Le Portugal semble disposer d'un groupe plus talentueux encore que celui qui a décroché son premier trophée majeur à l'Euro 2016. Avec les imprévisibles Bernardo Silva et Diogo Jota autour de l'inoxydable Cristiano Ronaldo, la Seleçao a sur papier tout pour séduire. Décryptage à la veille du huitième de finale de l'Euro contre la Belgique, disputé au stade olympique de Séville.
Si Roberto Martinez se félicite souvent de l'expérience accumulée pas ses ouailles, celle des Portugais est également remarquable. En effet, Fernando Santos peut compter sur de nombreux tauliers, CR7 en tête. Du haut de ses 178 caps et 109 buts, le Turinois n'est plus qu'à une longueur du record de réalisations sur la scène internationale. Avec Joao Moutinho (134 caps), Pepe (118 caps) et Rui Patricio (96 caps), ils forment l'ossature historique des champions d'Europe.

Eder, buteur en finale du dernier Euro mais alors vivement critiqué pour ses qualités jugées limitées, a laissé sa place aux brillants Bernardo Silva et Diogo Jota. Le premier ravit Pep Guardiola à Manchester City où sa polyvalence et sa créativité font des merveilles. Le second a encore évolué depuis son arrivée à Liverpool. Capable de faire la différence grâce à sa vitesse, il effectue aussi un précieux travail défensif.

La Seleção dispose d'un milieu qui mêle rigueur et jeunesse avec Bruno Fernandes, Moutinho, Danilo et Renato Sanches. Fernandes, après une saison brillante mais éreintante avec Manchester United, est en recherche de forme. Sa présence au coup d'envoi, malgré son passage sur le banc mercredi contre la France, est incertaine. La surprise du 'Professeur Santos' pourrait venir du jeune Palhinha, 5 caps. Le champion du Portugal avec le Sporting a été l'auteur d'une entrée remarquée contre la France.

L'axe central portugais est lui aussi un alliage qualitatif entre l'intransigeance et la roublardise de Pepe, couplées à la sureté de Ruben Dias, qui a pris une dimension supplémentaire cette saison à City où il a grandement participé au sacre national des Skyblues. Eden Hazard et Kevin De Bruyne pourraient profiter du duel entre Lukaku et l'axe central lusitanien pour mettre le feu aux flancs, où devraient se trouver Semedo et Raphael Guerreiro. C'est précisément par les côtés que le Portugal a pris l'eau contre l'Allemagne (4-2).

Même si Roberto Martinez a estimé que les deux jours de repos supplémentaires dont a bénéficié la Belgique n'allaient pas influencer le duel dominical dans la chaleur sévillane, le facteur physique sera bel et bien à surveiller. Le Catalan, bénéficiant d'un groupe moins relevé que celui de son adversaire, a eu tout le loisir de passer en revue l'ensemble de ses joueurs de champ. De son côté, Fernando Santos a très peu fait tourner et concentré l'essentiel du temps de jeu sur 13 joueurs seulement. Pepe et Ronaldo, respectivement 38 et 36 ans, ont par exemple disputé l'ensemble des trois rencontres du groupe F.

Véritable poil à gratter dans les matches couperets, le Portugal est capable de faire le gros dos pendant la majeure partie du match avant de porter un coup fatal en contre. "Je pense que nous allons devoir nous montrer patients devant une équipe si bien structurée", a avancé Roberto Martinez en conférence de presse.