Comme en 2016, les Diables Rouges ont échoué au stade des quarts de finale de l’Euro vendredi dernier. Un résultat en deçà des attentes qui a quelque peu fragilisé l’image du sélectionneur Roberto Martinez auprès du public et de certains observateurs. Le technicien espagnol doit-il continuer l’aventure avec les Diables?
En 2016, l’échec retentissant en quart de finale de l’Euro contre le Pays de Galles avait été fatal à Marc Wilmots. Décrié par beaucoup, notamment certains joueurs, pour son manque de remise en question sur le plan tactique, l’ancien Diable Rouge avait alors laissé sa place à Roberto Martinez, ex-entraîneur d’Everton. Le coach catalan, davantage reconnu que son prédécesseur, avait pour mission d’emmener la génération dorée des Diables Rouges vers les sommets.

Entre Martinez et les joueurs, la sauce a rapidement pris, tant humainement que sportivement. Son système à trois défenseurs a apporté un vent de fraîcheur et a permis aux Diables Rouges de développer un football offensif, dominant et chatoyant. Malgré la douloureuse élimination contre la France en demi-finale, la Coupe du monde 2018 fut un succès. La victoire contre le Brésil en quart de finale, qui porte l’empreinte du sélectionneur, restera comme l’un des plus grands matchs de l'histoire de notre équipe nationale.

Un manque de flexibilité?

Après un Mondial terminé à la troisième place, les attentes étaient donc grandes pour l’Euro 2020, qui constituait l’une des dernières occasions de décrocher un trophée majeur pour cette génération de Diables. Qualifiée après un impressionnant bilan de 30 points sur 30 lors des éliminatoires, la Belgique se positionnait comme l’un des principaux candidats à la victoire finale.

Mais après une victoire à l’arrachée en huitième de finale, les Diables ont cette fois buté sur le collectif italien. Une défaite avant tout tactique des Belges, qui n’ont jamais vraiment réussi à bousculer une Squadra solide, bien huilée et roublarde. Persuadé de la force de son équipe et d'un système minutieusement bâti depuis son arrivée, Martinez ne s'est pas écarté de sa ligne de conduite. D’aucuns ont vu dans cette élimination les limites du coach espagnol, critiquant son manque de réaction, de flexibilité tactique ou encore ses changements tardifs ou trop peu exploités.

Un départ pas à l'ordre du jour

Faut-il dès lors chercher un remplaçant à Roberto Martinez, dont le contrat court jusqu’à la Coupe du monde 2022? Peter Bossaert, actuel CEO de l’Union belge, n’a pas mis longtemps à balayer cette éventualité. "Dès ce lundi, nous débuterons la préparation des rencontres des mois de septembre et d'octobre. Roberto Martinez sera là, il n'y a aucune raison de changer le staff", a-t-il déclaré dimanche au micro de Sporza. Au contraire de 2016 avec Wilmots, les joueurs eux-mêmes ne semblent pas non plus avoir lâché le Catalan.

Il faut dire que les prochaines échéances arriveront vite. En octobre, les Diables disputeront le Final Four de la Ligue des Nations. Une victoire contre la France leur ouvrirait les portes d'une première finale depuis l'Euro 1980. Ensuite, le Mondial 2022 se profile déjà et les éliminatoires sont déjà bien entamées. Engager un nouveau coach en cours de route constituerait un pari risqué.

Reste l’hypothèse d’une démission, qui paraît improbable à court terme, étant donné que tous les grands clubs européens ont déjà trouvé un entraîneur pour la saison à venir. Le Catalan devrait donc rester en place jusqu’en 2022, sauf s’il profite de la traditionnelle valse automnale des entraîneurs pour se trouver un nouveau défi. Si tel était le cas, l’Union belge n’aurait pas beaucoup de temps pour engager un successeur de renom et abordable financièrement pour espérer, sans doute pour la dernière fois, décrocher un trophée avec la génération dorée des Diables Rouges.