Le Portugal joue son avenir ce mercredi sur le coup de 21h00 face à la France déjà qualifiée. L'affiche proposée pour cette troisième et dernière journée du groupe F sera aussi un clin d'?il à la dernière finale de l'Euro, il y a 5 ans, remportée à Paris par le Portugal (1-0). Dans l'autre rencontre, l'Allemagne se qualifiera si elle gagne ou fait match nul face à la Hongrie, mais risque l'élimination en cas de défaite.
Mercredi, les Portugais seront qualifiés à coup sûr en cas de victoire contre les Bleus. Et seules des circonstances défavorables en plus d'une lourde défaite pourraient obliger Ronaldo et ses partenaires à rentrer prématurément au pays.

Il n'empêche, la formation de Fernando Santos doit se rassurer, après la claque reçue samedi face à l'Allemagne (4-2).

"La prochaine mission, qui est très compliquée, est contre la France (...) nous voulons donner une meilleure image par rapport au dernier match", a déclaré Joao Moutinho, le relayeur de Wolverhampton.

Et le Portugal a les armes pour, avec Ruben Dias, Bernardo Silva, Bruno Fernandes, Diego Jota et surtout l'inoxydable Cristiano Ronaldo qui, à 36 ans, chasse le record d'Ali Daei comme meilleur buteur de l'histoire en sélection (107 buts contre 109 à l'Iranien).

Pour la défense française, il s'agit de prolonger une anomalie: le quintuple Ballon d'Or a marqué contre une quarantaine de sélections différentes, mais jamais contre la France en six rencontres.

Le bloquer, ce sera "l'affaire de tous" car l'attaquant de la Juventus Turin "bouge énormément sur la ligne d'attaque", a mis en garde Lucas Digne. "Il faut toujours garder un oeil sur lui, bien communiquer et faire attention à ne pas laisser trop d'espace".

Pour les champions du monde, il s'agira d'assurer la première place du groupe, et une suite de compétition sans doute plus abordable.

Sur les bords du Danube, la vie des Bleus n'a pas été un long fleuve tranquille depuis la déception samedi contre la Hongrie (1-1). Sur la table de Didier Deschamps, les dossiers se sont accumulés entre le forfait définitif d'Ousmane Dembélé, l'inefficacité de Karim Benzema ou la gestion de Benjamin Pavard.

Pourtant, le sélectionneur français s'est couché l'esprit plus léger lundi soir: l'issue des groupes B et C a propulsé son équipe en huitièmes de finale avant même ce dernier match du premier tour.

Dans l'autre rencontre du groupe F, face à la Hongrie pour son troisième match de poule de l'Euro à Munich (21h00), l'Allemagne se qualifiera si elle gagne ou fait match nul, mais risque l'élimination en cas de défaite.

Trois ans après l'humiliation d'une sortie de route au premier tour du Mondial en Russie, revoici donc la Mannschaft dans un scénario quasi-identique: quatre points après deux matches, et une rencontre décisive contre l'équipe présumée la plus faible du groupe.

Différence avec le Mondial-2018: si l'Allemagne est battue mais que le Portugal s'incline contre la France, elle sera troisième du groupe F. Elle aurait alors une chance d'être repêchée parmi les quatre meilleurs troisièmes, selon les résultats dans les autres groupes.

L'élan pris contre le Portugal (4-2) sera précieux contre des Hongrois accrocheurs, surmotivés après leur nul 1-1 contre la France, et qui ont besoin d'une victoire pour se qualifier. D'autant que la sélection allemande risque de jouer sans son animateur d'attaque Thomas Müller, touché à un genou.

"Nous espérons tous, tout le pays, qu'il sera rétabli", a lâché Leon Goretzka, sans langue de bois. Même si le forfait de son coéquipier lui offrirait sans doute la place de titulaire. "J'ai déjà joué à ce poste et j'ai confiance en moi. Mais j'espère évidemment que Thomas pourra jouer", a-t-il ajouté.

Quatre autres cadres ont été ménagés à l'entraînement cette semaine: Toni Kroos, fatigué, Ilkay Gündogan, touché au mollet, Robin Gosens, aux adducteurs, et Mats Hummels, qui souffre du genou. Leur participation mercredi ne semble toutefois pas compromise.

Les Allemands ont, en outre, promis de ne pas se laisser déconcentrer par le "rainbow-gate", qui agite les médias et l'opinion. L'UEFA a interdit mardi à la ville de Munich d'illuminer son stade pour le match aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT, pour protester contre une loi jugée discriminatoire récemment votée en Hongrie.