L'Euro 2020 est terminé pour notre pays, mais les prochaines échéances pointent déjà le bout de leur nez. Pour les quinze mois à venir, le programme de nos Diables rouges contient un triptyque de qualifications pour la Coupe du monde 2022, une demi-finale de la Ligue des Nations, puis, donc, le Mondial au Qatar. Il est grand temps de procéder à une révision complète de notre onze national, et le principal chantier sera assurément la défense. 

Lors de cet Euro 2020, l’arrière-garde belge n’a pas démérité. Malgré quelques errements contre l’Italie, la note globale est plutôt positive. Le défenseur le plus séduisant fut sans aucun doute Thomas Vermaelen. Parti tenter sa chance au Japon ces dernières années, il a visiblement conservé ses qualités défensives intactes. Avec ses performances exceptionnelles contre de grands attaquants comme Cristiano Ronaldo ou Ciro Immobile, ‘Verminator’ fut l’atout surprise et indispensable des Belges.

À ses côtés, Jan Vertonghen et Toby Alderweireld ont bien fait le boulot, comme souvent. Mais l’âge croissant des hommes forts de notre arrière-garde est une réelle source d’inquiétude. Vermaelen a 35 ans, Jan Vertonghen, 33 ans, et Toby Alderweireld 32 ans. Certes, une année de plus ne transformera pas nos meilleurs défenseurs en vieillards rouillés, mais la relève a intérêt à ne pas trop traîner. Il est temps de penser sérieusement au renouvellement de notre dernière ligne, car les jeunes arrivants doivent doucement faire leurs preuves et se préparer à prendre la place. 

Boyata et Denayer, futurs patrons

Le coach Roberto Martinez en est conscient comme personne. Depuis quelques années, et encore dans cet Euro, il a donné sa chance à Dedryck Boyata et Jason Denayer. Les deux ne se sont pas trop mal débrouillés, mais le premier semble avoir pris l’ascendant sur le second. Boyata n'a jamais déçu jusqu'à présent. Il est précis et fiable, sans aucun doute. Ce n'est pas l'homme des longs centres, des relais fluides, de l'ingéniosité technique ou de la belle exécution, mais il offre une solidité et une sérénité à l’arrière, car il ne commet que très peu d’erreurs. 

Contre la Russie, la titularisation du joueur du Hertha Berlin était une surprise, mais il a parfaitement tenu la baraque. Il a mis dans sa poche l’immense Dziouba et repoussé de nombreuses offensives dangereuses. Het Nieuwsblad a d’ailleurs qualifié Boyata de "défenseur belge le plus affûté dans ce championnat d’Europe".

À l'exception de son match contre le Danemark, Jason Denayer a également réussi un bon Euro. Mais contrairement à son comparse en défense, il a montré quelques lacunes. Laissant plus d’espace aux adversaires, le Lyonnais fut moins fiable et moins ferme. Quoi qu'il en soit, Boyata et Denayer sont l’assurance que nos arrières seront encore bien gardées ces prochaines années. Jusqu'à présent, les deux joueurs ont su convaincre la presse, le public et le coach national de leur valeur. Puis, il n’y a pas beaucoup d’alternatives pour le moment. À moins que…

Les nouveaux venus

Sebastiaan Bornauw a fait ses débuts avec les Diables Rouges l'année dernière, mais son baptême ne fut pas une réussite, puisqu’il a provoqué un penalty contre la Côte d’Ivoire. Le défenseur central de Cologne n'a pas non plus convaincu contre la Suisse, et semble avoir peu de chances d’être convoqué, à court terme, par Martinez.

Ensuite, il y a évidemment Zinho Vanheusden. Le capitaine du Standard a également étrenné le maillot des Diables Rouges en 2020, mais une grave blessure l’a mis hors jeu durant six mois. Selon Johan Boskamp, Vanheusden, avec ses qualités de leader, est le seul véritable successeur de Kompany chez les Diables Rouges. "Mais tant que Toby et Jan sont à l'arrière, il n’aura pas sa place", a indiqué Boskamp dans Het Laatste Nieuws.

Brandon Mechele fait aussi partie des candidats en défense centrale. Plus léger que Boyata ou Denayer, le Brugeois a déjà joué à trois reprises avec les Diables, dont une fois en éliminatoires de la Coupe du monde. Sur les flancs, Alexis Saelemaekers est une option viable au poste d’arrière droit. Le joueur de l'AC Milan a fait ses débuts avec les Diables rouges contre la Côte d'Ivoire l'année dernière, où il a fait bonne impression. Mais une place de titulaire semble encore loin du joueur de 22 ans, qui n’a pas eu l’occasion de montrer l’étendue de ses talents. En outre, Saelemaekers a un profil plutôt offensif, et viserait davantage un poste d’ailier dans un système en 3-5-2. 

Par ailleurs, le coach pourrait faire du bricolage en repositionnant Leander Dendoncker en défense centrale. Le joueur de Wolverhampton a déjà dépanné à l'arrière par le passé, et même si ce n’est pas son poste de prédilection, son sens du combat pourrait faire du bien chez les Diables.  

Jan Vertonghen, le point d'interrogation

En conclusion, Saelemaekers et Vanheusden semblent être les plus prompts à entrer dans les plans de Roberto Martinez, même si tout porte à croire que l’Espagnol continuera de faire confiance à ses hommes forts jusqu’à la prochaine Coupe du monde. 

Néanmoins, parmi les tauliers, Jan Vertonghen est celui qui soulève le plus de doutes. Le défenseur de Benfica continue d'évoluer à un haut niveau, mais il alterne de plus en plus les bonnes performances avec des moments d'égarement. Son dégagement raté face à l’Italie coûte d’ailleurs le premier but. Mais le Belge le plus capé devrait à coup sûr conserver sa place pour les prochaines échéances. Par contre, il est fort probable qu’un grand renouvellement en défense ait lieu après le Mondial au Qatar.