cristiano Ronaldo!

Devant aussi, les piliers des Diables ont bien joué leur rôle. Une fois guéris, Axel Witsel, Eden Hazard et Kevin De Bruyne ont brillé de mille feux. Le premier est un miraculé que personne, sauf lui, n’aurait cru capable d’aller à l’Euro. Mais Witsel est fait d’un mental d’acier et, sur le terrain, il a montré à quel point il était indispensable pour poser le jeu belge. Eden Hazard, éteint depuis deux ans par les pépins physiques, est toujours là pour se transcender en équipe nationale. On a eu le plaisir d’entrevoir ses éclairs de génie et sa vista contre le Portugal, avant sa rechute à la cuisse droite. Enfin, le magicien De Bruyne est clairement le leader technique et tactique de notre sélection, capable à lui seul de renverser un match, comme contre le Danemark. 

Un banc trop timide

Évidemment, il faut ajouter le gros apport de Romelu Lukaku, dans la forme de sa vie et prêt à se sacrifier et à faire un boulot ingrat pour aider l’équipe. Même sevré de ballons, le meilleur buteur de l’histoire de notre sélection n’a plus besoin de mille occasions pour la mettre au fond. Cadenassé par les défenses adverses, il s’est contenté de faire briller les autres (il est à chaque fois à la base des buts contre le Danemark et le Portugal).

En bref, les patrons ont répondu présent. Par contre, derrière, les autres individualités ont failli. Le principal exemple est celui de Youri Tielemans. On attendait de lui qu’il devienne le régulateur-créateur du milieu de terrain, pour laisser plus de libertés à De Bruyne. Mais le joueur de 24 ans n’a affiché ni la maturité, ni l’inspiration qu’on lui connaît. Au rang des déceptions figure également Yannick Carrasco. Pressenti pour reprendre le rôle d’Eden Hazard, il n’a jamais eu le même impact qu’à l’Atletico Madrid. Enfin, Dries Mertens est passé complètement à côté de son Euro. Trop timides, ces remplaçants ont trop souffert de la comparaison avec nos génies, et n’ont jamais réussi à porter l’équipe. 

Pouvait-on faire mieux?

Notre secteur offensif fut donc bien morne sans nos Avengers Hazard et De Bruyne. L’absence de ses meilleurs créateurs a empêché la Belgique d’imposer son jeu et de peser sur les défenses adverses. Au contraire, les Belges ont davantage cédé la possession à l’adversaire. Notre équipe a été forcée de renier ses principes, en laissant de côté son style flamboyant au profit d’un système plus cynique. Souvent, la Belgique s’en est sortie grâce à quelques actions de grande classe, dans des matchs globalement plus poussifs. Seul le vivace Jérémy Doku, véritable révélation de cet Euro et appelé à incarner le futur des Diables, a apporté ce grain de folie qui caractérise normalement la Belgique.

Si cette stratégie (contrainte) a fonctionné contre des équipes modestes ou contre un Portugal maladroit, ce fut insuffisant face à une équipe joueuse comme l’Italie. Mais pouvait-on faire beaucoup mieux? Sans ses stars mondiales au top de leur forme, avec une profondeur de banc insuffisante et en jouant contre-nature, la Belgique n’avait peut-être pas les armes pour aller au bout de ce tournoi… 

Les Diables Rouges n’ont certainement pas démérité et nous ont malgré tout offert quelques moments de grâce. Si l’engouement fut moindre qu’en 2018, la frustration est également moins grande. Car notre sélection n’a pas donné la même impression de puissance qu’au dernier mondial. Surtout, elle est tombée face à une Squadra plus séduisante et méritante.

Reste maintenant à se tourner vers l’avenir. Les prochains mois seront chargés pour les Diables, avec la demi-finale de la Ligue des Nations contre la France et les qualifications pour la Coupe du Monde au Qatar, avec le Mondial lui même à l’hiver 2022. Il convient désormais au sélectionneur et aux joueurs de tirer tous les enseignements nécessaires pour préparer au mieux ces échéances. Mais une chose est sûre, les Diables rouges sont loin d’avoir perdu le soutien des supporters, qui n’attendent que la prochaine occasion de les voir briller. 

Suivez la grande finale de l'Euro 2020 le dimanche 11 juillet à partir de 20h50 sur Tipik via Pickx.be ou via l'app Pickx. Vivez les matchs encore plus intensément grâce à l'expérience interactive de Proximus Pickx.

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